‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 99 sur 128 · DU CARACTÈRE EN GENERAL · texte numérisé non relu

DU CARACTÈRE EN GENERAL

des qualités naturelles ou acquises^ bonnes ou mau^ vaises. Or, nous concevons des qualités bonnes, lorsqu'elles sont le fruitde nos efforts ; nous concevons des qualités mauvaises, lorsqu'elles sont la conséquence ou la punition des actes de notre volonté perverse. Mais pourquoi apportons-nous en naissant des qualités bonnes ou mauvaises auxquelles notre volonté n'a point de part ? La foi nous dit que c'est la suite du péché commis à l'origine du monde. Nous admettons certes et sans examen l'enseignement infaillible de la foi, conforme d'ailleurs à tout ce que nous révèle l'état actuel du genre humain ; mais voici le mystère dans le mystère même. Puisque tous ont péché en Adam, d'où vient que tous semblent n'avoir pas également hérité d'Adam ? Il est des âmes privilégiées que la souillure primitive paraît à peine avoir touchées, elles sont droites, pures et heureusement nées. Il en est d'autres au contraire qu'on dirait avoir été pétries d'instincts mauvais et pervers? Pourquoi des Abels? pourquoi des Gains? Nous répondrons : Pourquoi des riches et pourquoi des pauvres? Dieu est maître de ses dons et il les dispense à qui il veut et comme il veut ; mais les Gains n'ont pas pour cela le droit de murmurer ni de se plaindre, car quelle que soit la violence de leurs inclinations, ils peuvent les surmonter, et toujours leur penchant sera sous l'empire de leur volonté. Ainsi, quoique plusieurs, dans le partage des dons,

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semblent avoir été traités moins généreusement par le père de famille, il leur est possible et facile même, s^ils le veulent, d'acquérir par leur travail les richesses spirituelles qui ont manqué à leur berceau. Nous le dirons pareillement des autres enfants ; bien qu'ils paraissent avoir plus reçu de la libéralité libre de Dieu, ils peuvent perdre par leur faute ce qu'ils ont obtenu sans mérite. Que chacun donc s'incline et adore, car si les uns ont plus à remercier, tous ont à glorifier le souverain dispensateur qui reste toujours libre de ses dons.

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