‹ Directions de navigation pour l'île de Terreneuve et la côte de Labrador et pour le golfe et le fleuve St. Laurent [microforme]Chapitre 22 sur 49 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

lère PARTIE

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On à toujours supposé que la navigation du Fleuve et du Golfe St. Laurent est très difficile, et le: nombreux accidents qui arrivent constamment aux vaisseaux sembleraient confirmer cette opinion.

L’Amiral Bayfeld a remarqué que”, Parmi les difficultés de la navigation on peut mentionner la glace. En printemps, l’entrée et les parties est du Golfe en sont souvent couvertes, et les navires sont quelquefois cernés pendant plusieurs jours. N’étant pas faits [A pour lutter contre ce danger ils sou%rent souvent, et sont quelquefois naufragés, mais les Hi accidents sérieux qui ponrraient prove.r de là ne sont pas nombreux, parce que la glace fond ordinairement aux feux d’un soleil très-ardent dans le printemps. En automne les + accidents produits par la glace sont rares, excepté quand l'hiver nous prend par surprise, ou quand les vaisseaux retard nt imprudemment, dans l’attente d’une forte cargaison.

Mais la glace est moins redoutable que les brûmes fréquentes ; elles peuvent advenir eu aucun temps dans la saison navigable, mais elles sont très-fréquentes au commencement de l'été; elles sont rares et jamais de longue durée avec les vents de l’ouest; mais elles ne manquent jamais d’accomvagner les vents de l’est, quelque fort ou durable qu'il fl soit. L'observation ci-dessus peut être restreinte, cependant, dans ce qui regarde la localité, ou la saison. Ainsi les vents entre le sud et l'ouest, qui sont ordinairement des vents de ma plus haut que l’Anticosti, sont fréquemment accompagnés de brûme aux parties est du golfe.

Le vents entre le sud et l'est sont presque toujours accompagnés de brume et de pluie par tout le golfe. Les vents E. N. E. au-dessus de la Pointe de Monts sont souvent dans le golfe changés en vents E. S. E. ou $. E. par les hauteurs de la côte sud, et ont ordinairement le même degré de brûme. Je parle de vent d’une force ét d’une durée considérables, et qui probablement s'étendent à de grandes distances.

Il peut surgir des vents doux sans brume dans aucune saison ou loc.lité. Dans l4 première partie de la saison navigable, surtout dans les mois de Mai et d'Avril, il s'élève 1 souvent des vents doux du N. E. ils se retrouvent aussi quelquefois en d’autres saisons, dans UE tontes les parties du Golfe et du Fleuve St. Saurent. [i

Quelquefois le brume dure plusieurs jours de suite, et, pour le navire montant ou descendant il n’y a d'autre guide sûr que l'usage constant de la sonde de mer et celle de fl la charte contenant des sondages corrects. Il

Les brûmes qui accompagnent les gros vents de l’est, montent plus dans l’atmosphère et on ne peut voir par dessus aucune partie du cordage du navire. Elles ne sont cependant PE épaisses que celles qui arrivent dans un calme après de gros vents, et qui

sont tellement condensées, qu'elles ne permettent pas de voir un vaisseau à la portée de la voix ; tandis que les premières permettent quelquefois, pas toujours, de voir la côte et un navire à la distance d'un demi-mille, dans le jour.

Les épaisses brûmes qui arrivent dans nn calme, ou avec des vents très-légers, s'élèvent souvent à une très-petite distance au-dessus de la mer, de sorte que parfois un homme monté à cinquante ou soixante pieds dans le cordage voit ce qu’un autre ne verra pas à cinquante verges du pont. : Dans les mois d'Octobre et de Novembre la brûme et la pluie qui accompagnent les gros vents d'est, sont remplacés par une neige dense, qui embarrasse également le navigateur.

Les vents prévalents, pendant la saison navigable, souffient directement soit en montant ou directement en descendant les bras de ner, en suivant le cours des chaînes de hauteurs de chaque cêté de la grande vallée du St. Laurent.

Aiusi uu veut S. E. dans le wolfe devieut un vent E, N. E. au-dessus de la Pointe des Monts, ét N. E. au-dessus de l'Ile Verte. Les vents ouest ne semblent pas être

autant bouvernésipar lesthauteurs excepté le long de la côte sud, où. nous avons remarqué un veut O.S, O.àl'île du Bic, devenir ouest, 0. N. O. et N. O. tandis que nous descendions en côtoyant !* côte élevée et courbe jusqu'à ce qu'il devint N, N. O. au Cap Gaspé. Ces vents soutflent avec véhémence, souvent, pendant trois ou quatre jours conséeutivement; les vents ouest, étant presque toujours accompagnés d’un temps beau, sec, elair et chaud : les vents de l'est, et c'est souvent le contraire, d’un temps froid et humide, et brumeux. Au printemps ce sont les vents de l'est qui prévalent le plus, soufflant fréquemment pendant plusieurs semaines de suite à mesure que l'été avance, les vents ouest drilens plus fréquents, et on peut dire que c’est le vent S. O. qui est le vent prévalant de l'été, dans le Fleuve et le Golfe. Quelquefois c’est un léger vent du sud; mais les vents du nord ne sont pas fréquents en été bien qu'elles arrivent quelquefois. Des vents posés du N. O, ne souflent pas souvent avant le wiois de Septembre, excepté pendant quelques heures à la fois, alors qu'il suceèdent généralement à ceux de l’est qui sont tombés au calme, formant alors le commencement de gros vents, et tournant ordinairement au S. O. Les vent N. O. est see, avee un ciel brillant et clair, des nuages fuyants, et des ondées. Les vents au nord de l’ouest devienuent plus fréquents après l’équinoxe de l'automne, et sont alors des vents forts et durables.

Dans les mois d'Octobre et de Novembre, le vent N. O. souffle souvent avec une grande force et par coups d'ouragan, accompagné d'ondées passagères de neige et de grêle, suivie d’upe forte gelée.

Les orages ne sont pas rares dans les mois d’Août et Juillet: rarement ils durent plus qu’ne heure où deux, mais le vent qui arrive dans ce moment est ordinairement violent et précipité, surtout quand on est devant une partie de la côte qui est montagneuse on doit donc, à l'épproche de ces orages, abattre promptement les voiles.

Les vents violents virent rarement d’une partie du compas à, une autre, ou presque à l'opposé; ils s'amortissent généralement au calme par degrés, et sont suivis par un vent dans la direction opposée. Je ne veux pas, cependant, dire qu’il ne peuvent pas virer de plusieurs points. Les vents N. O. virent rarement ou jamais du N. ctdu N. E.auS.E.; mais souvent, après avoir été apaisés, ils virent par degrés au $. O. Les vents $. O,. virent raremeut par le N. O. et Nord à l'est, mais quelquefois par le Sud au S. E. et Est, Les vents de l'est prennent ordinairement le calme, et sont suivis de vents venant d’une direction opppsée.

on été dans les vents ouest qui accompagnent le beau temps, une forte et fraîche brise dimipuera en une brise légère ou culme la nuit, et surgira de la même direction le Jendemain matin; c’est alors seulement qu'on pourra s'attendre à avoir une brise de terre venant de la côte nord. J'ai remarqué la même chose pour la côte sud, nais la brise n’était pas si décidée et ners’étendait pas tant au large.

J'ai souveut senti le vent de la côte du nord jusque sur la côte sud, mais n’ai jamais senti celui qui venait sur la côte sud à plus de cinq ou six milles, et cela très-raremeut. Sous les mêmes circonstances, c'est-à-dire, quand le vent ouest de beau temps s’apaise avec le soleil couchant, on trouvera souvent qu'une brise $. O. souffle de la côte nord de l'Anticosti, la nuit et le matin de bonne heure. Cependant, si le Temps n’est pas fixé

au beau ct que le vent ne tombe pas avec le soleil, il sera presque inutile de mener le navire près de la côte dans la nuit, dans l'espoir d’avoir un vent de terre. Tel est le cours habituel des vents dans les saisons communes, dans lesquelles on n'aura probablement pas de gros coups de vent de Mai à Octobre, bien que les brises de ris de humier

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soient assez fréquentes. Parfois, cependant il est des années qui ont un caractère tout-ifait tempestueux. Les ouragans d’une véhémeuce considérable se suivent rapidement et d’endroits opposés.

Le baromôêtre marin, utile en tout temps au navigateur, le devient plus particulièrement pendant ces saisons ; et les remarques suivantes sur ses indications générales, lors-

u’elles sont prises en connexion avec le cours ordinaire des vents et du temps dans le St.

aurent, seront p”' conséquent utiles, Le Baromètre varie de 29 pouces à 30-5, dans le golfe et le fieuve St. Laurent durant la saison navigable ; et ses changements accompagnent ceux des vents et du temps avec un degré de constance remarquable, Les fluctuations alternatives de la colonne barométrique sont plus grandes et plus fréquentes que dans de plus basses latitudes ; et il peut survenir, sans que Île vent ou le temps y corresponde, des changements qui, daus d’autres climats seraient alarmants. Mais le navigateur ne doit pas négliger ces changements insensibles, vu qu’une attention constante à l'instrument peut seule lui faire apprécier justement ces indications décisives du mercure,

ui trompent rarement ou ne trompent jamais. ,Les remarques subséquentes se rattacheront à ces changements marqués qui présagent l'approche d’un vent furieux ou d’un changement de vent ou de temps; de la prévoyance exacte desquels dépend souvent la sûreté du vaisseau et k durée du voyage.

Quand, après une longue durée de vents de l'ouest qui ont fait le beau temps, le baromètre s’est élevé à son plus haut degré, disons un dixième au-dessus de 30 pouces, ou bien, commence à tomber un peu, on peut s'attendre à avoir bientôt un vent nord-est, ou d’est. Si, à ce signe donné par le baromètre, se joint durant le jour une Hi chaude et brumeuse, avec une abondante rosée pendant la nuit, des étoiles très-scintillantes et une aurore boréale colorée, on peut être sû d’avoir un vent de l’est. Si la côte est visible en ce temps, et qu’elle paraïsse contournée remarquablement par la réfraction de la tèrre, et si les vaisseaux visibles ont les proportions relatives de leur corps et de leurs mâts changées par le mirage, ou présentent une image double ou triple, ces signes rendront certaines les indications qui paraissent les plus probables, Au commencement le vent de l’est sera probablement léger, par un beau temps clair, mais cela ne durera pas plus que quelques heures, si 1e Bétométre continue à tomber ; au contraire, le vent: augmentera par degrés, et en même temps le ciel se couvrira peu-à-peu jusqu’à ce que Îles nuages le cernent de toutes parts. Suivront la pluie et la Es qui continueront pendant toute la durée du vent est ou avec peu d’intermission, jusqu'à ce qu’une forte brise venant du côté opposé les dissipe entièrement.

Si le décroissement du baromètre, pendant que le vent de l’est souffle, est lent, ce vent durera, mais ne sera pas bien fort ; s’il est rapide, il sera de courte durée, mais véhément; quoiqu'il en soit quand le mercure tombe à environ 29 pouces, un changement se fait certainement, et sous peu, et la brise viendra généralément du N. O. La force de ce vent subséquent sera mesuré sur la rapidité de la descente du barromètre, et sur la violence du vent est qui l’a prérédé.

Dans ce cus il y a rarement beaucoup d'heures de différence entre les deux vents. Celui de l’est tombe au calme, et dans très-peu d’heures, ou même en moins de temps, le vent N. O. s'élève. Le premier laisse après lui pendant quelque’ témps une mer agitée. Le baromètre se lève pendant le ‘cours de l'intervalle qui gré le vent N. O., et d’autres fois lorsque ce vent commence : il n’y a plus de pluie, ni de brume, et le temps s’éclaircit dans l’espace de quelques heures, parfois immédiatement, Le vent de l’ouest est habituellement fort dans son commencement, et diminue à mesure que le ‘baromètre s'élève, virant par degrés à l’ouest et au S. O. On doit remarquer que les circonstances inentionnées à l’instant sont directement opposées à celles qui accompagnent le vent de l'est. Cette dernière brise commence ordinairement avec un temps clair et un baromètre haut, léger d’abord du sud ou du S. E., et augmentant graduellement pendant qu'elle tourne à l'est, avecun baromètre tombant. ÆRetournons au vent ouest. ‘Si, après s'être viré au S. O. et s'être aprisé, le baromètre reste fixe à une hauteur moyenne, on peut s'attendre à avoir du beau temps. S'il reste À une hauteur considérable, maïs inconsistante cependant et vacillante, dans certaines limites, on peut attendre un temps et'des: vents chan-

eants mais nou orageux. Si, au contraire, il s'élève rapidement 4 une grande hauteur, il est probable que le vent de l’est sera renouvelé. "Nous avons connu des saisons où le baromètre n’était ps sitôt poussé en haut par un vent, qu'il était poussé en bas par un

ant plusieurs mois, tandis que dans d’autres nous aveus eu à peine un seal vent.

Eu effet, il y a tant de différence dans le phénomène du temps dans diférentes saisons qu'il est très-diffieile de rien écrire là-dessus, qui ne serait susceptible de beaucoup d’exceptions. Il y a cependant des cas de connection tr 1rqués entre les indicacations du buromètre et les changements des vents et du temps, qui ont été assujettis à peu d'observation dans le cours de notre propre expérience de fuit ou neuf années, Le premier de ces cas cst celui qui est le plus comiun, et que j'ai déjà essayé de décrire, celui d'un vent nord-est, ou est, avec un baromètre tombant, étant toujours humideet brûmeux, et étant suivi d'une forte brise du côté opposé avec un baromètre ascendant. Un second cas plus rare dans les saisons ordinaires, excepté dans le printemps ou de bonne heure dans l'été, c'est d'un vent est avec un baromètre croissant ; lequel vent s'apaisera, s'adoucira, et finira par amener au bout de quelques heures un temps des plus beaux. Il est un troisième cas que l’on peut compter comme certain ; si, dans aucun temps, le baromètre tombe soudain et beaucoup, c'est un vent très-fort du nord, ou plus probablement dù N. O. qui, nous pouvons être sûrs, surviendra. TIlne s'ensuit pas qu'il sera immédiat, car il peut être précédé d'un vent S. O. pendant quelques heures, durant lequel le buromètre montera rarement, et même, contiauera probablement à tomber ; mais quand le vent $. O. se calme, celui du nord ou du N. O. suivra bientôt, avec un baromètre ascendant. j

Eu terminant, je puis remarquer que, de même que d'un côté le baron:ètre peut tomber considérablement sans qu’une forte brise ne Survienne ; de même, une forte brise peut survenir sans indication Au baromètre, mais rien qui vaille le nom d'ouragan, ou de vent violent. De notre connaissance, il n’est jamais arrivé sans indication du baromètre, de vent si fort qui ait eu des conséquences sérieuses pour un bon navire, Mais il faut remarquer A A élevé dans ce climat-ci est significatif d'un vent nord-est. [l est aussi remarquable que dans le golfe et les bras de mer du St. Laurent, on peut regarder le baromètre élevé comie un signe précurseur d’un temps humide et brûmeux, qui accnnpague ordiuairement sa: chûte. Tandis qu’un baromètre bas rend aussi probable 11 a cewmps see suivra, puisqu'il accompagne souvent sa montée. Je suis parfaiteweri «':v:3 que le baromètre marin : est de la plus grande utilité pour la navigation du golfe :: Ju fleuve St. Laurent, et qu'en suivant exactement ses changements et son état par rapport aux vents et au temps qui les ont précédés, combinés avec les indications fournies par l'apparence du ciel, etc., ces changements du vent et du temps qui doivent s’opérer, pourront être prévus avec assez de certitude pour empêcher que l'on soit surpris sur un riv ge exposé au vent ou sur un endroit de mauvais mouillage, aussi bien que pour uous faire régler notre course, dans la conjecture du changement qui arrivera.

On croit que les compas des vaisseaux se dérangent dans le golfe et le fleuve St. Laurent, et ce dérangement a été attribué aux minéraux magnétiques de fer dans les hauteurs, surtout celles de la côte nord. L’oxigène megnétique de fer existe en abondance, et en quelques, endroits il attire puissamment l'aiguille particulièrement du long de la côte de la Baie des Sept Iles, en allant vers l’est. Au milieu des Iles Mingan, nous avons remarqué que le compas variait de 19° à 31° O. A Portneuf, et à la Pointe Manicouagan, l'aiguille fut aussi dérangée; mais ces effets ne furent reizarqués que lorsque l’aiguille était posée sur la côte. Dans deux cas seulement, quand nous naviguions à deux inilles de terre, nous avons remarqué un pareil effet sur les compas à bord du Gulnare, (le navire sur Jequel l'essai fut fait), ct alors la variation n'était que de quelques degrés, Nous n'avons'counu rien de semblable quor.d nous passions d'une place à l’autre, à de plus grandes distance de la côte ; .de sorte que je suis sûr, que de neuf cas entre dix. où cette source de jugeînent erroné a été alléguée comme étant la cause d'accidents arrivés aux navires, !ils ont été causés Soit par une erreur d& la charte, soit par l'attraction locale à bord des vaisseaux eux-mêines.

Les Coura!;rs, etc.—L'Amiral Bayfield. dit: ‘ C'est l'opinion générale, qu'un courant se porte Constamment dans son origine vers le sua-est en dehors du guie St. Laurent, entre Terreneuve et l'Ile du Cap Breton, aussi qu'il est fréquemment détourné vers le sud, vers les côtes de l’île nommée en dernier lieu, par un autre courant venant du nord, qui est dit entrer dans.le golfe par le Détroit de Belle-Isle.

J'ai moi-même obseryé qu'un-courant part d’entre le Cap Rz2y ei l'Ile St. Paul, lorsque Je temps est beau et que le vent vient de l'ouest, mais ilest détourné par les vents de l’est, et je crois Qu'il peut Courir dans un sens contraire par la même cause. Les vents rd, et peut-être aussi le courant ci-desstts mentionné venant du nord, peut en faire di-

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