INFUENCE DE LA RELIGION
révélation de notre conscience, il est impossible que l'orgueil subsiste. Ainsi sont écartés les voiles épais qui nous dérobent la vue de nous-mêmes. Tout homme qui prie, qui médite et se fait humble est bien près de la vérité, s'il ne l'a pas déjà trouvée.
Toutefois, ce n'est pas assez que de se connaître, il faut de plus se combattre : se connaître sans se combattre, c'est ressembler à l'insensé qui se regardant dans une glace, et voyant des taches sur son visage, s'éloigne sans prendre la peine de les faire disparaître. Mais hélas ! que de choses font tomber les armes de nos débiles mains, dans cette lutte pénible, soutenue par nous contre nous-mêmes. La difficulté de l'entreprise d'une part, le découragement qui suit la défaite de l'autre, puis l'ennui, l'inexorable ennui, qu'engendre la continuité des efforts qu'il faut s'imposer; en voilà certes bien plus qu'il n'en faut, pour déconcerter souvent nos faibles résolutions. Esprit pusillanime, nous dit la religion, lève-toi et combats. La difficulté t'effraie; je l'aplanirai. Le découragement te gagne; je le fortifierai. L'enn ui te harcelle ; je te donnerai le calme et la paix. Le calme non parfait, entends-le bien, mais suffisant ; la paix non éternelle, mais commencée. Tu te plains de la prolongation de la lutte; regarde donc le prix de la victoire et commence à espérer. Oui, dans celte