EUCHARISTIE
Les Fêtes-Dieu suivent de près le temps pascal consacré à l'exercice des trois vertus théologales dont l'appareil constitue en nous la vie divine. Or r Eucharistie est le dernier mot de l'amour de Dieu pour l'homme: c'est une perpétuelle provocation à aimer qui nous doit piquer d'émulation. Que ne pouvons-nous lui rendre autant qu'elle nous donne! L'incrédulité, à vrai dire, paraîtrait plus excusable que lindifférence, en face d'un tabernacle.
Le prêtre est d'ordre eucharistique, tu es sacerdos secuudum ordinem Melchisedech ; sa personne est acquise au Saint Sacrement, c'est là son unique raison d'être : Omnis pontifex... ut offeral. C'est là le vrai point de vue et la perspective divine du sacerdoce : de ces horizons combien il apparaît grand, inluemini quantus sit hic.
Voilà pourquoi le ministère aboutit à préparer les enfants à leur premier banquet, les pécheurs aux Pâques, les malades au saint viatique, les personnes pieuses à une communion plus fréquente et plus fervente.
'Jfi DIHECTIONS SPIRITUELLES
De même, la vie spirituelle du prêtre gravite autour du tabernacle et de l'autel. La liturgie est l'auréole et le rayonnement de TEucharistie; l'office a pour axe le sacrifice, comme, le matin, l'oraison avant et l'action de grâces après la communion, comme, le soir, la visite et la lecture spirituelle, en vue du sacrifice du lendemain.
Donc que notre devise soit : tout pour l'Eucharistie (nous venons de voir pourquoi) ; tout avec elle et comme elle : avec l'Eucharistie^ en lui rendant à notre tour, si faire se pouvait, une présence réelle, effective et corporelle, universelle et perpétuelle, la visitant partout où nous la rencontrons, prolongeant nos entrevues ou rachetant leur brièveté par leur fréquence, restant de cœur au ciboire, lorsque de corps le devoir nous réclame ailleurs. Ainsi le son des cloches sera pour l'oveille du cœur l'appel de l'hostie, vox Dilecti : « Mon âme s'est fondue d'aise, quand le Bien- Aimé a parlé. » Nous aurons à cœur de saluer le Très Saint Sacrement en passant près de l'oratoire, de nous orienter en étude et dans nos voyages sur le tabernacle, mieux que l'aigle de Napoléon qui volait de clocher en clocher: uhi corpus, illuc... et aquilœ.
Tout comme l'Eucharistie, par une vie de retraite et de silence, de prière et de sacrifice.