TERRES CUITES DE GRÈCE
Stvle mycénien el style géométrique.
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t'ii lir<T iiiiiiK'diatement la conccplion de <Ii\ iiiiU's sii|i(''rieiircs cl maîtresses du monde entier. Sa religion, il l'a Form('e à sa taille, pour sa vie de chasseur et de cultivateur". Plus tard, le petit dieu domestique se haussera aux allures de dieu de la tribu ou de la cité, enfin de dieu national L'évolution sociale réglera l'évolution religieuse.
Combien de temps dura cette période d'élaboration? 11 est difficile (le le dire; elle fut probablement fort longue. C'est dans les Iles méditerranéennes surtout, pendant la brillante lloi'aison de la puissance Cretoise, entre le xx"^ et le xv" siècle, que dut se perfectionner la fabrication des idoles de terre cuite et que se forma une vaste démonologie d'oii sortirent peu à peu des dieux à forme humaine dont nous pénétrons encore mal la nature, puis les divinités de l'hellénisme. Quand nous connaîtrons par des ouvrages d'ensemble les merveilleuses découvertes faites à Cnossos et à Pha'stos par M. Arthur Evans et par M. Halbherr, nous pourrons mieux juger l'importance de la genèse qui relégua dans l'ombre le culte de la pierre, <lu végétal et de l'animal, et qui sanctionna l'avènement de la religion anthroponiorphique.
Si nous revenons à Chypre, nous constatons dans les vitrines du Louvre des nouveautés qui coïncident avec le commencement de la période dorienne, aux environs du IX'' et du viir siècle. Les animaux ont disparu avec les idoles en planches. Les femmes ont changé d'aspect : la forme cylindrique du fût, que surmonte une tête, se rapproche davantage de la structure naturelle du corps (n"* 20 à 23; voy. n" 21. pi. I). Leur rôle de servantes et d'épouses
fécondes subsiste : elles apportent des plats, des mets ou des ofiVandes (n° 24, pi. I; n°' 25, 26), elles vont chercher de l'eau (n° 27), elles allaitent un enfant (n" 28, pi. 1). A côté d'elles prennent place des soldats en armes. C'est le règne de la guerre, et Ion doit se souvenir qu à ce moment se forment un peu partout les récits héroïques d'où sortiront \ Iliade et VOdyssée. C'est aussi le moment des grandes conquèles des Sargonides dont les armées, descendues de l'Assyrie, s'avancent à travers hi Syrie et la Phénicie jusqu'aux frontières de l'Egypte. Alors se lèxc des tombes chypriotes une légion de petits g^uerriers à pied, à ciieval,en char (n"^ 29 à 3(; ; voy. pi. II. n"^ .31, 32, 36), semblables à ces renforts que laslucieux Kinyras, roi de Chypre, avait promis à Agamemnon pour la guerre de Troie et qu'il envoya, d'après la légende, sous forme de bonshommes d'argile. L'influence assyrienne est ici nettement marquée dans la structure des chars, des casques, des armures (n°^ 37 à 40), et nous possédons comme termes d(; comparaison des groupes trouvés en Phénicie, (pii reproduisent avec plus de précision encore les chars solides et les guerriers pesamment armés de l'Assyrie (n°' 41, 42). Un peu plus tard, aux vu* et vr siècles, sous une nouvelle poussée des événements politiques, ce sont les modes venues de l'Egypte qui font invasion à Chypre : femmes coiffées du klapht (n'"43 à 50; voy. n° 46. pi. II), âmes des morts en forme de Sirènes (n"' 51, 52), Patè(|ue accroupi en forme de dieu Bès (n° 53), etc. M. Heuzey. dans son Cata- ItMjiie des terres cuites du Louvre, a fait l'analyse détaillée
(ERRES C U II E S It E B E O T I E
Slvie du vii'^ et du vi* siècle.
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de ces deux catégories pseutlo-assyriennes et pseudoég^yptiennes, dont les exemplaires presque identiques se retrouvent dans les nécropoles de la Phénicie (n"* 54 à 59). C'est ici qu'on peut le mieux e'tudier la période des xoana^ si importante dans l'histoire de la plastique grecque, si mal connue par les fragments trop rares que nous a laissés la statuaire. En parcourant notre Salle A ou en feuilletant les planches du grand Recueil des types de terres cuites de M. Winter, on assiste à la genèse de toutes les altitudes, de tous les gestes. On est parti de la planche ou du poteau surmonté d'une tète; on aboutit par des transitions insensibles à une svelte ligure de femme, encore ai'chaïque et raide, mais animée déjà d'une vie intérieure (n"' 60 à (i3 ; voy. n" (il. pi. II), prête à marcher, comme ces statues du vieux Dédale qu'on devait enchaîner, disait-on, pour les empêcher de courir et de se sauver : put'i'ile et gracieuse légende où se lit la joie naïve du sculpteur qui a enfin réalisé un être d'apparence vivante. Notons aussi dans ces figurines un progrès technique qui consiste à mouler la pièce au moyen de deux matrices, une pour la face, l'autre pour le revers. La fonte en creux des bronzes est certainement liée à ce changement important, qui date du vi*' siècle. L'exécution y gagnait en rapidité et en finesse. D'un creux soigneusement façonné on pouvait tirer des centaines d'épreuves, auxquelles la retouche à l'ébauchoir ajoutait la qualité du travail personnel de l'artiste. Ce procédé restera la règle pour toute la durée ultérieure de la fabrication.
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Si le perfectionnement de la technique est significatif, la progression n'est pas moins instructive dans le développement des sujets. Ici le doute n'est plus permis : les grandes divinités sont nées. A Chypre, la déesse femme emprunte l'aspect d'une statue égyptienne, tenant en main une fleur de lotus (n" 65, pi. II). ou hien d'une grande idole asiatique, chargée de bijoux (n° ()6). En Phénicie, c'est Vénus-Astarté, l'Aphrodite de Tyr, serrant sur son sein une colombe (n"'60, 01, pi. II;. Autour d'elles s'empresse la lioupe des corés, jeunes femmes appoitant leurs offrandes ou prêtresses de la divinité, les unes tenant un tympanon, d'autres un éventail ou une fleur (n°* 67, 68). Comme pouila j)lupart des représentations archaïques, on hésite ici à donner un nom précis aux ligures. L'artiste ne sait pas encore distinguer les mortelles des déesses par la seule puissance de l'expression ou de Taltilude. Les dieux n'ont pas non plus la figure classique et les accessoires qui les caractériseront plus lar<l. On s'en tient à la tâche difficile de faire un homme, de faire une femme. Mais on en voit assez pour comprendre (ju'à travers ces ex-voto circule toujours le double courant qui, depuis les origines, entraîne avec lui la masse de ces petites images : idée de fétiches protecteurs pour le vivant comme pour le mort, idée de serviteurs familiers qui accompagnent le défunt dans son tombeau. Enfin la figure féminine reste invariablement le thème préféré des modeleurs. Nous sommes au seuil de l'âge où va s'épanouii- la plus radieuse création de la plastique grec(jue. la déesse de beauté, Aphrodite.