‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 107 sur 128 · IV' JOUR · texte numérisé non relu

IV' JOUR

serez-vous demandé, que ce soit en résistant aux passions, et non en s'y livrant, qu'on trouve la paix et le repos ? je croyais que la difficulté était de lutter contre le torrent de ses inclinations mauvaises, et qu'il était doux au contraire de s'y laisser aller. Cette persuasion commune à la plupart des jeunes gens de votre âge, est aussi fausse que pernicieuse. Sans doute la pratique de la vertu demande des efforts el du courage, sans doute il en coûte pour faire le bien, et surtout pour persévérer dans le bien ; cependant, avec tous les sacrifices qu'elle impose , la vertu est loin d'être aussi amère que le vice. Premièrement, Dieu nous aide puissamment par sa grâce; en second lieu, le témoignage de la bonne conscience nous est déjà une récompence anticipée de nos travaux; des consolations célestes inondent l'âme qui a su rester fidèle ; enfin la certitude du bonheur éternel que Dieu nous tient en réserve nous repose déjà dans une espérance bien douce. L'enfant méchant , au contraire , au lieu du plaisir qu'il cherchait, trouve l'inquiétude, Tagitation , la honte , le remords , le dégoût , souvent le désespoir. Ce qu'il y a de séduisant dans les passions, c'est l'amorce qui attire; ce qu'il y a de poignant et de cruel , c'est le trouble qui les suit. Oui, même en ce monde, la part du cœur vertueux est la meilleure. La piété , dit saint Paul, a les promesses de la vie présente et de la vie à bénir.

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