LES NOUVELLES VÊPRES SICILIENNES
£h bien! iavoîlàdonc cette prudence liumalne!. De tant de politique est-ce là tout le fruit? iDësirs ambitieux y où n^avez-vous conduit I Lebrun ; Mariie Stuari,
Pendant que Joachini i^Iurat occupait le trône de îîaples, le roi Ferdinand, que les Français avaient dépossédé, était réduit à ses états d'audèlà du Phare. Encorda Sicile ne lui appatienait-elle qu'en apparence; 'esÂnglais en était plus maîtres que lui; c'étaient sous son «autorité nominale qu'elle était militairement occupée parleurs troupes et par leurs vaisseaux. Ils lui avaient wit changer le système de son gouvernement, en lui faisant jurer successivement différentes constitutions , niolns appropriées peut-être aux intérêts des Siciliens , ^'aoxr besoins momentanés de leurs alliés. Tous ces <^baîigemens n'avaient pu s'opéreip sans rencontrer une opposition plus ou moins forte, soit dans la famille du foi, 3oit dans le»-personnes attachées à son service, soit dans celles qui, quoique ne vivant pas dans son palais, avaient des intérêts aristocratiques qui étaient comprO- "Qis lorsqu'il se désaisissait d'une partie de son pouvoir
gS DtORAMA
absolu. En outre, le peuple, qui est peuple en Sicile plus que partout ailleurs , tenait peut-^tre à ses anciennes coutumes, et les avait vues abolir avec un certaia regret. Peu dédommagé de cette perte par le bénéfice des nouvelles institutions ,' puisque les oscillations de là politique anglaise avaient pour but d^ asservir le roi , mais non pas d^affranchir le peuple, il dut murmurer et accepter avec empressement les idées qu^on put lui insi-» nuer pour faire cesser cet état de choses. Tout était favorable à Torganisation d^une conspiration générale ^ ayant pour but de forcer les Anglais à abandonner la Sicile. Quels que fassent les moyens par lesquels on parviendrait à ce but, on s^en inquiétait peu : les Siciliens avaient fai autrefois leur preuves contre un ennemi qui occupait nri — Utairement leur île. Les Auglàîs, quoiqu^arrivés d^abonK^ comme amis, ne méritaient pas plus de ménagement qti< les Français, puisqu'ils opprimaient le peuple et humiliaient le roi : ce fut par de nouvelles Vêpres Slctlienn^s qu'on prétendit se débarrasser d'eux.
Mais, cette fois, le secret ne fat pasgardé paries con^ jurés aussi bien qu'il l'avait été plusieurs siècles avant. Soit indiscrétion , sèlt trahison véritable , le VoBiplot fut révélé aul Anj^ais : un Sicilien , qui servak dans leur armée avec le grade de capitaine , avertît leurs généraux du péril auquel ils étaient exposés.
On fit prendre les armes à la troupe; on fit eouper la corde des cloches de toutes les églises; on fit des vilêkçs idoonciliaires 'Cbea les gens qu'on soupçonnait, liki
ti^es'gràh^ nombre d'armes saisies; rarrestation de plu^ rieurs gentils-hommes siciliens; de plusieurs fonction* nâirés publics ; de gens àlt^hës au service du roi^ Furent la conséquence de ces mesures de précaution. Le palais de Ferdinand fut sévèrement surveillé ; ion assure même que la duchesse de Florida fut ai"^ ÉnÊtée pendant quelque jours comme soupçonnée d^a- ^bir été à la tête du complot. Au bout de quelques mois d'instruction d'une procédure extrêmement compliquée, Il arriva ce qu'on voit toujours en pareil <cas; des centaines de conspirateurs obscurs furent pëhdus ; quelques uns d'un rang un peu plus élevé furent fu^Ués ; les au* tires s'en tirèrent avec de fortes amendes; On fit payer an roi lés frais du procès, et on lui renouvellà ensuite les assuranceis de l'aibitié et de la protection de l'Angle-* terre; on protesta qu'on l'avait regardé toujours ^ lui et sa famille ^ cbihme entièrement étrangers au complot.
Tels sont les faits qui furent exposés par lord Jdnh Kussel, comine préliminaires obli^ de la pétition qu'il {Hrésentait à la chambre. On peut pour plus de détaiU (Consulter les journaux anglais , article débats dti parlei&ent, pour lafîn du mois de mars.
Le capitaine Roméo, qui avait découvert la conspiralion, avait donc rendu unirès-grand service à Tarméé ^aise, et , par suite , au gouvernement anglais; C'est ea récompense de ce service qu'il demandait une pen- ÂoQ.M..Hutchinson, qui causaif avec nous dans ce mp^ «ut , s'interrompit au milieu d'une phraseipo^rûpprou'-
ÎOO DtORAMA
ver les conclusions de lord Jonh Russel,en criant 1ieàt\ hear\ hearl
Un ministre, c'e'taît, s'il m'en souvient bien, M. VansUtart, répondit brièvement ^u jeune lord : <( £n quelle qualité le capitaine Romeo vient* il demander une pension? Est-^ce comme militaii^e? lia été trois ans à notre service , et a régulièrement touché s^s cent livrer 3tierlings par an; mais trois ans ûe sont pas suffisant pour faire accorder une pension. Est-ce comme es* pion? Car c'est aussi en cette qualité qu'il a été employé •Q Sicile; mais le ministère serait accusé d^ismioralité s'il accordait des pensions pour espionnage. £st-ce comme indigent qu'il s'adresàe à nous ? Mais avant de secourir des mendians étrangers , nous devons penser à secourir ceux de notre propre pays.
C'est en cette triple qualité/ lui répliqua M. Hume^ que le capitaine Romeo se présente à vous aujourd'hui» Il était militaire, et ce n'est pas de son plein gré qu'il a cessé de l'être. Yg0b l'avez renvoyé de votre armée, quand vous n'aveds'plus eu besoin de lui; mais quelle compensation lui avez vous donné pour la perte d'un grade auquel il ne renonçait pas volontairement ? S'il a.^ consenti à devenir espion, c'a été pour vous rendre service : vous l'avez dégradé, vous lui devez des dédommageniens ! Il en faudrait de bien grands pour lui rendre, ce que vous lui avez fait perdre ! Il est indigent aussi le capitaine Romeo , mais c'est vous qui l'avez réduit i; k misère. La première chose que le gouvernement napo-;
DE LONDRES. lOf
Ijtainfitapi'ès querarméeanglaiseeul évacué la Sicile, fut
«3e condamner à mort, par contarnàce, le capitaine Romeo,
<t de confisquer tous les biens qui lui appartenaient. Yoiis
^regardez comme au-dessous de votre dignité d 'intervenir
^diplomatiquement auprès de son gouvernement pour les
Jui faire rendre ! Que voulez-vous donc qu'il devienne ?
il a une famille nombreuse ; il a sacrifié pour vous sa
patrie , sa fortune , son honneur ; il a sauvé la vie à
plusieurs milliers de vos soldats; et vous demandez en^
corè quels sont ses titres pour que vous lui accoidiei
- une pension!
L'amiral, à la lorgnette, demanda alors la parole pour donner quelques détails sur Iç caractère du capitaine Romeo, qu'i^ avait connu personnellement , ainsi que $Qr la conspiration sicilienne qu'il avait été à portée de voir de près, se trouvant commandant de Tescadre, qui était à cette époque à Palerme. Selon sa louable habitude, il égaya la chambre avec ses quolibets, et fit beau^ coup de plaisanteries sur la moralité des Siciliens..
M. Hutchinson, qui s'apperçut que son tour de parler était arrivé, nous quitta alors brusquement pour aller se placer à côté de lord JonhRussel, et de là, il reproduisit avec une nouvelle force les raisons que M. Hume avait <lounées pour appuyer la pétition. 11 parla long-temps, rt avec une facilité prodigieuse ; son éloquence fut tour^ ^-toup touchante et mêlée de traits vénémens. Comme *l fit quelques digressions siir la Sainte- Alliance, sur le système oppressif suivi par la plupart des cabinets eu^
I02 bioraMa
ropéens, et sur les droits qu'avaient les peuples de coi quërir leur liberté par la révolte, le marquis de Loi donderry jugea à propos de ne p^s confier la défense i son système à des mains étrangère^; il demanda la p l*ole pour répondre en personne à M. Hutchinson.
SE LONDRES^ lol
^fi'*'*'^'*'*'* ^ >vv%h/v»mnMv%%/%iyw^0tnft^niw^fvyt1tAmiv%Miv%Anniv%/%f^'s/%^