CULTE INTERIEUR ET EXTÉRIEUR. US
Les cérémonies, faites par des hommes rustiques et des enfants indisciplinés, les choquent et les scandaHsent. Si le pasteur donne des avis simples et paternels, en rapport avec les besoins de ses auditeurs, on l'écoute avec dédain ou ennui , quelquefois même on le blâme, on le raille avec esprit, et par là on ruine l'autorité et l'influence de son sacré ministère.
Une fête de l'Eglise est-elle annoncée, on se prive des sacrements, pour ne pas s'adresser à un prêtre qu'on ne connaît pas, dit-on. Oh! que tout cela est misérable !
Cette conduite suppose bien peu de foi et beaucoup d'orgueil.
Sans doute, il peut se rencontrer plusieurs abus qui demandent une réforme dans tout ce qui fait l'objet de vos observations ou de vos critiques.
Ces abus, s'ils existent réellement, et s'il est possible de les faire disparaître, je ne viens pas ici les défendre.
Mais le plus grand abus, croyez-le bien, ce sont les réflexions légères ou imprudentes que vous vous permettez devant vos amis.
C'est votre dégoût prononcé et bien connu pour tout ce qui se fait dans l'église de votre paroisse ; c'est l'éloignement où vous vous tenez de toutes les pratiques religieuses. ,
Vous regrettez la pompe des cérémonies que vous
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avez laissées. Mon enl'anl, il y a quelque chose qui vaut mieux que l'or, que Tenccns et que les dorures, c'est un cœur pur, humble, sincère et pieux. Laissez donc ce qui est extérieur et devenez un adorateur en esprit et en vérité.
Je termine par un dernier conseil. Mettez à profit le temps de vos vacances pour faire dire de vous ce qu'on proclamait du divin Sauveur : cet enfant a passé en faisant le bien. Occupez-vous des indigents et souvenez-vous que le premier est notre Seigneur. Consacrez-lui un instant chaque jour, si vous pouvez le visiter dans le sacrement de son amour. Rappelez -vous que Madeleine fut louée pour avoir répandu des parfums sur les pieds sa- €rés de Jésus. Mais comme il doit y avoir toujours des pauvres parmi nous et que les pauvres sont la personne vivante de notre bien-aimé Rédempteur, <lonnez vos soins aux petits enfants, aux malades, aux ignorants, aux délaissés, aux vieillards et aux infirmes. // faut quune vertu s'échappe de vous et aille guérir la plaie qui demande un peu d'huile. Cette vertu, mon enfant, c'est la charité j aimez comme Jésus, et vous ferez comme lui des prodiges.
Une pauvre vieille femme se mourait dans un
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petit village non loin de Paris. Sans parents et sans amis, elle séchait comme la plante qui a crû solitaire dans la fissure d'une muraille ou d'un toit. Plusieurs fois le curé s'était présenté et n'avait rien pu obtenir de cette âme qui ne paraissait susceptible ni d'intelligence ni d'amour.
Une dame pieuse, providence vivante du pays où ellerésidait, apprend l'insuccès de son pasteur. Pleine de foi et de confiance en Dieu, elle entend la voix de son cœur et dit: Tirai et je laguérirai, La voilà établie au chevet de la malade. Tous les soins qu'une mère donne à son enfant, la généreuse bienfaitrice les prodigue à sa protégée. Le premier sentiment qu'elle inspire c'est l'élonnement, puis la confusion, puis enfin la reconnaissance la plus absolue. L'âme, qui jusque-là était restée fermée à tout sentiment humain, s'ouvrait et se dilatait au rayon de la charité. Eclairée, touchée, ravivée, la pauvre agonisante versait d'abondantes larmes et appelait de tous ses vœux le Dieu qu'elle avait repoussé sans le connaître, ii. D'où vient le changement que j'aperçois en vous, ma bonne femme? dit le curé plus surpris que tout autre de ce prodige. C'est, dit la mourante, en montrant de ses yeux humides la charitable dame, c'est qu'elle m'aimait et s'est dévouée pour moi. »
Aimez, et vous ferez de même.