‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 123 sur 128 · XXV« JOUR · texte numérisé non relu

XXV« JOUR

Qu'il faut rapporter tout à Dieu comme à notre fin dernière.

Mon fils, je dois être votre fin suprême et dernière, si véritablement vous désirez être heureux.

Cette vue purifiera vos affections, qui s'abaissent trop souvent jusqu'à vous et aux créatures.

Car, si vous vous cherchez en quelque chose, aussitôt vous tombez dans la langueur et la sécheresse.

Rapportez donc principalement tout à moi , parce que c'est moi qui vous ai tout donné.

Considérez chaque bien conune découlant du souverain bien , et songez que , dès lors , ils doivent tous remonter à moi comme à leur origine.

XX v JOUR. 271

En moi, comme daius iiiic source intarissable le petit et Ir grand, le pauvre et le riche, puisent l'eau vive; et ceux qui me servent volontairement et de cœur recevront grâce sur grâce.

Mais relui qui cherchera sa vie hors de moi, ou sa jouissance dans un autre bien que moi, sa joie ne sera ni vraie ni solide, et son cœur toujours à la gêne , toujo!irs à l'étroit, ne trouvera que des angoisses.

Ne vous attribuez donc aucun bien , et n'attribuez à nul homme sa vertu ; mais rendez tout à Dieu , sans le secours duquel l'homme n'a rien.

C'est moi qui vous ai tout donné , et je veux que vous vous rendiez à moi tout entier; j'exige avec une extrême rigueur les actions de grâces qui me sont dues.

Là , où pénètre la grâce céleste et la vraie charité, il n'y a plus de place pour l'amour-propre , ni pour l'envie qui torture le cœur.

Car l'amour divin subjuge tout , et agrandit toutes les forces de Tâme.

Si vous écoutez la sagesse , vous ne vous réjouirez qu'en moi, vous n'espérerez qu'en moi, parce que nul n'est bon que Dieu seul , à qui, en tout et par-dessus tout, est due à jamais la louange et la bénédiction.

RÉFLEXION

De même que les plus petits ruisseaux aussi bien que les plus grands fleuves , se dirigent tous vers la mer où ils tendent à se confondre . ainsi toutes nos pensées , toutes nos paroles , tous nos sentiments et toutes nos œuvres doivent avoir pour fm dernière. Dieu seul, ce grand océan de perfections infinies qui appelle out ce qui est bien. L'eau stagnante qui fie coule j)as

'11"! LKCTURES or: MEDITATIONS.

se corrompt et porte la peste. Ainsi on est il du cœur qui se fait à lui-même son propre centre, et (jui au lieu de rapporter toutà Dieu, rapporte tout à lui-uiéme. Fuyez, mon fils, cet amour excessif et idolatrique de vous-même. Dieu est Dieu sans vous , mais vous qu'êtes-vous sans Dieu? donc, rapportez-lui tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes, c'est la justici» qui le veut.

XXVP JOUR.

Des vains plaisirs du monde.

Pensez-vous, mon fils, que les hommes du siècle n'aient rien ou peu de chose à souffrir? C'est ce que vous ne trouverez pas , même en ceux qui semblent environnés de plus de délices.

Mais ils ont, dites-vous, des plaisirs en abondance; ils suivent toutes leurs volontés; et ils sentent peu le poids de leurs maux !

Soit, je veux qu'ils aient tout ce qu'ils désirent : combien cela durera-t-il?

Voilà que les riches du siècle s'évanouiront comme la fumée, et il ne restera pas liiême un souvenir de leurs joies passées.

Et, durant la vie même, ils ne s'y reposent pas sans amertume, sans ennui et sans crainte.

Car souvent, là même où ils se promettaient la joie , ils rencontrent le châtiment et la douleur, et avec justice, puisqu'il est juste que l'amertume et l'ignominie accompagnent les plaisirs qu'ils cherchent dans le désordre.

Page 1