XXV« JOUR
Détermination entière à être à Dieu.
Seignertir, que voulez-vous que je fasse ?
(AcT. IX, 6.)
I. C'est ce que disait saint Paul, renversé miraculeusement et converti par la grâce du Seigneur qu'il persécutait. Hélas! combien l'avons-nous persécuté par nos infidélités, par nos humeurs , par nos passions qui ont troublé l'ouvrage de sa miséricorde dans notre cœur ! Enfin il nous a renversés par la tribulation ; il a écrasé notre orgueil ; il a confondu notre prudence charnelle; il a consterné notre
amour-propre. Disons-lui donc avec un acquiescement entier : Seigneur, que voulezvous que je fasse? Jusqu'ici je ne m'étais tourné vers vous qu'imparfaitement; j'avais usé de mille remises, et j'avais tâché de sauver et d'emporter du débris de ma conversion tout ce qu'il m'avait été possible ; mais présentement je suis prêt à tout, et vous allez devenir le maître absolu de mon cœur et de ma conduite.
II. Il ne suffit pas cependant que l'offre soit universelle; ce ne serait rien faire, si elle demeurait vague et incertaine , sans descendre au détail et à la pratique. Il y a trop longtemps, dit saint Augustin, que nous traînons une volonté vague et languissante pour le bien. Il ne coûte rien de vouloir être parfait, si l'on ne fait rien pour la perfection. Il faut la vouloir plus que toutes les choses temporelles les plus chères et les plus vive-
ment poursuivies ; il ne faut pas vouloir faire moins pour Dieu que l'on n'a fait pour le monde. Sondons notre cœur. Suis- je déterminé à sacrifier à Dieu mes amitiés les plus fortes, mes habitudes les plus enracinées, mes inclinations dominantes, mes plus agréables amusements ?