‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 106 sur 128 · IP JOUR · texte numérisé non relu

IP JOUR

De la connaissance de soi-même.

La science la plus haute et la plus utile est la connaissance et le mépris de soi-même.

Celui qui se connaît bien se méprise, et n'a garde de recevoir avec plaisir les louanges des hommes. Ne vous glorifiez pas dans vos richesses, si vous en avez, ni dans vos amis parce qu'ils sont puissants, mais en Dieu qui donne tout et désire encore se donner lui-même.

Ne vous élevez pas à cause de la force ou de la beauté de votre corps, qu'une légère infirmité abat ou fié-

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trit. N'ayez pas de complaisance en vous-même , à cause de votre esprit ou de votre habileté, de peur de déplaire à Dieu, de qui vient tout ce que vous avez reçu de bon de la nature.

Ne vous estimez pas meilleur que les autres, de crainte que peut-être vous ne soyez pire aux yeux de Dieu, qui sait ce qu'il y a dans l'homme. Ne vous enorgueillissez pas de vos bonnes œuvres , car les jugements de Dieu sont autres que les jugements des hommes et ce qui plaît aux hommes souvent lui déplaît.

RÉFLEXION

Savez-vous, mon enfant, quelle est la science la plus difticile et la plus rare? C'est la science de votre propre cœur. Pourquoi cela? Parce que l'amour-propre vous aveugle, et voici comment. Ce qui est bien, l'amourpropre l'exagère et se l'attribue ; ce qui est mal, l'amour propre l'excuse ou même le justifie. Maintenant voulezvous que je vous dise quelle est la science la plus utile? C'est encore la connaissance de soi-même. Delà ce mot célèbre d'un philosophe païen : Connais-toi toi-même; mot qui revient à cet autre d'un philosophe chrétien : Seigneur^ que je vous connaisse et que Je me connaisse.

Or, on arrive à la connaissance de soi en priant Dieu, le Père des lumières, de vouloir bien nous éclairer sur ce que nous sommes. On y arrive en descendant souvent dans son propre cœur pour en surprendre tous les mouvements. On y arrive enfin en profitant des éloges qu'on nous donne, pour nous encourager à mieux faire, et en acceptant les justes reproches qui nous sont adressés, pour corriger nos défauts. Un ennemi qui nous poursuit, nous est souvent plus utile qu'un ami qui nous fiatte.

SS'â r.liCTURES ou MlîniTATIOVS.

m- JOUR.

Des afTections déréglées.

Dès que l'homme commence à désirer quelque chose avec passion, aussitôt il devient inquiet en luimême.

Le cœur que Torgueil ou l'avarice domine n'a jamais de repos : le cœur détaché et humble vit dans une paix profonde.

L'homme qui n'a pas eu le courage de mourir entièrement à lui-même , est bien vite tenté, et se laisse vaincre dans les plus petites choses.

Celui dont le caractère est faible, dont l'âme est appesantie par la chair, et qui se sent incliné vers les choses de ce monde, a grand'peine à se détacher des désirs terrestres.

Voilà pourquoi la tristesse le saisit lorsqu'il se refuse à les satisfaire, et que lorsqu'on lui résiste; il s'irrite.

A-t-il obtenu ce qu'il convoitait, qu'aussitôt le poids du remords l'écrase, parce qu'il a suivi sa passion, qui ne peut lui donner le rassasiement qu^il désirait.

C'est en résistant aux passions, et non en s'y livrant, que l'on trouve le repos et la paix du cœur.

L'homme de chair, ou l'homme livré tout entier aux choses extérieures, ne connaît pas cette paix ; elle est la récompense de l'homme spirituel et fervent.

RÉFLEXION

Une pensée vous aura sans doute frappé, mon enfant, à la lecture de ce chapitre. Est-il bien possible, vous

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