II. — Messe
Quant au sacrifice de la Messe, si la religion n'a rien de plus tendre que la communion, elle ne connaît rien de plus sublime que la Messe.
Nous la célébrerons un jour comme nous l'entendons et la servons présentement.
"Voici différentes méthodes pour en profiter : s'offrir, s'immoler, s'unir, trois actes qui résument
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ht^ureusement la Messe; ou adopter la méthode des quatre fins, selon le B. Léonard de Port- Maurice; ou mieux, suivre, en union avec le prêtre, l'ordinaire de la Messe et jusqu'au Propre du Missel pour chaque jour.
Même en se conformant au célébrant, on peut parer à la monotonie quentraine l'uniformité par divers procédés.
En voici qui s'inspirent de la nature même du sacrifice de la Messe.
i ' La Messe d'après la d'^ne : l'église nous apparaît comme un nouveau Cénacle, le prêtre comme un autre Jésus- Christ. Notre-Seigneur a dit : « Vous voyez ce que j'ai fait; vous aussi, faites de même » : or l'Église a calqué sur la Cène les différentes parties de la Messe. Accpit panem... accipieus calicem, voilà l'offertoire; gralias arjens, c'est la préface ; honedixit, les trente et quelques signes décrois du canon de la Messe; fregit, la fraction du pain; dédit, la communion.
Cette méthode présente un à-propos spécial tous les jeudis de l'année et durant les offices du Saint Sacrement.
2'^ La Messe d'après la Passion s'inspire de l'Apôtre : mortem Domini annuntiabitis. — Qu'est-ce que la Messe, en effet? un mémorial, une Teprésentation, la continuation et l'application même du sacrifice de la croix. Il va un rapport sensible, étroit, aisé à saisir, entre le prêtre avec ses insignes, la messe avec ses phases et le drame de
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la Passion. Nous en laissons le délail aux manuels de piété.
Cette méthode convient au temps de la Passion, aux l'êtes de la croix et à tous les vendredis de l'année.
3° Une dernière méthode, aussi ingénieuse que solide, nous est familière : nous nous permettons de l'exposer sans prétendre l'imposer à personne. Elle consiste à partager la Messe en trois sacrilices : du début à l'offertoire, de l'offertoire au ranon, du canon jusqu'à la lin de la Messe.
a) Le premier sacrifice est purement spirituel et affectif ou par disposition du cœur. J'expie au Co)ifih'oi\ j'adore au A'y/'/e, je remercie au Gloria, je demande à la Collecte; ce qui suit est une communion en rapport avec ce sacrifice tout spirituel et mental : communion de mon intelligence au Verbe de Dieu à l'Épitre, avec le Graduel pour action de grâces; au Verbe de Dieu dans rF]vangile, avec le Credo pour action de grâces, les jours où il est prescrit.
h) Je passe à l'ofïertoire et au sacrifice effectif, et je me rappelle que Jésus-Christ a deux corps : un corps mystique et un corps réel; son corps mystique qui est l'Église, il l'offre à son Père à l'offertoire ; de là l'importance de cette partie qui occupe un tiers de toute la Messe. Sacrifice mijs~ tiiiue et symbolique : le pain, le vin et l'eau figurant l'Église avec ses Vierges, ses Martyrs et ses Pénitents, ou exprimant, si l'on s'en tient au
saint du jour, la pureté, l'amour, la pénitence qu'il a pratiqués, .le m'efforce d'avoir, moi aussi, à placer sur la patène, à côté des mérites de notre saint, quelques victoires sur mes passions, avec le vin quelques actes d'amour et de zèle, avec l'eau quelques gouttes de sueur ou quelques larmes répandues au service de mon Sauveur.
c) Au canon de la Messe, je me rappelle que Notre-Seigneur a été l'agent premier et principal de tout le bien opéré par les saints; qu'il se les est assimilés en les transformant en son divin intérieur; je les écarte alors doucement de ma mémoire pour me concentrer sur l'adorable "Victime qui se substitue à eux, au moment de la consécration, par un sacrifice effectif et réel, verum et jrroprium sacrificium. La première consécration le fixe sur l'autel à l'état de victime, en parure et attitude de sacrifice, muet, immobile, pieds et mains liés sur la pierre de l'autel. Mais la seconde consécration seule a tendance et vertu de le constituer en acte de sacrifice, de lui donner le coup de grâce, d'isoler (n'était la loi des corps glorieux] le sang du corps, de produire la mort, une mort violente d'un corps épuisé de sang, une mort par là semblable à celle de la croix; et toutefois, comme ce sacrifice, relatif au Calvaire, est avant tout applicatif de ses mérites, le tout se passe sous les dehors du pain et du vin. « Mangez ma chair, buvez mon sang, » nous dit-il à nouveau, pour qu'il demeure constant que je suis mort, à
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proprement parler, au Calvaire pour chacun de vous : aclMbens verbum j^i'O gladio... gladio verhorwn sanguis sep'iralur a corpore.