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Constitution " Conditae a Christo

Sanctissimi Domini nostri Leonis divina providentia

Papae XIII Constitutio Apostolica

De Religiosorum Institutis vota simplicia profitentium.

Léo episcopus servus .servorum Dei ad perpétua m rei memoriam.

Conditae a Christo Ecclesiae ea vis divinitus inest ac fecunditas, ut multas anteactis

Constitution Apostolique de notre Saint-Père le Pape

Léon XIII

Pape par la divine Providence, sur les Instituts de religieux à vœux simples.

Léon, Evêque serviteur des serviteurs de Dieu, pour perpétuelle mémoire.

L'Eglise fondée par Jésus- Christ possède, de droit divin, une force et une fécondité

temporibus, plurimas aetate hac elabente utriusque sexus tamquam familias ediderit, quae, sacro votonim slmpliclum suscepto vinculo seu variis religionis et misericordiae operibus sancte devovere contendunt.

Quae quidem pleraeque urgente caritate Christi, singularis civitatis vel dioecesis praetergressae angustias, adeptaeque, unius eiusdemque vi legis communisque regiminis, perfectae quamdam consociationis speciem, latius in dies proferuntur.

Duplex porro earundem est ratio: aliae quae Episcoporum solummodo approbationem nactae, ob eam rem dioecesanae appellantur; aliae vero de quibus praeterea Romani Pontifias sententia intercessit, seu quod ipsarum leges ac statuta recognoverit, seu quod insuper commendationem ipsis approbationemve impertiverit.

lam in binas huiusmodi religiosarum Familiarum classes quaenam Episcoporum iura esse oporteat, quaeque vicissim illarum in Episcopos officia, sunt qui opinentur incertum controversumque manere. — Profecto, ad dioecesanas consociationes quod attinet, res non ita se dat laboriosam ad expediendam ; eae quippe una inductae sunt atque vigent Antistitum sacrorum auctoritate. At gravior sane quaestio de ceteris oritur, quae Apostolicae Sedis comproba-

telles qu'Elle a donné le jour dans les temps passés à un grand nombre, et dans le siècle qui s'achève, à un nombre plus grand encore de familles religieuses de l'un et l'autre sexe, qui, s'obligeant par le lien sacré de vœux simples, ont pour but de se consacrer saintement aux diverses œuvres de religion et miséricorde. La plupart d'entre elles, pressées par la charité du Christ, ont franchi les limites trop étroites de telle ville ou de tel diocèse et, ayant acquis, par la force d'une seule et même règle et d'une direction commune, la forme d'une congrégation parfaite, s'étendent plus largement de jour en jour.

Or ces congrégations sont de deux sortes: les unes qui, ayant reçu seulement l'approbation des Evêques, sont appelées pour cette raison diocésaines, les autres en faveur desquelles, en outre une décision du Pontife Romain est intervenue, soit qu'il leur ait reconnu leurs droits et statuts, soit qu'il leur ait accordé par surcroît sa recommandation et son approbation.

D'aucuns estiment incertain et controversé le point de savoir quels droits les Evêques doivent avoir sur ces deux catégories de familles religieuses, et réciproquement quels devoirs elles ont envers leurs Evêques. A la vérité, en ce qui concerne les congrégations diocésaines, la question n'est pas aussi difficile à résoudre; en effet elles ont été établies et elles subsistent par la seule autorité des Evêques. Mais un problème autrement grave se

CONSTITUTION " CONDITAE A CHRISTO "

tione sunt auctae. Quia iiimirum in diœceses plures propagantur, ' eodemque ubique iure unoque utuntur regimine; ideo Episcoporum in illas auctoritatem opiis est temperationem quandani admittere certosque limites. Qui limites quatenus pertinere debeant, coiligere licet ex ipsa decernendi ratione Sedi Apostolicae consueta in huiusmodi consociationibiis approbandis, sciiicet certam aliquam Congregationem approbari ut piam societatem votorum simplicium, sub regimine Moderatoris generalis, salva Ordinariorum iurisdictione, ad formam sacrornm canomim et Apostolicarum constitutionum.

— lam vero perspicuum unde fit taies Consociationes neque in diœcesanis censeri, neque Episcopis subesse posse nisi intra fines diœcesis cuiusque, incolumi tamen supremi earumdem Moderatoris administratione ac regimine. Qua igitur ratione summis Societatum harum Praesidibus in Episcoporum iura et potestatem nef as est invadere; eadern Episcopi prohibentur ne quid sibi de Praesidum ipsorum auctoritate arrogent. Secus enim si fieret.

toT moderatores istis Congregationibus accédèrent, quot Episcopi quorum in dioecesibus alumni earum versentur ; actumque esset de administrationis unitate ac regiminis.

pose au sujet des autres, qui ont été honorées de l'approbation du Saint-Siège. De fait elles s'étendent à plusieurs diocèses, et partout elles suivent les mêmes règles et sont soumises à une direction unique. En conséquence, il est nécessaire que l'autorité des Evêques subisse à leur endroit une certaine atténuation et soit contenue dans des limites déterminées. Jusqu'où doivent s'étendre ces limites, on peut le déduire de la façon même dont le Siège .Apostolique a coutume de décréter l'approbation de ces sortes d'associations, laquelle consiste à approuver telle congrégation comme une société religieuse à vœux simples sous l'autorité d'un Supérieur général, réserve faite de la juridiction des Ordinaires, et conformément aux saints canons et aux constitutions apostoliques. De là. il devient clair que de telles congrégations ne peuvent ni être classées parmi les diocésaines, ni être assujetties aux Evêques, si ce n'est dans les limites de chaque diocèse, sans préjudice cependant de l'autorité et de la direction de leur premier Supérieur. Pour cette raison, il serait funeste que les Supérieurs de ces congrétions empiétassent sur les droits et sur l'autorité des Evêques, et la même règle interdit aux Evêques de s'arroger quelque chose de l'autorité des Supérieurs eux-mêmes. S'il en était autrement, ces congrégations auraient autant de supérieurs qu'il y aurait d'Evêques dans les diocèses desquels leurs membres résideraient, et c'en serait fait de

A'^PENDICES m.

Concordem atque unanimem Praesidum Congregationiim atque Episcoporum auctoritatem esse oportet; at ideo necesse est alteros alterorum iura pernoscere atque intégra custodire.

Id autem ut omni submota controversia, plene in posterum fiât, et ut Antistitum sacrorum potestas quam Nos, uti par est, inviolatam usquequaque volumus, nihil uspiam détriment! capiat: ex consulte sacri Consilii Episcopis ac Religiosorum ordinibus praepositi, duo praescriptionum capita edicere visum est: alterum de Sodalitatibus quae Sedis Apostolicae commendationem vel approbationem nondum sunt assecutae, alterum de ceteris, quarum. Sedes Apostolica vel leges recognovit vel institutum commendavit aut approhavit.

Caput primum haec hahet servanda:

I. Episcopi est quanilibet recens natam sodalitatem non prius in dioecesim recipere, quam leges eius constitutionesque cognorit itemque probarit; si videlicet neque fidei honestative morum, neque sacris canonibus et Pontificum dccretis adversentur, et si apte statuto fini conveniant.

M. Domus nulla novarum sodalitatum iusto iure fundabitur, nisi annuente probante

l'unité de discipline et de direction.

il faut que l'autorité des Supérieurs de congrégations et celle des Evêques soient d'accord et unanimes, mais pour cela il est nécessaire que les uns connaissent et respectent scrupuleusement les droits des autres.

Pour qu'il en soit ainsi à l'avenir, toute controverse écartée, et pour que l'autorité des Evêques, que nous voulons voir partout intacte, comme il est juste, ne subisse nulle part aucun préjudice, il a paru nécessaire d'édicter, d'après l'avis de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, deux chapitres de prescriptions, l'un pour les associations qui n'ont pas encore obtenu la recommandation ou l'approbation du Siège Apostolique, et l'autre pour celles dont le Siège Apostolique a reconnu les statuts ou a recommandé ou approuvé l'institution.

La première catégorie de prescriptions comprend les règles suivantes:

I. 11 appartient à l'Evèque de ne pas accepter dans son diocèse une congrégation quelconque récemment fondée, avant d'en avoir connu et approuvé les règles et les constitutions, et d'avoir vu si elles ne contiennent rien de contraire à la foi, à la saine morale, aux sacrés canons et aux décrets des Souverains Pontifes, et si elles sont conformes au but que la congrégation se propose.

H. Aucune maison de congrégations nouvelles ne pourra être régulièrement fondée

CONSTITUTION " CONDITAE A CHRISTO

Episcopo. Episcopus vero fundandi veniam ne impertiat. nisi i'iC|iiisitione diligenter acta quales sint qui id postant; an recte probeque sentiant, an prudentia praediti. an studio divinae gloriae, suaeque tt alienae sahitis praecipiit- ducti.

III. Episcopi, quoad fii'ii possit. potius quam novani in al'quo génère sodalitatem condant vel approbent, utilius unam quàndam adsciscent de iam approbatis, qiiae actionis institutum profiteatur adsimile.

— Nullae fere, ni forte in Missionum regionibus probentur sodalitates, qiiac. certo proprioque fine non praestituto, quaevis universe pietatis ac beneficentiae opéra etiamsi penitus inter se disiuncta, exercenda amplectantur.

Episcopi sodalitatem condi ullam ne siverint, quae redditibus careat ad sodalium victum necessariis. — Sodalicia quae stipe collaticia vivant; item muiiebres familias quae aegrotis, demi ipsorum, interdiu noctuque adsint, cautissime, quin etiam difficulter comprobent.

Si quae autem nova feminarum sodalitas eo spectet ut suis in aedibus valetudinaria aperiat viris promiscue mulieribusve excipiendis; vel similes domos excipiendis sacerdotibus qui sororum cura atque opéra aegrotantes leventur :

qu'avec l'assentiment et l'approbation de l'Evêque. Celuici ne devra donner son autorisation qu'après s'être assuré avec soin de ce que sont lespersonnes qui la lui demandent, si elles ont des sentiments droits et honnêtes, si elles sont douées de sagesse, guidées par le zèle de la gloire divine, par le désir d'assurer leur salut et celui d'autrui.

III. Les Evêques autant que faire se pourra, plutôt que de fonder ou d'approuver une congrégation nouvelle. s'en adjoindront plus utilement une prise parmi celles qui ont un but analogue. — Si ce n'est peut-être dans les pays de missions, on ne devra approuver aucune congrégation qui.

sans se proposer un but fixe et spécial, entreprenne d'accomplir n'importe quelles œuvres de piété et de bienfaisance, même entièrement différentes les unes des autres.

Les Evêques ne devront permettre la fondation d'aucune congrégation qui soit dépourvue des revenus nécessaires à la subsistance de ses membres.

— Ils n'approuveront qu'avec beaucoup de précautions et même avec beaucoup de difficultés, les congrégations qui vivraient d'aumônes et aussi les familles religieuses de femmes qui assisteraient les malades à domicile, le jour et la nuit.

Si quelque congrégation nouvelle de femmes se propose d'ouvrir dans ses maisons des hôpitaux où seront reçus ensemble des hommes et des femmes, ou encore des asiles semblables réservés aux prêtres naïades qui recevraient le»

AfPENDICES m.

eiusmodi proposita Episcopi ne probent, nisi maturo adhibito severoque consilio.

Praeterea Episcopi religiosanim domus, ubi viris feminisve peregre advenientibus hospitium victusque accepte pretio suppeditetur, nequaquam permittant.

IV. Sodalitas quaevis dioecesana ad dioeceses alias ne transgrediatur, nisi consentiente utroque Episcopo, tum loci inde excédât, tum loci qiio velit commigrare.

V. Sodalitatem dioecesanam si ad dioeceses alias propagari accidat, nihil de ipsiiis natura et legibus mutari liceat, nisi singulorum Episcoporum consensu, quorum in dioecesihus aedes habeat.

VI. Semel approbatae sodalitates, ne extinguantur, nisi gravibus de causis, et consentientibus Episcopis, quorum in ditione fuerint. Singulares tamen domos Episcopis, in sua cuique dioecesi, tollere îas est.

VII. De puellis habitum religiosum petentibus, item de iis quae, probatione expleta, emissurae sint vota, Episcopus singulatim certior fiât :

eiusdem erit illas et de more explorare et, nihil si obstet, admittere.

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