CHAPITRE VII
L'acte conscient et la concentration dans la psychothérapie.
Nous avons indiqué, au cours des chapitres précédents, que les points esseaitiels de la syniptomatolo{^e des états neneux étaient le manque de conscience et de conccntr.it ion conditionnajU le défaut do volonté,
1*1 méthode de psychothérapie que nous préconisons leur oppose des actes conscients, des exercices de concentration et ejifin de volonté. Il est temps d'étudier plus 5 fond ces divers termes et de les mettre mieux en relief.
Sens remonter au déluge, qu'il nous soit permis d'énoncer une loi biologique générale dont nous retrouverons l'application en psychologie : il s'agit d»* la réceptiNité cit de l'émissivité. Pour mieux saisir le jeu de cette forution, adressons-nous h l'être vivant type, à la cellule ; que voyons-nous api^iraîtro comme m.iiiifost itioii-; viî.»l«'-N d<* cette cellule? Un
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travail incessant : elle reçoit des matériaux, ondes de force ; elle les élabore de manière à décoairager nos plus savants chimistes par son habileté, I puis elle émet de l'énergie et expulse les déchets | qu'elle ne peut plus utiliser. Doinc, elle reçoit et elle émet, fonctions do réceptivité et d'émissivité,
La fonction de réceptivité est-elle purement passive, tout matériel d'apport entre -t-il librement dans la cellule pour y être travaillé? Point du tout. La cellule, à moins d'être violentée, n 'admet que certaines subsiances et dams un état moléculaire donné ; elle sélectionne, puis, ayant trouvé oe qui lui convient, elle ouvre la porte, en l'espèce des pores de sa membrane limitante, et l'osmose se produit.
Nous avons recontré 15 un facteurde la réceptivité, la loi de raisonnance. On la démontre en physique par exemple en disposant une série de diapasons donnant des noites différentes ; si l'on vient à l'aide d'un violon ou de tout autre instrument de musique à eimeititre une note, le la, je suppoise, le ou les diapasons donnant le la se mettront à vibrer, tandis que les autres resteront muets, car les vibrations du la ne réveillent pas les leurs.
C'est ce qui arrive dans le corps humain, traversé sans cesse d'ondes de toutes sortes, magnétiques, hertziennes, et d'une grande énergie, mais quii ne nous donnent aucune sensation, nos organes sensoriels ne pouvant percevoii* qu'une oertaine gamme de vibrations. Ce qui permet l'amusante expérience suivante : soumettant une série de personnes faisant la chaine à un courant de haute fréquence à voltage énorme, si on leur fait tenir
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)d main des lampes électriques, celles-ci s'allument et cependant aucune sensation n'est perçue. Essayez \i\ mi^me expérience avec un courant électrique ordinaire, l'opérateur recevra peu de compliments...
Ce travail de la cellule élémentaire, nous le retrouvons dans la synthèse que représente notre individu. Tout d'abord, il reçoit et dos vibrations qui gollicitent ses organes des sens, et des matériaux qui servent à sa structure et à la formation de l'énergie vitale, c'est la ré^eptiNÎté, sans laquelle il n'est pas de vie possible. Le psychisme n'échappe pas 5 cette nécessité, il lui faut recevoir, pour entretenir son tonus. îl faut qu'au ceneau arrive un sang riche, chargé do principes nutritifs et il faut à l'esprit des sensations qui sont l'excitant approprié.
Nous ne voulons pas ici nous lancer dans l'étude de la sens-Ttion ; nous rappelerons seulement en gros qu'elle est physiquement un ébranleiment venant frappPT un ré5^>nnateur approprié, — l'organe sensoriel — l'ébranlement transformé arrive au cerveau ; 1^, soyons prudents dans les interprétations, contentons nous de dire qu'il semble que ce soit par son intermédiaire que se fait la soudure avec l'esprit qui perçoit intimement. T^aissant de côté les vaines querelles verbales des idéalistes et des réalistes, nous nous arrêterons aux données du cros bon sens qui admet que l'objet est réellement perçu. Mais, avec Bergson, nous signalerons que l'ébranlement sensoriel eA cérébral ne. serait que quelque chose de bien fruste et inHist-inct sans l'intervention immédiate de la mémoire. A l'appel de la sensation simple, jaillissent des pc^ofondeurs une foule
d^ souvenirs analogues qui viennent s'organiser tour du noyau semsitif pour former en un clin d'œil lo tableau complexe que nous nommons notre sensatioin ; celle-ci n'est vraiment vivante et animée que grâce à cela. Nous retrouverons bientôt l'utilité en psychothérapie de cette remvarque.
Pour le bon fonctionnement du j^sychisme, il faut donc une réceptivité iioi-male, comme à tout l'organisme ; elle est très en déficit chez le névropathe, le plus souvent perdu dans île vague, n'ayant plus que par intermittence la notion du réel et auquel son propre corps devient étranger. Il découle clairement de tout ceci qu'il faut rétablir la réceptivité, et ce sera le rôle de l'exercice mental dénommé (( acte conscient )> dans la méthode du Dr. Vittoz. Il, s'agit simplement pour le malade de se donner des sensations nettes et précises, qu'elles lui arrivent par la vue, l'ouïe le toucher, etc., qui le font sortir du vague et de l'irréel. « Simplement » n'est pas toujours le qualificatif exact, car il est étonnant de \ constater coimbien cette chose si banale ,une sensation, est difficile à avoir correcte. Le terme acte conscient est parfaitement justifié, il s'agit bien d'un acte et non d'une opération pure«ment passive. D'abord, il y faut une certaine tension de l'organe sensoriel qui s'adapte à l'ébranlement, qui le sollicite, puis, comme nous l'avons dit, rintervontion active de la mémoire sans laquelle il n'y aurait pas de vraie sensation.
Si d'autre part nous admettons, toujours avec Bergson, que la perception exprime et nnesure la puissance d'agir de l'être vivant que l'actua-
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lilé dft notre perception consiste donc dans son activité, dans les inouvenients qui la prolongent, et aussi que « percevoir consciemment signifie chodsir (i) », inoais retrouverons dans l'acte conscient un élément actif indiscutable.
(Cependant, il ne faut pas aller jusqu'à confondre celle réceptivité avec l'émissivité, comme le font bien des psychologues qui qualifient de concentration cette adaptation sensorielle dont nous venons d esquissc-r le mécanisme. Veut-on une preuve palpable de leur différenciation, il est facile de Ja donner. Si l'on met la main sur le front d'un névropithe, l'on constate des vibrations irrégulières d'un rythme et d'une amplitude anormales ; que le sujet Houte, i)ar exemple, consciemment, tout de suite ses vibrations se régularisent et se calment ; mais qu'on lui demiandc de concentrer fortement son attention sur une sensation, encore nouveau changement de vibrations qui donnent l'impression de l'effort, de la tension, et se différencient très nettement des précédentes.
Nous venons do toucher du doigt, pour ainsi dire, l'iin des effets les plus nets de l'acte conscient : la ré^ilarisation, et le c^ilme du cerveau, ce que traduisent les vibrations en leur langage musculaire. jAussi comprend-on qu'il soit Jiécessaire de prescrire rett© pratique au névropathe, de façon constante. Il faut 5 chaque instant qu'il obtienne des sensations nettes, reprenant ainsi pied dans le réel et surtout TnHant ce flux incessant de pensées vagiies, de rt^-
Bc»rffs'r>n. — Matière et mémoire, pp. 5. 7. 69 et 39.
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Yosseries et de ruminations qui usent ses forces en pure perte. Le nerveux se ronge, dépense une' incro'yable quantité d'énergie, qui se retourne contie lui, et après il retombe sans vigueur devant raction déterminée qu'il devrait accamplir. C'est un réset- \oir qui fuit de toute part et dont il faut canaliser l'écoulement.
Donc, prescrire l'acte conscicint, c'est la première chose à faire ; l 'exécution de l'ordonnanoe est beaucoup modiis aisée et il faut pouvoir apprendre au malade à aocomplitr correctement ce qu'on lui demande. Quand on a constaté les efforts désordonnés d'un nei'veiux, comment il se tend et se contracte sur les choses les plus simples, on est alors bien convaincu de cette nécessité d'une direction précise au début de sa cure. Aussi devra-t-on faire pratiquer des" actes conscients sous le contrôle de-la main placée sur le front : les vibrations se modifîenl-elles dans le bon sens, l'exercice est exécuté co'rrecte- Tiient ; sinon il y a faute, généralement par tension. Il n'y faut aucune fatigue, la bonne réceptivité est le vrai repos psychique où l'on se délasse de la suractivité bourdonnante de la pensée.
Il est une autre face de l'action thérapeutique de l'acte conscient qu'il est bon de mettre en lumière. Reprenons la fonction réceptive, à sa base ; qu 'estelle pour la cellule, sinon un apport de force, que celle-ci lui soit véhiculée par des ondes d'énergie» dont nous savons que notre univers est sans cesse traversé, ou par des substances nutritives elles-mêmes, chargées d'énergie. Supposez un psychisme privé de toute sensation, c'est l'anéantissement prochain, k
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sensation bonne est en effet sthénique à un haut degré ; elle est un tonique nécessaire et dont nous ne pouvons pas plus nous passer que de nourriture. La vieille ronception indoue du Pranâ, ce courant de force émanant du soleil et entretenant la vie dans lo» êtres, a certainement ujie part de vorit-é, et lefi nuccès de la cure solaire ne sont point pour y contredire, mais il faut que c<ttte force pénètre l'organisme qu'elle soit assimilée, et les résultats do U pratique démontrent que la posture de réceptivité que (•an?ilituo la porcej)tio(ii con.sKMente, est génératriche de force dans lo système nerveux. Tout ceci indique combien il faut manier avec goin un agent de cette importance, qui, à la faible»î*e initiale schématisant l'état névropathique, oppose précisément h calrno et la farce. Cela effraye au premier abord un mnlfide quand on lui demande cent ou cent rinqnanlo acto« conscients par heure ! C'eM cependant très faisable, et mus fatigue. Un boni moyon de se rfll)peler qu'il faut^tre conscient est d'accrocher pour ainsi dire ce w)uvenir aux objets familiers qui nous entourent pouT que lour vuie sn-it un mémento peri">étuH.
Dc^s que l'on s'op(-rrf>it au^si que l'on penl pied, qu€ la 7X)Rsesion de «oi-m^me va échap|>er. si l'on s'wt entraîné h ce iravail ,un acte conscient si court »oit-il. un simple preste, permo^t de se repre^ndre, cela devient in^tin» tif. comme le eeste de la main qui .«*e
ininonne h la ramf»e qu-ind l^an srli^^e dfins un es- «.«lier. ffpste accornpli «-an* réflexion préalable ; r'e^^t i]n r iMt,iini,iii^me salutaire.
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Nous venons d'esquisser le tableau de la réceptivité ; il nous reste à mettre en lumière la seconde fonction biologique primordiale, Vémissivilé ou concentration. Si l'acte conscient n'est qu'une action ébauchée ,en puissance presque, la concentration est de l'action essentielle. Nous avons déjà signalé la différence caractéiristique des vibrations frontales dans les deux cas ; elle est des plus nettes, l'amplitude et le rythme changent, donnant l'impression d'un effort qui s'extériorise. C'est du reste ce que comprend le sens intime qui sait et redoute souvent la tension de force qu'il faut mettre n jeu pour arriver à la réunion des puissances de l'esprit et à leur application sut un point donné. Dans l'acte conscient, l'on reste devant la porte ouverte, tranquilleiment ; dams la conceintration , l'on franchit 1© seuil et l'on se met à gTavir une pente plus ou moins ardue qui demande toutes nos forces. Cette opération de ramassement est souvent tTès difficile
Il^est utile à nous tous d'augmenter notre pouvoir de concentration par des exercices méthodiciues. La pédagogie est en partie basée sur le développement de cette faculté sans laquelle aucune instruction n'est possible, et, pour le nerveux, il s'agit âe récupérer ce qui s'est dilué et effacé dans le vague de l'inconscience et de la rêverie.
La méthode de Vittoz met à notre disposition une série de procédés éminemment pratiques pour y arrivp^r. La rééducation du malade compTend d'abord
des exercices de concentration sur les membres ; cela paraît obscur au premier abord, en réalité, c'est très simple. En prenant fortoment conscience de la main d roi le, je suppose, et en donnant comme un effort nerveux concentré sur cette région, l'on arrive très vite à se rendre compte qu'effectivomcsnt s'établit ime sorte de courant descendant le long du membre, c'est analogue à la sensation d'un léger courant électrique: Ce qui en démontre bien la réalité, c'est l'action très nette sur la circulation ; par l'intermédiaire sans doute du grand sympathique, les vaisseaux se dilatent et il se produit un réchauffement très apréciable de la partie du corps sur laquelle agit la concentration nerveuse. Dans tout notre organisme, sur les viscères eux-mêmes, peuvent venir jouer ces courants d'émissivité ; et leur action se.ra double : d'une part, fixation de l'esprit sorti du vague et du vagabondage; d'autre ixirt, action physiologique locale. Il est bien intéressant de constater comment un courant bien lanc>é arrête souvent net une douleur, un spasme, ou tout autre trouble fonctionnel, comment des piiraJysics disparaissent qui avaient découragé tous les efforts de la thérapeutique Il plus savante. On voit par h\ toute la valeur que présentent ces exercices dans le traitement des névroses.
Mais il faut qu'ils soient bien faits au début ri pour cela le contnMe du médecin est indispensable ; la main placée sur le front [H'ut apprécier parfaitement si le courant est bien lancé, s;ins raideur, sans tension imitiio ou fatigante qui en roinpn^mettraient nettement le résultat.
Puis d'autres conceniratioûs ilrès simples, mécaniques, sont ôiicore enseignées. Il s'agit de dessiner mentalement des séries de figures géoméitriquâs comme à la craie sur un tableau noir, courbei» variées qui sont comme une gymnastique d'assouplissement pom- le cerveau, figuration de l'unité par le tracé du un où s'absorbe notre attentioin, eitc., Là encore, i^ar un phénomène très curieux, la main l^lacée sur le front perçoit la projection de l'exercice exécuté par le patient et l'on peut rectifier ainsi toutes les ei-rem's commises, arriver à un tracé souple et régulier, avertir des distractions, des fuites céi'ébrales.
Quand sont e^Lécutés de façon suffisamment eoi*recte ces exercices, assimilables aux gammes pooir un instrument de musique, l'on peut avancer d'un pas de plus et s'essayer à h\ concentration sur l'idée, sensiblement plus difficile. Au fait, combien de personnes se considérant comme normales et qui ne simt guère capables de ce mode de concentration 1 Dès que l'on veut se fixer &ur une idée précise, il semble que quelque génie malin se plaise à faire naître en foule les imaginations disparates. Des sensations, que nous ne percevions pas un momeait auparavant, nons asJègent, nous attirent à elles, notre estpjrit »e précipite sur toutes sortes de pistes qui le tentent, et l'idée primitivement choisie comme un foyer de concentration est bien vite effacée. Il faut un no4i- \el effort de rassemblement pour la saisir et U mettre en lumière.
Le travail préliiminaire de concentratian mécanique facilite infiniment la tâche, l'esprit sait déjà
se fixer à volonté cL refrénet- bon vagabondage, il peut méditer avec fruit. Cette méditation peut se faire <ie deux .manières : ou par un travail purement mental ; ou en s aidant de récriture comme nioyetn de fixation. iMéditer la plume à la main est un excellent travail, la pensée prend corps dans les signes écrits, s'y mal-ériaiise ; nous reconmiandons, au cours d'une lecture, do s'arrêler de teanps à autre sur une phrase qui frappe davantage et de la développer, soit mentalement, soit par écrit. « Ai)profondir » un sujet est un terme de parfaite juslei^.se, et c'esit im but à proposer constamment aux nerveux ; en effet, s'ils no sont que trop portés à rei>sasser, ruminer sajis cesse une pensée obsédante qui s'impose à eux, par contre, ils sont d'habitude incajxibles de s'appliquer à fond sur un .sujet utile et choisi avcc discernement.
La rumination, le M:ru[)ule, l'obsession font partie du bagage habituel des névroses, comment s'en débarrasser.'* Le raisonnement y est totalement impyui&wnt en règle générale. Tous ceux qui ont affaire à des *K*nipul€UX, à dos phobiques, en ont fait la Iristo exj^érience. Voici la tactique préconisée contre ces troubles si j)éniblcs et angoissi\nts. Nous retrouvons encore là un procédé mécanique, le travail de déconcentration ou éliniinalion. Par exemple, le malade inscrit monlalement sur .<on Uibleau ni>ir une série do chiffres ; il les voit très nettement, puis les effaco : ils doivent successivement disi>araître d;i champ de la cons<Menciv On peut <^galement fixer î*ni) rop"ard sur une série d'objets, puis en les retirant un à un, no plus voir que ceux qui roslonl : c'est ]>his
djj'iicile qu'on ne le croirait au premier abord, ( suffît que l'on ne veuilfe plus penser à un objet pour qu'il s'impose à la sensation. Puis on essaye par mi travail analog'ue l'élimination d'une idée peu tenace, augmentant insensibleiment la difficulté. Il semble que l'on use instinctivement d'u:i procédé analogue lorsqu'on se passe la. main sur le front comme pour en chasser d'importune pensées.
L'autre tactique, la plus efficace peut être, pour échapper à l'emprise de la phobie, est la concentration volontaire sur une autre pensée librement choisie ; que l'on arrive à s'y fixer et la griffe qui élreint le cerveau se desseiTe un instant. Renouvelez cet effort avec patience, avec entêtement, le plus souvent possible, et peu à peu la griffe se desseiTe, Ton échappe avec bonheur à la géhenne qu'est l'obsession ou le scrupule. L'acte conscient produit les mêmes effets de détente henreuse. Toujours la u distraction )) a été cotée comme uiïi agent de premier ordre dans la cure de l'esprit, mais il faut pouvoir et savoir la prendre, il n'est point toujours facile de se distraire, que ce soit par suite de l'obstacle apporté par les circonstances extérieures ou par 1;». disposition d'esprit.
C'est également à ces procédés qu'il faudra se raccrocher pour trouver le remède psychique de ranxiété et de l'angoisse, ces troubles si terribles qui ébranlent jusqu'au tréfonds de notre être. Le vague, l'inconscience, la baisse progressive du niveau physiologique nous y précipitent d'une course toujours plus accélérée, l'abîme nous attire et le
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'erti^e enlève toute force de résistance, si l'on ne ait so reprendre à temps. Dès que l'on se sent glis- &r sur la pente, il faut que, grâce à la prau(iue asidue de l'acte conscient et de la concentration, l'on oit à même de créer uji cran d'arrêt, qu'instincivomejit l'on se retienne à un ferme appui, sans a-tendre d'avoir roulé trop bas, car alors, il est trop ard.
Dans ces quelques pages, nous nous sommes eforcé de mettre en lumière les bases premières d'un raileancnt psychothérapique vraiment rationnel et omplet. Une fois ces fondations bien établies, l'édiice peut s'élever, mais, sans elles, on ne bâtit que sur '- -ible. La suggestion peut pour un lomps galva- 1 le patient et donner l'illusion de la guérison nais c'est bien fragile : livré à lui-même, le malade «tombera vite. A. moins qu'il ne doive vivre touous sous la direction d'un médecin, il faut absolut qu'il possède les procédés de cure, sache se »^ ap[)lifjucr ;\ lui-même, que du }>assif, il passe à 'actif, il faut qu'il arrive ,et par lui -môme, i 'unité, c'est-à-dire à la vie normale. Au lieu de s'eniser dans le dédoublement, que l'acte conscient lui ionrie l'unité, que la concentration lui donne l'unité, H alors s'établit le contrôle du conscient sur lin- 'onscient, la vraie guérison.
\.\m objectera probablement : mais que faitos- 'ous contre cette faiblesse qui apparaît dominante ians W états nerveux? .\ l 'encontre de l'idée reçue, nous la considérons avec le Dr. Vittoz, comme fort
'épup'
rai^ en réalité, à part les cas très simples d'épul sèment moiiieiitané par axcès de dépense nerveuse, pouiT lesquels uni temps de repos suffit. Au lomd, chez le néATopathe, la t'orce surabonde, mais est &i mal dirigée, contrôlée, a de itelles fuites en des agitations désordonnées, que l'on a l'illusioii de la déficience alors qu'il n'y a que défaut d'utilisation. Rassemblons, redonnonis 1 "unité, et la force dûment canalisée jouera dans la direction voulue. C'est là Krésultat clinique. De plus, l'examen des vibrations cérébirales donne presque toujours l'impressiion de tension, de dépense de foTce inutile, mais bien rarement celle d'afi'aissement ou de mollesse. Ce dont il faut en conséquence se préoccuper, avant tout, df*^ que le cas présente quelque difficulté et ne cède i> aux moyens ordinaires, c'est de refaire le faisceau des forces éparses, c'est en un mot de tendre à l'unité : Pour cela, actes conscients et concentration entrent en jeu et assurent la réussite. Peu à peu, le malade reprciiid pour aimsi dire possession de son corps, — et l'on sait combiein est fréquente cette impresison extrême de dédoublement qui fait dire au névropathe qu'il n'a plus de moi, que ses membres lui apparaissent comme distants, séparés. Des courants nerveux bien envoyés aident beaucoup à rétablir la communication. Il en est de même pour le développemenit et la reprise de la mémoire, sans cesse sollicitée par l'acte conscient et qui a besoin d'impressions précises pour fixer les empreintes.
Une fois le premier résultat acquis, il est indiqué d'aborder la formation de la volonté, couronnemeinl . nécessaire de l'édifice.