‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 36 sur 55 · A L EXAMEN DE CONSCIENCE. IOJ · texte numérisé non relu

A L EXAMEN DE CONSCIENCE. IOJ

les peuples, mais cette loi doit pouvoir tout sur lui. Le père commun de la grande famille ne lui a confié ses enfants que pour les rendre heureux : il veut qu'un seul homme serve par sa sagesse à la félicité de tant d'hommes , et non que tant d'hommes servent par leur misère à flatter l'orgueil d'un seul. Ce n'est pointpour lui-même que Dieu l'a fait roi , il ne Test que pour être l'homme des peuples ; et il n'est digne de la royauté , qu'autant qu'il s'oublie pour le bien public.

Le despotisme tyrannique des souverains est un attentat sur les droits de la fraternité humaine : c'est renverser la grande et sage loi de la nature , dont ils ne doivent être que les conservateurs.

Le despotisme de la multitude est une puissance folle et aveugle qui se tourne contre elle-même : un peuple gâté par une liberté excessive est le plusinsuppor-

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table de tous les tyrans. La sagesse de tout gouvernement, quel qu'il soit , consiste à trouver le juste milieu entre ces deux extrémités affreuses, dans une liberté modérée par la seule autorité des lois. Mais les hommes, aveugles et ennemis d'eux-mêmes, ne sauroient se borner à ce juste milieu.

Triste état de la nature humaine ! les souverains , jaloux de leur autorité , veulent toujours l'étendre: les peuples , passionnés pour leur liberté, veulent touj ours l'augmenter. Il vaut mieux cependant souffrir, pour l'amour de l'ordre, les maux inévitables dans tous les Etats, même les plus réglés, que de secouer le joug de toute autorité en se livrant sans cesse aux fureurs de la multitude qui agit sans règle et sans loi. Quand l'autorité souveraine est donc une fois fixée,* par les lois fondamentales , dans un seul ,

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