‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 40 sur 55 · A LOUIS XIV · texte numérisé non relu

A LOUIS XIV

tout mérite éclatant , le goût des hommes souples et rampants , la hauteur, et l'attention à votre seul intérêt.

Depuis environ trente ans, vos principaux ministres ont ébranlé et renversé toutes les anciennes maximes de l'Etat, pour faire monter jusqu'au comble votre autorité , qui étoit devenue laleur, parce qu'elle étoit dans leurs mains. On n'a plus parlé de l'Etat ni des règles ; on n'a parlé que du Roi et de son bon plaisir.

On a poussé vos revenus et vos dépenses à l'infini. On vous a élevé jusqu'au ciel pour avoir effacé, disoit-on, la grandeur de tous vos prédécesseurs ensemble , c'est-à-dire pour avoir appauvri la France entière , afin d'introduire à la cour un luxe monstrueux et incurable. Ils ont voulu vous élever sur les ruines de toutes les conditions de l'Etat , comme si vous

pouviez être grand en ruinant tous vos

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sujets sur qui votre grandeur est fondée; Il est vrai que vous avez été jaloux de l'autorité , peut-être même trop dans les choses extérieures ; mais pour le fond chaque ministre a été le maître dans retendue de son administration. Vous avez cru gouverner , parce que vous ayez réglé les limites entre ceux qui gouvernoicnt. Ils ont bien montré au public leur puissance, et on ne l'a que trop sentie. Us ont été durs, hautains, injustes, violents, de mauvaise foi. Ils n'ont connu d'autre règle, ni pour l'administration du dedans de l'Etat , ni pour les négociations étrangères , que de menacer , que d'écraser, que d'anéantir tout ce qui leur résistoit. Ils ne vous ont parlé que pour écarter de vous tout mérite qui pouvoit leur faire ombrage. Ils vous ont accoutumé à recevoir sans cesse des louanges outrées qui vont jusqu'à l'idolâtrie , et

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