‹ Directions spirituelles a l'usage des clercsChapitre 22 sur 55 · II. — Qu'est-ce que cette croix, sinon la contradiction · texte numérisé non relu

II. — Qu'est-ce que cette croix, sinon la contradiction

MortiOcations, soit passives, soit actives : peines d'état, croix de providence, peines volontaires. — En fait de peines volontaires, voici la limite où s'arrêter : ne rien faire qui puisse abréger notre vie, engendrer des maladies, altérer notre constitution ou nous rendre impropre à nos devoirs d'état. Le reste est laissé à notre ferveur et aux inspirations de la grâce.

On tue la mauvaise nature, surtout en la tenant à jeun de tout ce qui entretient sa vie en nous.

Jejuna a peccafo: le jeune moral, répète souvent saint Augustin, consiste à s'abstenir de tout

b» DIRECTIONS SPIRITUELLES A L USAGE DES CLERf.S.

péché : fautes d'habitude, d'affection, de propos délibéré; restes de nos péchés, fautes de surprise, imperfections volontaires; travaillons à les rendre du moins plus rares par la vigilance et les précautions.

Jejuna asuperfluo, se retrancher tout superflu : meubles, table, vêtements, sommeil; lectures, études; affections, pensées. Le carême est le printemps des âmes; il faut retrancher le bois mort et les branches inutiles : c'est le temps des émondes, piirgabil eum ut f rue tum plus affer<it.

Jejuna a delectatione in necessario, être fidèle à jeûner du plaisir dans l'usage du nécessaire; se restreindre à l'usage utile des créatures, s'en retrancher l'usage agréable, uti, non frui; servir au corps ses besoins, lui refuser ses désirs; réprouver les flatteries des sens, du goût, du tact, etc.

On ne meurt qu'une fois; si nous avons le courage d'opérer cette mort vive, active, vertueuse, prolongée, l'autre mort sera pour nous une délivrance, l'aurore et le prélude de la vraie vie.

« Il n'y a que les morts qui vivent, » aimait à répéter le P. de Ravignan.

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