CHAPITRE XIII
Callaboration entre le directeur de conscience et le médecin.
La collaboration entre le dii^otem^ d& conscience et le imédecin décooile de l'enseimble de cet ouvrage, elle en est la conclusion toute natutrelle. Commenl s'ignorer quand on se rencontre sur le terrain de la psychothérapie, et quand on traite les mêmes malades? C'est ce que chacun pense après la lecture des deux premiers chapitres sur le rôle et l'importance de la psychothérapie dans le traitement des troubles nerveux et dans la direction spirituelle. Et une fois ce rapprochement fait dans l'esprit entre le thérapeute des maladies de l'âme et celui des psychonévroses, il se confirme de plus en plus à mesure que Ton pénètre plus avant dans cet ouvrage. On voit, en effet, prêtre et médecin combattre à peu près les mêmes enneimis puisque maux spirituels et affections nerveuses ont des symptômes communs.
Les procédés, auxquels l'un et l'autre recourcint, les
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riippioclient aussi par de nombreuses similitudes. A user tous deux de la concentration et des actes de volonté dans le traitement de leurs malades respeclifs, le tenant de la méthode \iltoz et le prêtre acquièrent une mentalité semblaLle sous certains rapporîb. Ainsi celui-ci, connue celui-là, se propose de rendre le sujet de plus en plus conscient ci libre, de ramener peu à peu à cette maîtrise de soi et à cette connaissance du monde extérieure aussi nécessaire daiis la vie profane que dans la \ie religieuse. N'estce pas ce que démontrent les quatre chapitres sur l'acte conscient et la concentration, sur le développement et la rééducation de la volonté.
Avec l'Inconscient et ses conséquences d'ordre tnolal et pathologique, les doux hommes, qui no«s sont cl un si grand secours, se retrouvent en conUict par l'intérêt qu'ils ont à connaître cet important facteur de la psychologie do l'homme et de toutes les associations huimaiiïes. tjniin la communauté des qualités d'esprit, de cœur et de caractèie, qui leur sont nécessiûres ou utiles ])our venir efficacement <m aide au prochain, établit im dernier ra j) proche m eiM ejitre le direrleur dci conscience et le sf)écialist(' de^ ]»sychnnévroses.
Kn mén>e t«MnfK que tout converge h unir dan^ ime estime réciproque ces de«x sortes de Ihér^IX'Ute*;, rien n'est de Tiaturr .^ les éloigner l'un de l'autri'. Se mouvant dans des spht^res d'action tr^<^ distinct (•< bien q^j'en connexion étroite, ils ne sont p«8 enclins à se jaloaiser, comme n'y sont que <rop portées le^ personnes de profession commune II ne saurait \ister entre eux de conflit d'intérêt mi d'ambition.
/i^è DIRECTION DE CONSCIENCE
Bien que rapprochés par leur genre d'oocupation?, ils sont séparés «par la différence des points de vue 1 auxquels ils se placent. D'un côté, un but humaiiitiiire et scientifique pour le nicdecin ; de l'autre, un hut surnaturel et divin pour le prêtre. D'un côté, un homme qui peut très légitimement ambitionner les biens et les honneurs de ce monde ; de l'autre, quelqu'un Youé par état à une vie simple et austère.
L'unique terrain s-ur lequel po^uiTait se produire quelque heurt de jalousie est celui, très délicat d'ailleurs, de lia sympathie des analades qu'ils traitent simultanément. Il n'est pas rare, en effet, qu'un névrosé nourrisse d'affecilueux sentiments et pour son médecin traitant et pour son directeur spirituel. Ce fait serait susceptible de rendre ces thérapeutes antij)alhiques l'un à l'autre, si l'attachement à un prêtre' qui vous dirige n'était pas d'un caractère tout différent de l'attachement d'un malade à son cher docteur. Ces deux sortes d'amitié reposent sur des rapports tout autres. Sans doute, dans le domaine de la psychothérapie, comme dans celui de la direction, il se fait des confidences, voire des aveux plus ou moins pénibles, mais ils ne portent pas d'ordinaire sur les mêmes objets. Il est des parties de son passé, les plus secrètes, les plus intimes, que le malade effleure simplement, quand il ne les passe sous silence au cours de ses causeries journalières avec le médecin, tandis qu'au confessionnal, il les expose clairement et en détail à son directeur, prêt à répondre aux éclaircissements qui pouiraient lui être demandés sur tel ou tel point, dont il n'a dit et ne dira
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jamais mot à |>ersonne. De plus, les confidences au spé-cialisle des troubles nerveux sont faites sur un ton et d'une manière qui ne rappellent nullement l'attitude contrite du pénitent ou de la pénitente. Rien ne s'oppose dcmc à la communion d'estime et du symi)atliie du prôtre et du médecin, et qui de nous n'en a connu quelque bel exemple'.
Parmi les grands directeurs de conscience, plusieurs ont eu pour amis des médecins : saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Vincent de Paul, saint François de Sales... Une autre marque de l'attrait de certains d'entre eux pour la médecine et ceux qui l'exercent est le choix de nombreuses comjxi raisons empruntées à cet art. Malgré son âme de joète et de mystique, François de Sales appartient 5 ce groupe. A propos des rêves irréalisables qu'inspire à beaucoup d'àmes un zèle surtout Imaginatif, il écrit (i) : a Grande folie à ceux qui s'amusent à désirer d'être martyrisés aux Indes, et ne s'appliquent à ce qu'ils ont affaire selon leur condition ! Grande tromperie à ceux qui veulent plus manger qu'ils ne peuvent digérer. » Si l'avertissement est bon au ix)int de vue moral, il ne l'est pas moins au point de vue hygiénique.
Dans ce même ordre d'idées, François fait la renia rcjue suivante à Mlle de Soûl fours (a) : « Il me semble que vous avez rencontré le vrai sujet de votre mal, quand vous me dites qu'il vous est avis que c'est une multitude de désirs qui ne pourront jamais être accomplis. la variété des viandes, si elles sont