E B R E 8 CUITES P E S M Y R IS E ET DE M Y R I N A
Style hellénistique du iii*^ au i*'' siècle.
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(Sallo B) aux terres cuites de Myrina trouvées par l'École française d'Atliones (fouilles de MM. Pottier, S. Reinacli et Veyries), dans la propriété d'Aristide-bey Baltazzi qui abandonna libéralement à la France la part qui lui revenait de ces trouvailles. Myrina, située au fond du tioHc Élaïtique, à une trentaine de kilomètres au nord de Pbocée, la fondatrice de Marseille, n'était pas une ville de remarquable importance et son rôle historique fut modeste. Comme Tanagre, elle a conquis une renommée soudaine, grâce à l'abondance des terres cuites recueillies dans sa nécropole. Les figurines de la période archaïque (masques de Déméter, n"* 440, 447) y sont fort rares ; l'ensemble date du ni" au f siècle avant notre ère. Aucune monnaie romaine n'y a été découverte; toutes les pièces déposées près des morts pour payer « Tobole de Cliaron » appartiennent à la période grecque autonome.
La filiation avec les figures du iv siècle est indiquée par une sérieassez importante de types tanagréens qui, ici encore, atteste la grande célébrité de ces modèles répandus à travers tout le monde ancien (n° 448, pi. XIX, groupe de (juatorze figurines trouvées dans le même tombeau; n"' 449 à 451). Mais, en général, on voit fléchir le goût pour les sujets familiers et croître, au contraire, le nombre des représentations mythologiques. C'est, comme nous l'avons dit, un llux et un reflux. Chaque génération apporte avec elle ses préférences particulières. Regardons triompher une fois de plus Aphrodite et Dionysos. La première se présente sous des formes extraordinairement variées, dont la plupart
rrpèlcnt (les types célrbros de la grande plastiquo : Vc'mis (Icini-nuo dans une allilude analogue à celle de la Vrinis de Milo (n° 452, pi. XX): Vénus nue au bain, imit/'e de la Vénus Cnidiennc de Praxilèle(n°=' 453. 454); Vénus accroupie, d'après le motif créé par Dœdalsès (ii° 455, pi. XXll): Vénus drapée, identique k la statue du Louvre connue sous le nom de Genltrix et dérivée peut-être d'une ciéation de Calamis ou d'Alcamène (n"' 456. pi. XX, et 457): Vé-nus assise sur un bouc, groupe inventé par Scopas (n° 458); Vénus monocnème, debout sur une jambe et retirant sa sandale (n° 459); Vénus Anadyomène arrangeant ses cbeveux et se mirant (n" 4(JUj ou attacbant sa ceinture (n"* 461. ])1. XX, et 462); Vénus Euploia sur une proue de navire (n" 463); Vénus assise sur un daupbin (n" 464) ou sur un roclier au bord de la mer (n" 465): Vénus jouant avec des Éros (n" 466), et bien d'autres encore, toutes compositions tirées de peintures, bas-reliefs et sculptures connues. Dionysos, lui aussi, rappelle les créations classiques de Fart liellénistique par les formes de son corps effémint', par les traits souriants d(> sa télé imberbe et cliargée de pampres, par toutes ses poses (|ui respirent la nonclialance et la mollesse (n° 467. pi. XXII ; n"' 468, 469). Un joli groupe, dont le même tombeau a fourni deux maquettes ditférentes (n°' 470, 471, pi. XX), nous le montre à demi couché, appuyant sa tète alourdie sur l'épaule d'Ariane assise près de lui. Autour de lui s'ébattent les compagnons ordinaires du thiase : Satyre rieur ou Papposilène portant le petit Bacchus enfant (n°' 472,
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pi. XX H, et 47-1), gros Silt'iic veut ru (ii" 474), Ménades aux coilluiTs uièlécs <le lierre el de haies (ii" 47.5), danseuse ag'ilaiil des crotales el se délian(diaiil(n"476j. Herculelui-mème se coillV de pampres et preiid un air de haccliant (n" 477). Mais là où se marcjue le mieux l'union intime du cycle de Bacchus avec celui d'Aphrodite, c'est dans les ligures d'Ei'os qui, petits et grands, s'enrôlent sous la hannière du dieu. Une des plus curieuses statuettes de notre collection est un Éros de taille presque colossale (n° 478), le corps couvert de hijoux, de chaînettes, de colliers, de bracelets, de bagues aux doigts et aux pieds, les cheveux charg^és de fruits et de feuillag'es, véritable idole à la fois orientale et l)achi(|ue. Ailleurs le fils d'Aphrodite joue avec les fauves familiers de Dionysos (n° 479), ou il escorte le dieu lui-même ( n" 4(î8). D'autres, sous la forme de gracieux éphèbes, jouent de la thite et se parent de peaux de panthère (n" 480) ; presque tous se coiffent de la g-rosse couronne en bourrtdet <|ui symbolise les joies du banquet (n"" 481 à 48.j; n" 497. pi. XXI). A leur troupe ailée et pimpante se joignent en foule des nymphes g-racieuses qui, emportées dans le môme élan, imitent les gestes et les danses de leurs partenaires (n"* 480 à 491, pi. XX). Apparentées aux Nikés, qu'on reconnaît k leurs bandelettes et à leurs couronnes, attributs de vicfoii-e (n°' 492 à 494), elles en diffèrent pourtant par l'allure bachique que l'artiste s'est efï'orcé de leur donner, par les accessoires qu'elles tiennent, comme le canthare (n° 49.j). Sœurs et compagnes des Éros, leur vole est de symboliser