acte conBcient et la concentration dans la direclioD de conscience
i. -tude di^t> symptômes conirmins aux i>sychoné- 06es et aux maladies de l'àme nous a montré, avec neuves à l'appui, un élément pertulxileur de nodro e religieuse dajis le défaut de contrôle du consent sur llnconscient. Si saint François de Siile^, incent de Paul ou Bossuet combattent chez leurs ■ Vs l'inquiétude ou l'angoisse, c'est jKirce qu'ils .....l là lindioe d'une âme qui n'est plus tout \ ii conj>ciente et maitiesse d elle-même comme elle jvrait rêliv. L'Iiicoiiscient, sans doute, est utlliblo daais l'ordre de la grâce tout autant que dans .>rdre de la nature, mais à condition d'être conôlo par la conscience. Sans ce contrôle, il nous èn**rait certainement, un jour ou l'auitre, \k où >lre vertu ne voudivnt aller.
Le Do<Ueuf d'K.splney vient d'expliquer la prclière partie du Imitement des psychonévroses i»ar
la rééducation du comlrôle cérébral. Cette march' à suivre pour travaililer et'Iicaceineiiiit à la guérisoi des troubles norveux présent€-t-elle avec la directioi spirituelle des analogies frappantes? Si oui, j est intéressant de les exaiminer. Ce rappro chement d'une des parties les plus importante de la psychothérapie et de la direotiom des âmes n peut qu'aider à l'initelligence de cette dernière. Con parer, c'est mieux connaître puisque notre savoi est relatif.
Suivons pas à pas le traitement indiqué plus hai et nous observerons un certain parallélisme entre 1< procédés du médecin et du directeur spirituel. Toi d'abord le praiticien fait faire au malade des acte conscients, c'est-à-dire des actes durant 'lesquels ; sujet doit être tooiit entier au mouvement qu'il ex< cute, à l'observation de l'objet qu'il regarde ou l'audition du bruit qu'il écoute. C'est l'applicatic médicale du proverbe, âge quod agis, sois à ce qi tu fais présentement. Cette maxime de sagesse a] tique, la direction de conscience la faite siéra puisque, écho des paroles du Christ à ses apôtre elle recommande de vivre am jour le joair, sans s'il quièter du lendeimain. Allant plus loin, elle consei le d'agir comme si l'acte à poser devait être le de nier de la vie. Voilà bien une pensée propre à fai sortir de rinconscient eit à rendre attentif à c«^ l'on fait au moment même. |pi
La confiance en Dieu, sur laquelle insistent ta les directeurs, qu'ils déclarent nécessaire et qu'i veulent entière, n'a-t-elle pas, elle aussi, un résuit identique? Du moment qu'elle m'ôte toute angois
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i ET PSYCHOTHEHAPIE DES TROUBLES NERVEUX 241
u sujet de^ mon passé coupable et de mon avenir jcertain, plus rien ne me distrait du présent.
En prêchant la prudence du serpent et la contiuelle vigilance sur soi-même, les maitres de la spitualité n'ordonnent-ils pas d'être consolent de tous is actes sans exrej>tion et de l'être le plus pleinelent possible. Quant k la charité qu'ils exigent, >in d'être un ainour de Dieu inquiet, rêveur ou mélancolique, c'est un sumour paisible et actif, c 'estdire maître de lui et conscient. Comuiewt agir lilemcnt sans attention à ce que l'on fait et à la lanière dont on le fait?
Remarquons-le : cet ensemble de recommand ions ne s'adresse pas aux Chrétiens avancés dans i voie de la perfection, mais à ceux qui, suivant Dcore le sentier de l'erreur, veulent en sortir. Méorins des j)sychonévix)ses et des maladies de l'âme 'appliquent donc les uns les aulres, au début de 'ur t m i rement, à rendre leurs malades conscients D leurs actes et par. suite d'eux-mêmes, autant qu'ils Jt possible à l'homme de l'être ici-bas.
Une nouvelle question se pose : y arrivent-ils par es procédés analogues ou différents.'* Avant d'y réûndre, il importe de savoir avec quelle mentalité irliculière, thérajx^utes et dii-ectours entreprennent ur cure. Ce qui les frnp|>e, chez leurs malades ou ^urs dirigés, c'est leur état de dissii^vation ou de isporsion d'esprit. Isidore de Séville en est vivc- >eiH fnii)pé, si l'on vu juge par ces lignes qu'il iresse au religieux Marc : « L'Ecriture compare *ux qui n'ont nulle solidité d'esprit, et qui en cela JUi^ ressemblent, ;\ la poussière que le vent rniporto.
2li2 DIRECTION DE CONSCIENCE
Qui peut vou» plaindre autant que vous mérii qu'on vous plaigne, puisque non seulement you» vous i>€irdcz vous-même, mais que vous perdez encor© avec vous b&aueoup de jeunes gens qui se flattent de suivre votre exemple. »
Sainte Thérèse gémit de son côté sur cette dissi tioai si commune même che^ les personnes con crées à Dieu. Saint Augustin et s«aiint Bernard, saint François de Sales et saint Vânoent de Paul, Bossuet oL Fénelon en fotnt, eux aussi, le thème ordinaire de leurs lamentaftioGis. Que le lecteur veuille bien se reporter pour cela au chapitre sur les symptômes dcb moladies de l'âme. A titre de nouvel exemple, ce mol de Bo»s<suet au maréchal de Bellefonds se recommande à notre attention, tant il exprime bien le seii timenit du médecin et du prêtre en face des malades, dont tous deux souhaitent si ardemment la guérison (i) : (( Heureux celui qui trouve son cœur, qui retire de ça et de là les petites parcelles de ses désir-^ épars de tous côtéç. »
La première choS-é que font les ^atids directeurs de conscience, tout comme leë médecins, e^t d'interdire toute lutte directe et violente contre l'envahissement de rinconscient. Albert Le Grand veut qu'on tienne pour rieîl ses suggestions et qu'on les méprise comme des mouchés qui viennent, mal^p nous, Voler devant nos yèux. Saint Pierre d'Aîc^ti-
(1) Lettre au maréchal de Bellefonds, VertalllèB, 29 sept. Hf/T
ira accepte bien une certaine lutte, inai^ doiicc cl ins grande fatigue (a). Fénelo(n, lui, n'en accepte licmie (3) ^=- Laissez-les bruire dans votr^ imog^ina' on coTTime des mouches dans une niclip. Si vous js excitez, elles s'irriteront et vous feront beaucoup 0 mai ; si vous les laissez, sans mettre la majn, vous *en ai^rcz que le bourdonnement et la peur. Arcouiniez-vous 5 demeurer en paix dans votre fond, malré votre Imagination agitée. » Un disciple du proiîsseur Vittoz, ot Vittoz lui-mf^me, ne parlerait pas ifféremment.
Naturellement François de Sales observe cx'tte sage ttitude, dont il comprend, mieux que nul autre, la écessité, comme lo prouvent les lignes suivanîs (A) : « Ne permettez pas à vos désirs, pour petits u*ils soient et de peitite im portai nce, qu'ils vous inuit^tent ; c<ir, apràs les petits, les grands et plus mportnnts trouveraient votre cœur plus disposé au rouble et d(?r^glement. Quand vous w>ntirez arriver 'inquiétude, recommandez-vous ;\ Dieu et résolvezous do ne» rien faire du tout de ce que votre désir equiert de vous, que l'inquiétude ne soit totalement ►a^sée. ... T,es mouches ne vous inquiMent pas par nur effoH, mais pir la multitude : ainsi le« grandes ffnires ne vous troublent pas tant que Des menues |unnd elles sont en grand nombre. Recevez donc les fTnîres qui vous arriveront, en paix, et tâchez de es faire par ordre, Vun apr^s Vaiitrf, car si vous
(9) Dr f'tvUme union nvrc Pini. Ç» p.irtlo. r TV. î* .nvfs fl) Traité de lofaient}, li. c. tV, 5* hvis (S^ r.rttrr à ^fmr i\p Mnntberon. n.Tron^7P. 91 mnl ITO.i (4) mtro'iurtion à In vir dàvotr. IV. c It
2l\U DIRECTION DE CONSCIENCE
voulez jaire tout-à-coup et en désordre, vous fei des efforts qui vous fouleront et languiront Tespj et pour d'ordinaire vous demeurez accablée sous la presse et sans effet (5) . » jffil
Avec cette prescription de sérier ses occupatioais de manière à ce qu'elles n'empiètent pas les unes sur les autres, et que toutes soient faites en leur temps avec maîtrise de soi, nous sommes en plein dans le traitement des psychoiiévroses par la rééducation du contrôle cérébral. Comone les partisa'Us de la méthode Vittoz, François de Sales ordonne à son malade de faire des actes distincts, précis et dont il ait parfaitement concience. Ces actes ne doivent pas être accomplis tout-à-coup parce que, impulsifs, ils seraient plus ou moins inconscients, mais le Saint les veut mûrement réfléchis et les plus volontaires possible. Tout ceci sous peine d'accablement pour l'es- | prit, si la prescription n'est pas suivie à la lettre.
Un autre point de contact entre la méthode salé- , siemne et toutes celles employées dans la cure des troubles nerveux est l'importance qu'il y a, pour le succès du traitement, à obtenir du malade l'exposé sincère de ses divers états psychologiques. Le docteur Vittoz et ses disciples ont, à ce point de vue, l'immense avantage de pouvoir contrôler expérimentalement les dires du sujet gi'âce à ses projections frontales. En toute hypothèse, la sincérité du malade est toujours désirable et lui esit personnellement utile. C'est ce que pense saintt François de ' Sales : « Si vous pouvez découvrir — conseille-
(5) ih.. m, c. 10.
l-il (G) — votre inquiétude à celui qui conduit votre Ime, ou au moins à quelque conlident et dévot ami, Qt doutez point que tout aussitôt vous ne soyez ac- X)isée (apaisée). »
Une question importante, au sujci uc iaqucue lus .]ns; rrpands directeurs semblent, à première vue, en
(xord avec le professeur \ ittoz, est celle de l'exauen de conscience, et personne n'ijjnore le rùle joué 3ar cette pratique dans la \ie chrétienne. Quel but X)ursuit le médecin en faisant faire des actes oonslitnts. Ce n'est point du tout, comme on pourrait © sup|x>ser, pour amener insensiblement le malade i contracter l'habitude du replimcnt sur lui-même m du recueillement intérieur. C'est, au contraire, H)ur détourner l'attention du dedans et la porter lU-tiehors, afin de redonner au sujet lu conscience •elle du monde extérieur et le remettre ahisi en comnunication avec son ambiance.
L'exairnen de conscience n'a-l-il pas dans l'oeimi
le ceux qui le prescTivent, une fin en contradiction
lagrante avec le but assigné par les médecins à la
jratique des actes conscients? Au lieu de nous in-
à regarder autour de nous et à nous intéres-
: ! aux choses de ce înonde, les grands dircni^teurs
nous ré^>éter, sous des formes différentes, la ma-
chbve à sainte Cathirine de Sienne : Entrianù
i del cogtioscimertto di nm, entrons dans la celile (le la connaissance de no^s-m^es.
int Bernard nous assure qu'il n'est savoir plus M» de nous que la scic;ice par laquelle l'homme