‹ Direction chrétienneChapitre 32 sur 36 · XXVI I« JOUR · texte numérisé non relu

XXVI I« JOUR

Bon emploi du temps.

Faisons le bien pendant que nous en avons le temps. — Une nuit viendra, pendant laquelle personne ne peut agir.

(Gal. VI, 10 ; Jean, ix, 4.)

I. Le temps est précieux, mais on n'en connaît pas le prix; on le connaîtra, quand il n'y aura plus lieu d'en profiter. Nos amis nous le demandent comme si ce n'était rien, et nous le donnons de même. Souvent il nous est à charge ; nous ne savons qu'en faire et

nous en sommes embarrassés. Un jour viendra qu'un quart-d'heure nous paraîtra plus estimable et plus désirable que toutes les fortunes de l'univers. Dieu, libéral et magnifique dans tout le reste, nous apprend, par la sage économie de sa Providence, combien nous devrions être circonspects sur le bon usage du temps, puisqu'il ne nous en donne jamais deux instants ensemble, et qu'il ne nous accorde le second qu'en retirant le premier, et qu'en retenant le troisième dans sa main avec une entière incertitude si nous l'aurons. Le temps nous est donné pour ménager l'éternité, et l'éternité ne sera pas trop longue pour regretter la perte du temps, si nous en avons abusé.

II. Toute notre vie est à Dieu, aussi bien que tout notre cœur. L'un et l'autre ne sont pas trop pour lui. Il ne nous les a donnés que pour l'aimer et pour le servir. Ne lui en déro-

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bons rien. Nous ne pouvons pas à tous moments faire de grandes choses ; mais nous en pouvons toujours faire de convenables à notre état. Se taire, souffrir, prier, quand nous ne sommes pas obligés d'agir extérieurement , c'est beaucoup offrir à Dieu. Un contre-temps, une contradiction, un murmure, une importunité, une parole injuste reçue et soufferte dans la vue de Dieu, valent bien une demiheure d'oraison ; et l'on ne perd pas le temps, quand, en le perdant, on pratique la douceur et la patience. Mais pour cela il faut que cette perte soit inévitable et que nous ne nous la procurions pas par notre faute. Ainsi réglez vos jours et rachetez le temps, comme dit saint Paul, en fuyant le monde, et en abandonnant au monde des biens qui ne valent pas le temps qu'ils nous ôtent. Quittez les amusements, les correspondances inutiles, les épanchements de cœur qui flattent l'amour-

propre, les conversations qui dissipent l'esprit et qui ne conduisent à rien, vous trouverez du temps pour Dieu ; et il n'y en a de bien employé que celui qui est employé pour lui.

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XXVIIIe JOUR

Présence de Dieu.

Marchez en ma présence et soyez parfaits.

(GErc. XVII, 1.)

I. Voila, Seigneur, ce que vous disiez au fidèle Abraham; et en effet, qui marche en votre présence est dans la voie de la perfection. On ne s'écarte de cette voie sainte qu'en vous perdant de vue et qu'en cessant de vous voir en tout. Hclas! où vais- je lorsque je ne vous vois plus, vous êtes ma lumière et le terme unique où doivent tendre tous mes pas? Vous regarder dans toutes les démarches

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que l'on fait, c'est le moyen de ne s'égarer jamais. O foi lumineuse au milieu des ténèbres qui nous environnent! O regard plein de confiance et d'amour, qui conduisez l'homme à la perfection I O Dieu ! je ne vois que vous ; c'est vous seul que je cherche et que je considère dans tout ce que mes yeux semblent regarder. L'ordre de votre Providence est ce qui attire mon attention. Mon cœur ne veille que pour vous dans la multitude des affaires, des devoirs et des pensées qui m'occupent, parce qu'elles ne m'occupent que pour obéir à vos ordres; ainsi je tâche de réunir toute mon attention en vous, ô souverain et unique objet de mon cœur! lors même que je suis obligé de partager mes soins selon les lois de votre divine volonté. Hé ! que pourrais- je regarder dans ces viles créatures, si vous cessiez de m'y appliquer et si je cessais de vous y voir?

SUJETS DE MÉDITATION SqI

Je tiendrai mes yeux levés ver»

les montagnes saintes, d où j'attends toutes mes forces et tout mon secours.

(Ps. cxx, 1. )

II. C'est en vain que je m'appliquerais uniquement à regarder à mes pieds pour me délivrer des pièges innombrables qui m'environnent. Le danger vient d'en bas, mais la délivrance ne peut venir que d'en haut ; c'est là que mes yeux s'élèvent pour vous voir. Tout est piège , Seigneur, sans vous. C'est vers vous seul que se portent mes yeux et mon cœur. Je ne veux voir que vous. Je n'espère qu'en vous. Mes ennemis m'assiègent sans cesse. Ma propre faiblesse m'effraie. Mais vous avez vaincu le monde pour vous et pour moi, et votre force toute-puissante soutiendra mon infirmité.

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