CHAPITRE IX
Développement et rééducation de la volonté dans la psychothérapie.
1^ question de la volonté est bien l'une de celles qui ont le plus fait couler d'encre. Que de joutes entre psychologues et philosophes pour arriver à la définir, à la délimiter. A force de ratiocinations, le résultat le plus clair a été, dans les temps modernes, d^ la nier complètement comme entité précise, et nous la voyons disparaître du vocabulaire de certains auteurs en renom. Dès que l'on touche à la volonté, apparaissent tout de suite, en effet, les grandes et passionnantes questions de la liberté, du libre-arbitre, ces pierres angulaires de la philosophie, contre lesquelles viennent battre sans cesse les lames puissantes du déterminisme et du matérialisme. Par une étrange confusion de termes, l'on en est arrivé à parler de la volonté de la matière brute, sollicitée par les influx de force et y répondant par ses propres vibrations. Les psychothérapeutes inféodés aux théories du
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U^torniinisme, se trouvent pris dans une étrange conradiction : d'une part, ils effacent théoriquejucnt les Kïses de la volonté ; d'autre part, ils sont pratiquenent obligés d'en rechercher le dévelopi>ement )our arriver à la guérison de leurs malades. Aussi, no >o font-ils point faute d'oniployer de subtils disirKjiio i>our airiver à justifier leur pratique.
Pour l'école de la psychologie dite objective, qui l'admet aucun fait d'introspection, qui borne tout e psychisme à de rigoureux réflexes, purement maériels, ayant comme siège unique les cellules du
■me nerveux, comment accepter l'ensemble i < xjiériences intimes que Jious nommons la voi»ni('? L'action, que nous considérons comme l'abou-
iit de la volonté, est pour eux, en tooit et partout, x conséquence nécess-airc et déterminée d'avance l'une impression ayant ébranlé les centres nerveux t déclanché une série de réflexes et d'associations l'idées consécutives^ le tout enchaîné néc-essalrement, t finalement, la seconde branche, la branche malice de l'arc réflexe qui entre en jeu, c'est l'action. L'tV:ole spiritualisto accepte, comme de juste, tous 3S faits f)hysiologique.s nettement prouvés, et les hénomènes réflexes rentrent dans cette catégorie, jmt que l'on no veut pas leur donner une extension liéUiphvsique qu'ils no comportent jkis en bonne lolique ; mais elle sait aussi, qu'à un moment donné, ir le trajet do l'arc n^flexe physique, vient comme insérer l'action de l'cspiil. Comment sait-elle cela? tout simplement parce que tous les hommes en
I» conscience profonde, |Xirce que le bon vieux ,115 con.inun, (pii maïKjue i\ tant de j>hilnsophos,
le dit carrément en outre de tant d'autres preuves puissantes.
Nous ne devons pas nous laisser entraîner ici à des discussions théoriques, quelque pasionnantes qu'elles puissent être. Ce qu'il faut avant tout pour guérir, ce sont des données pratiques, et c'est d'elles que le médecin doit se préoccuper avant tout. Nous retiendrons donc le fait volonté, et verrons quel parti en tireir dans la cure des états. nerveux.
Sans se perdre dans la théorie, il est cependant utile, comme pour l'acte conscient et la concentration, d'analyser les faits et d'en tirer des conclusions, c'est ce que nous allons essayer, malgré h complexité du sujet.
Que remarquons-nous à ce propos dans notre wio de tous les jours? A chaque instant, nous avons un choix à faire entre diverses situations, idées eïtc. Le plus souvent, l'on ne peut pas dire qu'une vraie vo lonté entre en jeu, ne nous laissons nous pas gui der le plus souvent dans cette multiplicité de petites circonstances soit par une impression qui nous en; traîne, soit par l'impulsion d'une autre peirsorme i Cela est vrai surtout si l'on attend le tout demies moment pour se déterminer, il semble bien alorj qu'une attraction quelconque prenne le dessus e( mette en branle notre action. Comme s'exprime u| dicton populaire : « L'enfer est pavé de bonnes ir tentions ». Ce qui veut dire que la vue d'un bien accotmplir excite d'abord en nous le désir d'y arr ver, puis d'autres entraînements surprissent sur noti route et finalement l'emportent, nous détournent (i ce que nous sentons fort bien n'avoir pas la volon!
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\iaie de réaliser. Cependant, le terme même, si courant dans le langage, se « laisser aller n guider, tel que nous l'avons employé plus liaul, n'irnplique-t-il pas que l'on [X>urrait résister, que l'on pourrait se di'ldniinc'r autrement, mais on choisit de s'alxindonn -.' au rouF-ant?
t'^ i indique que l'action de la \olonto réfléchie (in réalité assez rare. Du reste, sans aucune subtilité nous faisons fort bien la différence entre les
' -onn<îs ayant ou non de la volonté ; cela se marijiic même sur tout l'extérieur : la physionomie, l'attitude on sont tout imprégnées, el il s'en dégage une impression très spéciale. Lais.sant de côté l'entité psychique plus ou moins vague, volonté^ analysons plutôt les conditions i)ratiqucs (jui lui permet Ipiil d'entrer en jeu.
' i nous proposions, aprrs tant d'autres, une défini- • . 1 de la volonté, nous dirions simplement que c'est une force libre tpii peut se déclancher lorsque certaines conditiom.'^ sont réunies. Nous nous efforcerons de prouver tout cela.
' 'est une force, disions-nous, il semble bien que tout le monde soit d'accord à ce sujet, le langage populaire a consacré la force de volonté. Mais de plus, nous pouvons, iomme pour l'acte consciejLt et la concentration, nous apj>ijyer sur une donnée obje<'livo (pii nous est oncoiv fournir jwir l'examen de6 vibrations frontales, vraies vibrations psychiques, conmio nous l'avons précéde.mnuiil exposé. Demandons A qurhpi'un de j>re.n(Iro une résolution pré>cise et nette, et étudions, la main plac/e sur le front, CG qui va se yxisseiv Au iniliou d«' la séri»^ d'muhs
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plus O'U moins régiulières et accentuées que nous percevons, si le sujet en expérience prend vraiment sa décision, surgiront quelques ondes beaucoup plus fortes, amples, vigoureuses, on dirait une puissante lame de fond venant enfler tomt d'un coup la petite houle que nous constations auparavant. C'est un phénomène des plus caractéristiques, et l'expériemce miil^ fois répétée permet d'affirmer que tant que cette sensation n'est pas perçue, le sujet n'a pas pris une vraie décision. Donc l'acte de décision, de volonté, s'accompagne d'une émission de force, si elle ne se produit pas l'on en reste au stade de l'intention, du désir, et de l'inquiétude qui bien souvent les accompagne. En dehors du consensus universel, il est donc permis de saisir sur le vif le phénomène volontaire, C'est un test des plus précieux, et qui éclaire toute cette étude très ardue.
En effet, sûrs du moment où s'établit l'onde d»' volonté, nous pouvons arriver à déceler ce qui lui est nécessaire pour se produire. C'est ce qu'a fait le docteur Yittoz, et il l'a exposé dans son livre Traitement des psychonév7'oses par la rééducation du contrôle cérébral. Que l'on s'exerce soi-même à l'acte de volonté, et l'on aura tôt fait de vérifier et accepter la justesse des remarques suivantes.
Tout d'abord, il faut très nettement préciser l'objet sur lequel doit porter l'effort volontaire, et, dès le seuil de cette étude, nous retrouvons donc la nécessité de sortir du vague, de ne pas laisser flotter l'esprit au hasard, mais de lui faire prendre pied dans le réel et le concret, donc d'être suffisamment conscient et concentré. Nous avons déjà dit qu'acte
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conscient et concentration étaient les deux piliers de la volonté, sans lesquels elle ne pouvait être que bien branlante. L'objet de la solution doit être précis, donc un, l'on ne peut prendre deux décisions à la fois, il y aurait dédoul>lenient, l'on n'obtiendrait rien de bon. Il faut éviter les résolutions vagues, obscures, d'ordre troj) général, pour s'attacher à ce qui est bien concret, précis, où l'esprit puisse s'appuyer fernieiment et reprendre la sensation d'équilibre.
Ayant obtenu une claire vision du but à atteindre, il faut que l'esprit se satisfasse par la constation qu'il est possible de parvenir à ce but. Ceci est de la plus haute inifKjrtance ; l'on voit l'obstacle, mais l'on voit aussi la jx)ssibililé indéniable de le surmonter. Tant que l'on n'a pas la sécurité de ce c6té, l'arrière pensée () impossibilité, même très obscure dans l'inconscient, même non définie, suffira à faire fxein sur la volonté et à la maintenir à l'état d'intention. Il vaut mieux prendre un peu plus de temps ,mais bien examiner la valeur des obstacle*» i\ vaincre et ce dont on est cajxible, car une fois la possibilité de Irioiuplier bien établie, c'est déjà un gros travail d»î Uni, la carrière s'ouvre devant nous, il ne nous reste plus qu'A nous y élaruTT avec confiance.
Le bul apj)araît [)réris, unique, possible ; il va falloir encore un lia\.iil dv. concentration rapide analogue à c<'lui que nous avons appris i\ exécuter avec les oxrrcices de courent rat ion mécanique ou mentale. Il faut, de m(^me que le lutteur bande tous stx'^ muscles po«ir l'effort vairupieur, rasstMiibler toute sa force mentale, (jui va jaillir (t sti manifester par l'onde
frontale que nous avons décrite au début de ce chapitre. D'autres extériorisations musculiiires peuvent encore se produire : les traits se contractent, le regard devient fixe, les poings se i'eirnient. On a du reste souvent conseillé de se doimier cette attitude qui est connue pour faciliter l'acte ; il an est de môme pour une inspiration profonde. Bergson a pu dire que la concentration était autant la conscience d'une attitude que l'attitude d'une conscience. L'Esprit semble prendre point d'appui sur cette fonme extérieure et matérielle qui le leste et le stabilise, l'aide à se hausser au degré de tension psychologique nécessaire.
Tout y est cette fois, dira-t-on, il ne reste plus qu'à prononcer le : je veux. Pas encore, la victoir© n'est complète que si nous arrivons à terrasser uû ennemi sournois et bien redoutable, je veux parler de lu l'éticence mentale. Ah !, celui-ci n'est pas commode. Il est tapi dans quelque coin seioret, on ne se douterait même pas de sa présence, et cependant il suffit à tout paralyser, c'est grâce à lui qu'il est souvent si difficile de vouloir vouloir. C'est le petit doute mal effacé sur la possibilité de l'action, c'est la paresse de l'effort, c'est le désir informulé que quelque empêcliement survienne qui nous dispensera heureusement d'aocomplir la décision, que sais-je encore, tout cela est crépusculaire, dissimulé, et d'autant plus difficile à vaincre. Le reonède à ces obscurités sera d'abord k lumière, donc un état de conscience bien établi qui nous permettra de ne pas nous illusionner sur nos réelles dispositions, cl sachant bien que l'ennemi est là, nous pourrons le chasser. L'ayant bien reconnu, un effort gêné-
reux, et alors nous pourrons vouloir. Il faut apprendre à projeter la lumière dans notre inconsci'3nt ; qu€ de bonnes intentions superficielles ne nous aveuglent pas sur la résistance tenace qui vi surgir des profondeuT*s de notre être, do toutes nos vieilles tendances accumulées qui font bloc contre la voliition raisonnable. Si nous arrivons à bien nous rendre compte de la (( pensée de derrière la tête » qui nous arrête, la lutte contre elle sera bien plus facile. Les fantômes n'ont de puissance que dans l'obscurité et le grand jour les fait évanouir ; c'est souvent si peu de chose en soi, l'effort qui devra nous en débarrasser peut n'être pas excessif, mais il faut la saine lumière.
Si la voie arrive ainsi à être définit ivement débloquée, la force psychique est libérée, elle se détend et doîine son plein effet. C'est la volonté vraie, c'est la qualité dominante dont toute la psychothérapie doit affirmer le développement.
Quelles seront les pratiques nécessaires et suffisantes pour y arriver? Tout d'abord, il faut assurer la conscience et la concentration, ce sera le rôle des exercic<^s précédemment indiqués. On aborde alors les actes de la volonté à propix^ment parler. Ayant exposé au sujet les notions (jui viennent d'être développées sur la volonté et ses conditions, on lui demande d'essayer de prendre une résolution très simple, très facile d'exé^Mition, demandant le minimum d'effort, et l'on vérifie avec la main placée sur le front si l'onde de foret* est dér lanchée, et à quel degré. Cela permet bien souvent de démontrer à 1 1 p<M*sonne qui se figure avoir pris une volonté, qu'elle
en est restée à la phase d'intention plus ou moins a centuée, el il s'agit de rechercher avec elle sur quel obstacle elle a buté ; on recommence le travail do volition jusqu'à ce que il 'on arrive au résultat.
Il y faut patience et longueur de temps.
Comme exercice, l'on devra prendre au cours de la journée toute utne série de décisions très aisées à mettre à exécutioai, coûtant néanmoins un peliit effort. Au début, leim- échéance devra être très peu éloignée, une à deux heures au plus, et autant que possible, leur moment sera précisé : je ferai telle lecture eu écrirai telle lettre à telle heure etc.
Il est d'une bonne pratique d'écrire les dites précisions, et de les marquer d'un signe convenu quand elles ont été exécutées ; c'est le moyen d'avoir comime une feuille de tenipérature de la volonté, et le médecin peut ainsi suivre plus aisément les progrès.
Du reste, la manièrei dont une décision est exécutée peut-être un sûr garant que la volition a été prise plus ou moins correcteiment ; quand elle est parfaite, une fois qu'elle a été déterminée à fond, elle disparaît de l'esprit qui ne s'en occupe plus. C'est une chose établie, conclue, plus n'est besoin de discussion, le cerveau est au repos en ce qui le concerne. C'est déjà un résultat de premier ordre, rien n'est plus calmant, détendant : c'est la paix qu'une décision précise qui ne laisse plus de place à l'hésitation ! Puis arrive l'heure d'accoimplir la volition prise ; là encore tout se passe différemment suivant que l'on est resté à une intention ayant pu illusionner le sujet et lui faire croire à une volonté, ou bien,
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au contraire, que l'on s'est décidé réellement. Dans le premier cas, jusqu'à ce que l'acte soit accompli surtout s'il coûte un peu, il y a lutte, l'on balance jusqu'à la dernière minute, toujours tiraillé, rena- :laiit devant l'obstacle, d'où une dépense de force mutile et épuisante.
Dans le second cas, au contraire, au moment :hoisi, il semble que l'on n'ait plus à vaincre que la lifficulté inhérejile à l'exécution de l'acte lui-môme, ixéculion à laquelle on est amené comme automaiquomt'nt ; l'on conserve donc toute sa xéserve de 'orce qui ne s'est point répandue en vaines agitaions.
Ce sont là les constations que le malade doit être !ntraîné à faire, pour que, se rendant compte des ésullats des volitions méthodiquement prises, il oit encouragé à se fortifier siins cesse dans cette voie, y est aussi, par là, en dehors du contrôle de la maim >lacée SUT le front, que l'on arrive à savoir si l'on fait lu bon travail. En effet, il est possible que tout en se lonnant beaucoup de peine, l'on commette d'assez grosses erroui's do pratique.
Beaucoup confondent entêtement avec volonté, et ependant l 'entêtement n'est bien que la caric-ature e la volonté, et force gens têtus manquent terribleicnt de vouloir. Au fond, dans l 'entêtement, nous ['trouvons d'abord un manque de clarté, un lanque d'état conscient, la vision reste bornée à n jHîtit coin de la qu<'.^tion à cun isiger, et toute une artio de ce qui pourrait aider à étiiblir la volonté IIP des !)ases lo.îj^iques est négligée bien à tort. Oo elle pitiniêro faute de conscience et de logique dé-
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coulo Je lait qu'oui se laisse entraîner par une passion étroite, butée, qui ne veut voir ni à droite ni à gauche ; l'on arrive enfin à se si bien persuader que 1 on fait acte de décision forte et bonne, que l'on considérerait coinine une honte d'en déchoir, ot ainsi l'on persiste per Jas et nef as dans une direction faussei.
Il ne faut pas noai plus tomber dans une sorte de pédantisme de la volonté, et il faut bien daigner adimettrc que si un empêchement matériel inopiné se présente pour en arrêter l'exécution, il n'y a pas à se l'aire scrupule de s'y soumettre. Ceci n'est pas inutile à signaler aux gens trop disposés à douter d'eux-mêmes et itrop prompts à se décourage«r si toutes leurs Yolitions ne sont pas accomplies à la lettre. Le découragement poindrait vite aussi chez ceux qui, no suivant pas la prescription à eux donnée de borner leurs décisions à des actes concrets et précis, se lanceraient présomptueusement à prendre des résolu-; tiens vogues et le plus souvent irréalisables, par exemple, celle de ne pas être énervé aujourd'hui, d'être dispos et entrain etc. De sa dispoisition et de son humeur, on ne peut être sûr d'être maître, d'où dispariitioR de l'une des conditions que nous avons signalées comme nécessaires à la volonté : je veux dire la possibilité. Neuf fois sur dix, pareille résolution sera stérile et même nuisible, l'échec étant déprimant. Mais une résolution que l'on peut et doit prendre est celle-ci : (( Je mettrai en oeuvre tels et te.ls moyens, que je connais comme efficaces, poui arriver à être contrôlé le matin, par exemple. Lf tout est défini possible, engagé pour une durée de"
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L'iiij)s liiiiitce et piotuainc ; ce 5,1 ple-inement à rex>iiiiriander.
Jusqu'à présent, nous avons eu en vue la mise Ml œuvre facile de la volonté, envisagée comme exerjico d'entraînement. Cela permet d'arriver progres- ;ivement à prendre des résolutions plus graves en iupj)ri niant le plus po^^sible la période si pénible riu'^it^ition ,de tension nerveuse, qui rend toute déùsion i'cfiroi du névroixitlie. C'est un vrai supplice le- se sentir balancé entre les différents motifs, anj^oissé à la pensée que l'on va se tromper ; dès ju'une détermination semble poindre, immédia tencnt le point de vue contraire , rejeté un moment luparavant, reprend toute sa force et derechef nous ibandonnons ce qui semblait résolu, ainsi l'espoir l'un peu de repos (k:happe.
Ici, les motifs sont graves, engageant peut-être avenir dans une certaine inesurc, et l'on ne peut exiger une décision immédiate et rapide. Ce qu'il aut apprendre alors, c'est à bien s<^rier les motifs ]ui clicrclient à nous incliner dans tel ou tel sens, ;l à no i)as nous illusionner sm* leur valeur réelle. j& motif al tracteur a, de toute évidence, une imporance capitale dans l'acte volontaire, imix)rtanc-e elle que, |K)ur les j^hilosophcs de l'école détermilislc, il est tout, et que Sii seule force agit, fixant ^nfin do compte dans sa splicre ce que l'on est onvenu il'appehT notre volonté. I.es apiKirences jkhj- ^ent donner niison à cette thé^orio, mais noi-. ]xïs los dfirniations <lu sens intime qui stipulent de façon rrésistible, à (jui veut (>r('ndre la |)eine do scruter s^t :onsc.ience, cette notion du libre-arbitre sur laquelle
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repose toute morale et qui est ressentiel de la gjiilc kumaine.
Ce n'est pas le lieu ici de Irailei- celte question formidable ; mais ce que nous devons apprendre au malade, c'est à ne pas tomber dans la confusioû au ^milieu de ces motifs qui le presseniL et l'assiègent. Que l'on scrute un peu la mentalité dans ce cas, et l'on sera étonné de voir comme, par un défaut do perspective, tout vient sur le même plam, ce qui est important et ce qui n'est que futilité accessoire : le tableau est ainsi complètement brouillé, s'y reconnaître est presque impossible. « Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place }\ disent sagement des pancartes que l'on voit souvent appendues dans les maisons de commerce. Cett« imaxime, il faut aussi l'appliquer dans l'art de prendre une décision. Donc, voici la marclie à suivre ; rechercher un ou deux motifs pnncipaux qui dominent tous les autres ; ces derniers, les mettre bien à leur plan, très arrière, ine pas leur permettre d'envahir la scène et, se substituant aux vrais protagonistes, de tout embrouiller dans notre esprit. Ceci suppose toujours une forte dose de conscience et de concentration bien appliquées en l'espèce. Il faut enfin se décider en (tenant compte du ou des motifs principaux, et ne point s'embarrasser des autres. Cette méthode facilitera infiniment le travail ei évitera beaucoup d'anxiété inutile.
Ayant indiqué les procédés par lesquels il est possible d'arriver au développement de la volonté, nous pouvons examiner ce que l'on peut lui demander dans une cure. Nous avons vu qu'elle était le rou-
ET p>V(:noTni:ii\PiE df.^ trottu.e'; nf.hvft'x .->or>
rfttinr'iiient de l'œuvre, aouc iicii n c^i piius laux que de débuter par elle. Ceux qui ne connaissent pas h question, et l'entourage du malade est trop souvent dans ce cas, sont enclins à en faire le seul moyen de [cure : il n'a qu'à vouloir, et il se guérira tout de suite, etc.; l'on entend dire cela tous les jours par des parents ou amis imi)atients, qui ne lx^uvent admettre les états nerveux, tant qu'ils n'y ont point passé eux-mêmes. Pour eux, c'est de l'imagination, ça n'existe pas, et ils ne peuvent arriver à se figurer cette anxiété atroce du dédoublement alors qu'il semble que l'être vous écbappe, que l'on est annihilé jusqu'au plus profond de soi-même. Assurément, un effort volontaire peut aider à sortir d'un de ces états légers, à peine esquissés, que tout guérit. Mais ^c borner à frapper sur l'épaule d'un malheureux, [jui a peut-être déjà lutté avec Dieu sait quelle énergie, et lui dire : « Allons, un peu de volonté, et tout ini bien », c'est avec les meilleures intentions du monde infliger une bien inutile blessure. Apprenezlui d'abord à être conscient, concentré, puis à réveiller et dévelop^)er sa volonté, et alors vous pournez lui demander de mettre en jeu cette force merveilleuse pour triompher des derniers obstacles.
Il semble que l'on tourhe-là, par un coup de ionde hardi, à cette source dissimulée dans nos plus icrrMos pn>fondeui*s, source de vie et de force, tt |ue, suivant la direction où elle jaillit, nous appeons foi, amour, volonté... C/e^t toujours de la force, 'l qui une fois lilx'^rée de ses entraves, amenée au oiir, devra tout emporter.
Il faut que re torreni arrive à IxilaytT un ennemi
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feournois et redoutable : le dooile, qui paralyse le^ meilleurs efforts et ne peTinet que l'obtention d'ui perfectionnement mécanique à force, peut-elr( d'exercices, mais arrête le développement d'une vrai' cure. C'est le doute sur la voie dans laquelle 1\ s'est engagé, c'est le doute de soinmême aussi : jt vois, dira le malade, le but à atteindre, mais moi jii n'y arriA^erai pas, je ne suis pas fait comme les autres qui se sont guéris, ils étaient moins nmkdes que moi, etc. Le médecin est sans cesse en lutte contrt ce doute, et avec quelle difficulté ! Il se dresse alors î que l'offi croyait l'avoir abattu, et il n'y a qu'urj débordement de force intime, de foi, qui parvienne! à le terrasser. Qui peut mieux effacer cette sorte de scepticisme, en effet, que la constatation que l'on esii capable d'un déploiement de force dont on se croyait' totalement dépourvu, que raocomplissement d'actes' qui apparaissaient comme fabuleux et impossibles? Or, c'est le jaillissement de la volonté qui permettra ^ do telles réussites et donnera cette seaisation, qat l'on peut dire enivrante, de force et de contrôle.
Nous avons essayé de gravir avec le lecteur une •pente souvent ardue et pénible, et il a peut-être eu plus d'une fois l'idée de nous fausser compagnie. Mais à présent, nous touchons an but et il nous est permis de jeter un coup d 'œil en arrière sur le chemin parcouru.
Le poinit de départ, c'était le pauvre malade tourmenté, ainxieux, en proie aux phobies, secoué de crises d'angoisses, toujours hésitant, incapable dv»
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volonté, ne se rappelant de rien, obligé de renoncer h la vie active ou ne la soutenant qu'à l'aide d'un effort toujours douloureux et épuisant, avec tout son cortège de troubles pbysiques qui souvent illusionnent sur la cause réelle du mal.
Le but, c'était une méthode de traitement aussi cx>mplète que possible, rationnelle, sAre, ne pouvant jamais nuire en quoi que ce soit, ce qui, soit dit entre parenthèses, n'est pas toujours le cas. La méthrKie de traitement du docteur Yittoz présente tous ces caractères que l'on est en droit d'exiger, et l'expérience a prouvé son excellence. Donc, c'est elle que nous choisirons pour mettre en. œuvre les ressoiux^es 81 puissin<tes de k psychothérapie ; avant de débuter dans cette voie, il faut ^ommo de juste s'assurer qu'une lésion physique n'est pas la cause de l'ébranlement cérébral, lésion physique pouvant être guérie ou tout au moins améliorée. PouTt,int même dans le cas de Iroubles somatiques prédominants, la psychothérapie trouve habituellomont son emploi pour effacer force symptfimes d'origine psychique qui viennent comme f>e condenser autour du noyau physique el chanîTer toute In physionomie du cas.
11 faudra examiner aussi l'ambiance, entourage, etc. Il y aurait un volume h faire sur le <( traitement de l'entourage », c'est-^-dire la mise au point d'une foule d'idéev fuisses, de sollicitudes maladroites. Tantôt il semble que l'on s'efforce de cultiver en serre chaude les phobies et les anxiétés, qu'on les surexcite et les imprime dafis l'esprit ; tantôt, par les heurts d'une sorte de brutsilité incons<Mente. l'cfli blesse la sejisibililé exaspérée du nerveux, qui, S€
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iff
seiitaïKt incompris et mal jugé, se replie sur 1 même en un isolement moral des plus néfastes.
Ceci peut nécessiter une atmosphère de repos et d'isolement relatifs, hors du milieu habituel ; peu à peu les hlessuires se cicatrisent, et avec la reprise du contrôle, le sujet s'endurcit aux contacts de la vie et peut reprendre une existence normale ; d'autres arrivent à réussir leur cure sans rien changer de leur courant habituel, mais cela est particulièi;ement difficile. Il ne faut pas non plus négligeir les grandes; lois de l'hygiène du îierveux : détente morale, repos, mais avec exercice musculaire raisonné, sports, aération, bains d'air et de soleil, hydrothérapie, etc. Tout cela affermit la base physique et permet une action meilleure de l'esprit.
Il est nécessaire aussi de s'assurer des dispositions réelles du malade ; pour réussir, il faut qu'il aborde sa cure avec une sincérité absolue. Il peut, au début, ne pas avoir une foi bien assurée^ dans la méthode qu'on lui demande de mettre en pratique, cela vient plus tard avec les résultats. Mais il faut au moins s'y adonner à fond, de toute son âme, et non pas négligemment. C'est une condition sine qua non de succès.
L'allure de la cure pourrait être décrite par une spirale à direction concentrique ; sur la spire extérieure s'établit l'acte conscient, c'est-à-dire le contact normal avec le monde' extérieur ; puis la courbe atteint la concentration, ramassemcnt de force qui utilise les énergies éparpillées ; puis la courbe, se rapprochant toujours du centre plonge enfin dans le tréfond, dans l'intime de nous même, pour attein-
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Irc la grande nappe de force cachée, elle la libère, ;'est la volonté ave^ toute sa puissance dans la conluite et l'équilibre de la vie.
Il faut en moyenne une sixaine de semaines pour parcourir le cycle, puis le travail personnel devra :ontinuer pour assurer et affermir la gnérison. Chenin faisant, l'on aura fouillé le psychisme, l'on aura edre&sé les raisonnenienls faux, effacé les clichés inconscients, et l'on aura développé cette noion du contrôle du conscient sur l'inconscient qui loit dominer toute l'exisitejice, l'on sera arrivé ^ 'Unité.
Pour assurer ce but, noble entre tous, aucune )eine ne devra coûter : sans se lasser, il faudra répécr les mêmes choses, refaire les exercices, lutter 'ontre le doute et le découragement. La foi ardente lu directeur ou du médecin devra pénétrer le maade, l'illuminer, vivifier l'effort qui sera toujours endu ju^qu'A ce que l'on sente qu'enfin la réaction l'éveille, que le patient sort de l'enlisement qui 'étouffait et comme Lizare rejette ses bandelettes.
C'e^t la plus beJle récompense qu'ambitionne celui lui s'esd donné de toute son âme h cette tAche.