SUITE DU CHAPITRK IV
blesses, mais nous les faire prévoir; non excuser nos chutes, mais nous les faire éviter. Mon cher enfant, l'arbre de vie, dont le fruit recueilli par nos premiers parents devait inoculer et entretenir en eux un principe d'immortalité, cet arbre, symbole mystérieux de la divine Eucharistie, a été placé devant vous. Au jour de votre première communion , vous en avez savouré la douceur, vous en avez ressenti tous les heureux effets. Dans les premiers instants qui suivirent cet acte si important de votre vie, un sentiment surtout régnait dans votre cœur : celui de la reconnaissance. (?Me rendrai-je au Seigneur^ disiez-vous, pour reconnaître tout ce qu'il a fait pour moi. Alors rien ne paraissait devoir vous effrayer ou même vous coûter. Les sacrifices les plus difficiles ne vous semblaient que des jeux d'enfant. Comme le disciple présomptueux, mais plein d'amour, qui se confiant plus en ses forces qu'en la grâce divine, afflrmait avec serment qu'il était prêt^ à mourir, vous aussi vous paraissiez animé d'un même courage. Et lorsqu'on vous disait : Prenez garde, moa fils, veillez et priez de peur que vous n entriez en tentation : car Vesprit est pronipt et la chair est faible ; vous répondiez : Quand tous mes amis abandonneraient le Sauveur Jésus, '^noi^ jamais.
Oh ! mon enfant, que ce jamais a été-court, que cette éternité de dévouement a été bien vite écou-
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lée 1 Placé en présence de Tarbre du bien et du mal, on vous a vu faiblir à la première épreuve, et si vous n'avez pas tout d'abord porté à vos lèvres le fruit défendu, vous en avez admiré la beauté, vous en avez savouré les parfums. Ainsi voire cœur n'a pas élé coupable, mais il a été sur le point d'êlre séduit ; votre foi n'a pas été perdue, mais votre piété s'est affaiblie. Or, il nous faut chercberles causes de ce déplorable refroidissement. Il nous a semblé que parmi ces causes la première lenait à une sorte de nécessiléd'état el de position dont vous êtes porté à vous prévaloir trop facilement peul-être, afin de trouver dans cette même nécessité une excuse dans ce qui n'est assez souvent qu'un prétexte. Nous voulons parler de vos études. Nous sommes accablés de travaux, dites-vous, et telle est la rigoureuse exigence des devoirs qui nous sont imposés, que nous pouvons à peine trouver un moment pour l'accomplissement de nos pratiques religieuses. Pendant l'année préparatoire à notre première communion, nos parents s'étaient résignés à faire de larges concessions, et nos maîtres pareillement semblaient en avoir pris leur parti; mais aujourd'hui qu'ils ont fait la part de Dieu, comme l'on consent à faire celle du feu dans un incendie, nous sommes moins libres de notre temps que jamais. Un règlement inexorable pèse sur nous, et nous ne pouvons nous y soustraire ; ce n'est ,donc pas la bonne volonté qui nous manque, mais