XXIV» JOUR
De répreuve du véritable amour.
Mon fils, combattez les mouvements déréglés de votre âme, et méprisez les sollicitations du démon: vous y trouverez un grand sujet de mérite, et la marque d'une solide vertu.
Ne vous troublez donc point des fantômes , quels qu'ils soient, qui obsèdent votre imagination. Conser-
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vez une résolution ferme , et une intention droite devant Dieu.
Sachez que l'antique ennemi s'efforce d'étouffer vos bons désirs, et devons éloigner de tout pieux exercice, du culte des saints, de la méditation de mes douleurs et de ma mort, du souvenir si utile de vos péchés, de l'intention à veiller sur votre cœur, et du ferme propos d'avancer dans la vertu.
Il vous suggère mille pensées mauvaises , pour vous causer du trouble et de l'ennui, pour vous détourner de la prière et des lectures saintes.
Une humble confession lui déplaît; et s'il pouvait, il vous éloignerait tout à fait de la communion.
Ne le croyez point , et n'ayez de lui aucune appréhension, quoiqu'il vous tende souvent des pièges pour vous surprendre.
Rejetez sur lui seul les pensées criminelles et honteuses qu'il vous inspire. Dites-lui : Va, esprit immonde; rougis, malheureux j il faut que tu sois étrangement pervers pour me tenir un pareil langage.
Retire-toi de moi , détestable séducteur , tu n'auras jamais en moi aucune part ; mais Jésus sera près de moi comme un guerrier formidable , et tu demeureras confondu.
J'aime mieux mourir et souffrir tous les tourments, que de consentir à ce que tu me proposes. Tais-toi donc, ne me parle plus ; je ne t'écouterai pas davantage , quoi que tu fasses pour m'inquiéter -.Le Seigneur est ma lumière et mon salut : qui craindra is-je? (ps. xxxvi.)
Quand une armée se rangerait en bataille contre moi, mon cœur ne craindrait pas. Le Seigneur est riLon aide et mon rédempteur. (l'S. xviii.)
270 LECTUaKS ou MJ^JHTXTIOVS.
UKFI.EXION.
Deux choses sont h craindre, mon cher enfant, au sujrt des tentations qui viennent assaillir votre ame . leiu" violence et leur durée. Leur violence; quelquefois poussé à bout par l'ennemi, vous croyez avoir été vaincu lorsque vous n'avez été que combattu , alors , découragé do votre prétendue défaite, vous vous laissez aller et vous dites : Ce n'est plus la peine de résister puisque j'ai cédé à l'ennemi ; non, vous n'avez pas cédé, mon fils , et eussiez-vous faibli un instant qu'il faut vous relever avec vigueur et continuer la lutte avec courage: Mais ces tentations sont si longues et si souvent renouvelées ! Mon enfant, souvenez-vous que le saint homme Job appelle la vie un combat, et qu'il compare cette vie à une légère vapeur qu'un même instant voit naître et se dissiper dans les airs.