A L EXAMEN DE CONSCIENCE
« jamais persuader les hommes : elle ne « fait que des hypocrites. Quand les Rois « se mêlent de religion , au lieu de la « protéger , ils la mettent en servitude, « Accordez à tous la tolérance civile : non « en approuvant tout , comme indiffé- « rent , mais en souffrant avec patience « tout ce que Dieu souffre , et en tâchant « de ramener les hommes par une douce « persuasion.
« Considérez attentivement quels sont « les avantages que vous pouvez tirer de « la forme du gouvernement de votre « pays , et des égards que vous devez « avoir pour votre sénat. Ce tribunal « ne peut rien sans vous. N'êtes - vous « pas assez puissant ? Vous ne pouvez « rien sans lui. N'êtes -vous pas assez « heureux d'être libre pour faire tout le « bien que vous voudriez , et d'avoir les » mains liées quand vous voudriez faire
I l8 SUPP. A L EX. DE CONSCIENCE.
« du mal ? Tout prince sage doit sou- « haiter de n'être que l'exécuteur des lois, « et d'avoir un conseil suprême qui mo- « dère son autorité. L'autorité paternelle « est le premier modèle des gouverne- « ment s . Tout bon père doit agir de con- « cert avec ses enfants les plus sages et « les plus expérimentés. »
Le Télémaque où V utile se trouve si industrieusement et si sagement enchâssé parmi Y agréable , est tout rempli de semr blables conseils, qu'il seroit extrêmement à souhaiter pour le bonheur du genre humain, que les souverains de tous les Etats voulussent bien écouter et suivre , mais qu'il seroit tout-à-fait superflu de transcrire ici, vu que cet excellent ouvrage se rencontre partout , et. entre les mains de tout le monde.
LETTRE
DE FÉNÉLON