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Il. — Evolution et pronostic
Nous allons, pour décrire l'évolution de cette double affection, nous baser uniquement sur les neuf observations inédites, exposées en tête de ce travail. Comme nous l’avons dit, deux ont guéri assez rapidement, sans complication. Parmi les sept autres, l’évolution a eu divers degrés de gravité et a abouti deux fois au décès du malade (Observations 1 et V).
Pour la clarté de l’exposition, nous allons passer successivement en revue les complications qu’il nous a été donné d’observer, en commençant par les plus graves.
1. — LES SIGNES D’INSUFFISANCE SURRÉNALE ont été observés deux fois. Ce sont les deux cas de mort rapide que nous venons de signaler et sur lesquels nous allons un peu plus insister.
Dans Observation I, la malade est décédée au 25° jour de l’évolution de la maladie, après avoir présenté, les cinq derniers jours, la symptomatologie bien décrite par Marfan sous le nom de syndrome secondaire de la diphtérie maligne : pâleur persistante et croissante, asthénie profonde, pouls très faible et ralenti (44 à 50 pulsations) ; au cœur, rythme très ralenti avec des extra-systoles; tendance à la syncope; vomissements apparus six jours avant la mort; température normale.
Dans l’Observation V, le jeune malade est mort au 15° jour de l'affection, après avoir présenté un syn-
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drome secondaire, apparu trois jours avant la mort: paralysie précoce du voile du palais, pâleur, pouls petit et accéléré, refroidissement et cyanose des extrémités, vomissement.
Dans ces deux cas, les lésions surrénales ont été diagnostiquées cliniquement, les malades ayant présenté, comme on vient de le voir, les signes classiques du syndrome secondaire de la diphtérie maligne. Mais elles n’ont pas été vérifiées histologiquement sur les pièces anatomiques.
2. — L’ATTEINTE RÉNALE a été observée sept fois. Elle s'est traduite par la présence constante d’albumine. Cette albumine n’a pas été dosée, mais on en à noté la quantité approximative par l’épaisseur du disque apparu sous l’action de l’acide azotique. On à ainsi obtenu les indications quantitatives suivantes
5 fois grosse quantité d’albumine, 2 fois quantité moyenne.
La cylindrurie n’a été recherchée que dans les trois cas, qui nous ont été communiqués par M. le Docteur Chalier. Chez deux de ces malades, il à été trouvé des cylindres épithéliaux granuleuse ; le troisième ne présentait ni albuminurie, ni cylindrurie et a eu d’ailleurs une évolution bénigne.
L’azotémie n’a été également recherchée que chez un des malades du Docteur Chalier (Observation VII) et il à été trouvé jusqu’à 1 gr. 35 d’urée dans le sang. Un dosage d’urée a bien été fait aussi à la malade de l'Observation VI, mais tardivement, pendant la conralescence ; il a donné un résultat normal.
Nous n’avons jamais observé de rétention chlorurée. ù
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Cliniquement, l’atteinte rénale s’est traduite par les symptômes, bien décrits par MM. Chalier et Brochier: atteinte profonde de l’état général, anorexie, quelquefois vomissements, asthénie, torpeur.
Les deux décès, que nous avons eus, présentaient indubitablement des lésions rénales. Comme l’a démontré récemment M. le Docteur Chalier, dans ces deux cas, rein et surrénale ont probablement joué un rôle synergique. C’est la lésion de ces deux organes qui à déterminé la mort par intoxication.
3. — LES PARALYSIES DU VoILE se sont produites six fois, plus ou moins complètes, totales ou unilatérales. Elles sont généralement "apparues dans la première quinzaine suivant la chute des fausses membranes, avec la symptomatologie ordinaire : troubles de la phonation, reflux des liquides par le nez, anesthésie du voile. Leur évolution a été, en moyenne, assez longue et à souvent dépassé la durée d’un mois.
4. — LES PARALYSIES DE L’ACCOMMODATION ont été constatées trois fois. Bilatérales, elles ont amené la perte de l’accommodation principalement à la courte distance, rendant la lecture impossible : il y avait conservation du réflexe à la lumière.
5. — Les PARALYSIES FACIALES sont survenues deux fois, touchant seulement le facial inférieur et respectant le facial supérieur.
6. — LEs PARALYSIES DES MUSCLES de la trachée et des bronches ont également été observées deux fois, occasionnant une toux étouffée, éteinte et de la dyspnée.
7. — On a eu un cas D'HÉMIPLEGIR droite totale (Observation J).
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8. — UNE PARAPLÉGIE non totale, mais consistant en une parésie marquée des deux membres inférieurs avec abolition totale des réflexes tendineux.
Pour nous résumer, nous allons exposer, en un tableau récapitulatif, l’évolution de nos neuf observations :
Observation 1, — Néphrite — paralysie faciale droite — hémiplégie droite — syndrome secondaire — mort.
Observation II. — Néphrite — hémiparésie du voile du palais — paralysie de l’accommodation.
Observation III. — Evolution simple, sans complication.
Observation IV. — Néphrite — paralysie du voile
du palais — paralysie de l’accommodation.
Observation V. — Néphrite, paralysie du voile du palais — syndrome secondaire — mort.
Observation VI. — Néphrite — paralysie du voile du palais.
Observation VII. — Néphrite, troubles cardiaques, paralysie du voile du palais, du pharynx, de la trachée et des bronches — paralysie de l’accommodation — paralysie du facial gauche et de l’hypoglosse droit — paraplégie.
Observation VIII. — Néphrite — paralysie du voile du palais, du pharynx, de la trachée et des bronches.
Observation IX. — Evolution simple, sans complication.
En somme, chez ces malades, les complications apparaissent particulièrement fréquentes. Le pronostic appelle toujours les plus grandes réserves. Il pourra néanmoins s'appuyer sur certains éléments. L’at-
teinte rénale, traduite par l’albuminurie, l’azotémie, la cylindrurie et les signes cliniques déjà signalés, est d’un pronostic spécialement fâcheux ; s’il s’y joint les signes d'insuffisance surrénale, il y aura la mort rapide à redouter. Les signes locaux ne semblent pas avoir grande signification ; l’absence de. fausses membranes même ne permet pas d’escompter une évolution favorable. Enfin, il ne faudra pas oublier que les paralysies diphtériques peuvent survenir tardivement chez un sujet, cliniquement guéri.
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