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CHAPITRE IV

Premiers symptômes et cauties d*iiii refroidissement dans la piété.

Lorsque Jacob, cédant aux conseils de Rebecca sa mère, s'ofTrit au vieil Isaac pour recevoir !a bénédiction dernière à laquelle étaient attachées de grandes et magnifiques promesses, l'histoire rapporte que le saint vieillard avant que d'étendre les mains sur la tête de son fils, sentant la bonne odeur qui sortait de ses vêtements laissa tomber ces suaves paroles : « Voilà que Todeur qu'exhalent les vêtements de mon fils est comme l'odeur d'un champ plein de fleurs que le Seigneur a béni. » Ce champ tout émaillé de fleurs, ces parfums qui embaument l'air, voilà bien l'image du cœur pur, du cœur de l'adolescent que l'auguste Marie a présenté à la bénédiction de Jésus. Jamais la terre, il faut le dire, ne présenta au ciel de plus beau, de plus ravissant spectacle, et c'est pourquoi nous ne devons plus nous étonner d'entendre l'époux divin des âmes appeler sa bien-aimée un jardin fermé, où l'art et la nature ont réuni toutes les ressources de leurs inépuisables richesses.

Mais en poursuivant le récit que nous avons commencé, nous y trouvons une expression échappée

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aux lèvres de Jacob, qui ne doit pas être passée sous silence. Si mon père, objectait le fils soumis de Rebecca, venait à s'apercevoir que ce n*est point son aîné qui se trouve prosterné à ses pieds, n'y auraitil pas lieu de craindre qu'au lieu de me relever béni, je ne reste sous le poids de sa malédiction? La malédiction de votre père î reprit la mère épouvantée, ab ! que plutôt elle retombe tout entière sur moi, mon cher fils ; mais ne craignez pas et faites vite ce que je vous ai commandé.

L'amour quand il est vrai se montre partout le même. Le cri de Rebecca nous rappelle le souhait de saint Paul, et le souhait de saint Paul, consentant, s'il était possible, à être anathème pour ses frères, indique assez les sentiments qui animent les héritiers de sa charité et de son sacerdoce.

Mais revenons au sujet qui nous occupe, car heureusement il n'est pas question ici de malédiction, et nous n'avons à déplorer à ceite heure qu'un commencement de refroidissement dans la piété. Ce refroidissement comment s'annonce- t-il ou plutôt d'oi^i vient-il et qui peut le produire ? Pour répondre d'une manière claire et précise à ces diverses questions, nous avons besoin d'établir deux catégories de jeunes gens placés dans des conditions toutes différentes et même totalement opposées. Premièrement, les enfants auxquels la position gênée des parents impose la dure nécessité de faire apprendre

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un étal; secondement, ceux qui appartenant à des familles plus aisées peuvent continuer le cours de leurs éludes littéraires. Voyons d'abord les premiers.

Parmi les enfants qui sortent de la classe ouvrière le plus grand nombre, recueillis par les frères de la Doctrine cbiélienne, trouvent dans leurs soins charitables de puissants moyens d'encouragement (^t de persévérance. L'éducalion chrétienne qui a manqué à plusieurs ou qui n^a été qu'ébauchée pour la majorité au sein de la famille, reçoit son développement complet dans l'institut fondé parle bienheureux de La Salle. Tant qu'ils fréquentent les écoles, leur piété, étayée par mille secours extérieurs, se conserve et se soutient assez généralement. Mais hélas ! ce temps d'arrêt dans le bien n'est jamais fort long. Quelques semaines, quelques mois, un an au plus après la première communion, les parents songent à placer leurs enfants chez un maître, et c'est souvent à dater de ce moment que commence l'époque de la décadence quand ce n'est pas la ruine entière de toute pratique religieuse. Le premier symplôn)e, et nous pourrions dire, la première cause de ce changement déplorable, c'est l'absence de la prière. Le temps manque d'abord ou plutôt le courage fait défaut, et voilà le premier anneau de la chaîne des devoirs qui reliait l'âme à Dieu, interrompu oubrisé.

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Le second anneau ne larde pas à «''prouver le nnênrie sort, la violation du saint jour du dimanche suit naturellement l'oubli delà prière. Un travail inexorable attache l'ouvrier et l'apprenti à l'atelier. En quehpies mois le chemin de l'église est devenu entièrement inconnu, un autre chemin menant tout droit à la perte éternelle est seul fréquenté et suivi. Inutile de dire mainlenant que le devoir de la confession est totalement abandonné, car après avoir jeté loin de soi le joug du Seigneur, il n'est pas surprenant que l'on repousse tout rapport avec ses ministres.Voilà donc l'aclion du prêtre devenue nulle, et tout son zèle paralysé ou impuissant. Cependant après que le chrétien aura été démoli pièce à pièce, l'homme du moins restera-t-il debout dans l'enfant? Deux mots nous suffiront pour signaler l'action délétère de la société dans laquelle le jeune travailleur vient de faire son entrée. 7 om( le pousse au mal, rien ou presque rien ne l'incline vers le bien. Ce que ses oreilles entendent, ce sont les blasphèmes les plus horribles, les conversations les plus impies ou les plus obscènes, les conseils les plus dangereux et les plus perfides. Ce que ses yeux voient, ce sont les exemples les plus entraînants et les plus funestes. D'un autre côté, les vérités religieuses, en passant par toutes ces bouches ignorantes ou corrompues, sont re[)résentées comme un tissu de fables et de mensonges ; les pratiques les plus saintes comme des

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