DU CARACTÈRE EN GÉNÉRAL
que tout le monde le sait, est une seconde nature, et que, par la fréquence des actes, on peut améliorer les penchants naturels, les plus malheureux, comme aussi détruire les inclinations naturelles les plus heureuses.
Ainsi le caractère est donc V ensemble des qualités naturelles ou acquises, à quoi il faut encore ajouter bonnes ou mauvaises; bonnes, lorsque nous trouvons en nous de la facilité pour le bien; mauvaises, lorsque nous nous sentons portés vers le mal.
Enfin, cet ensemble de qualités qui constituent le caractère, ainsi que nous venons deledéfînir, fait que chaque individu est bien lui et non un autre. Nous avons expliqué et prouvé cette assertion lorsque nous avons fait observer, à la tête de ce chapitre, que les qualités du caractère de chaque homme forment sa propre personnalité.
Ce serait ici le lieu d'admirer un prodige et de s'incliner devant un mystère. Le prodige, c'est celui de la puissance de Dieu qui, se jouant en quelque sorte dans la création de cet univers, a su si bien varier tous les ouvrages de ses mains. Parcourez les forêts et trouvez-moi deux feuilles qui se ressem-^ blent ; rassemblez tous les grains de sable et indiquez-en deux qui soient identiques. C'est donc un sujet d'étonnement et d'admiration pour l'esprit qui
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réfléchit que ces nuances si multipliées que l'on remarque chez tous les individus de la même espèce, pas deux visages qui soient rigoureusement les mêmes. Ceux qui se rapprochent le plus, différent, et la puissance créatrice ne se copie elle-même nulle pari. Or, le prodige que nous constatons dans les corps, nous pourrions l'admirer aussi dans les âmes, si elles étaient soumises comme les premiers à l'examen de nos yeux. Mais quoi, ne le sont-elles pas en une façon? est-ce que le visage n'est pas le miroir visible de l'âme? il est donc possible de se former uue idée de la ressemblance et des dissemblances qu'ont les esprits en jetant les yeux sur ce qui leur sert d'enveloppe. Mais voici quelque chose de plus étonnant encore, c'est que les visages si différents, traduisent d'une manière si parfaite les inclinations cachées qui caractérisent les âmes, que si nous avons à incarner l'idée abstraite d'un défaut ou d'une bonne qualité, nous n'aurions rien de mieux à faire que d'emprunter l'image de telle ou telle personne, pour représenter sous une forme sensible le défaut ou la bonne qualité que nous avons en vue. Qu'elle est donc ravissante la sagesse, la puissance qui a su donner tant d'expression à la physionomie humaine î
Nous avons révélé le prodige; voici maintenant le mystère. Le caractère, avons-nous dit, est l'ensemble