‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 100 sur 128 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Itifliieuce de la relig^iou pour la réforme du caractère.

Un moraliste célèbre, écrivain distingué et profond observateur, a émis ce jugement : dire d'un homme colère, inégal, querelleur, chagrin, pointilleux, capricieux, c'est son humeur, n'est pas Fexcuser, comme on le croit; mais c'est avouer, sans y penser, que de si grands défauts sont irrémédiables* 11 y a beaucoup de vérité dans cette appréciation de Labruyère ; et l'on peut dire, en commentant sa pensée, qu'il en est de notre caractère comme de notre constitution ; nous ne les choisissons pas, nous les recevons. Cependant une restriction très-importante doit être apportée au jugement du spirituel écrivain. Car s'il est vrai de dire que le fond de notre caractère reste toujours le même, on peut heureusement ajouter qu'il est possible de le modifier. Mais pour opérer celte difficile transformation, l'influence de la religion est non-seulement très-efficace, son action seule est toute-puissante, car la religion en nous

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aidant do ses liimiônis dans l'imporlanlc élude de nos penchants et de nos défani?, nous a[)()rend à les connaître et à les cornbaltre.

C'est vraiment quelque chose de prodigieux et presque d'incroyable, que la profonde ignorance où nous vivons vis-à-vis de nous-mêmes. On peut dire que nous nous voyons d'aulant moins, que nous nous voyons de plus près. Tout le monde nous sait par cœur, tandis que nous soupçonnons à peine nos misères. L'orgueil, l'intérêr, l'amour excessif que nous nous portons, le défaut de réflexion et de rectitude, surtout dans le jugement, sans parler de l'obstination volontaire et de la mauvaise foi, sont autant de bandeaux qui nous aveuglent. Et si, à toutes les causes d'erreur que nous venons d'énumérer , nous ajoutons la flatterie des inférieurs et la perfide complaisance de tous ceux qui sont intéressés à nous tromper, nous pourrons alors nous former une idée des obstacles que la vérité doit traverser pour arriver jusqu'à notre conscience. Or voici ce que fait la religion : elle nous rend pieux d'abord, et la piété, en nous portant à la prière, nous obtient des grâces de lumière et de discernement. La méditation vient ensuite et la méditation nous conduit à l'étude approfondie de nos défauts. Or en présence de cette triste

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