PROFESSION ET SERVICE MILITAIRE
pour cette période d'exemption, ou bien les vœux temporaires faits jusqu'au moment de l'exemption définitive restent en vigueur. — Rien n'empêche toutefois qu'ils ne puissent faire des vœux privés et de pure dévotion.
169. La S. Congr. des Religieux concède toutefois que, durant la dernière année d'études, les jeunes religieux qui ont manifesté l'intention bien arrêtée de se dévouer aux missions étrangères et d'y demeurer le temps fixé par la loi afin d'obtenir l'exemption complète du service militaire, puissent être admis aux vœux perpétuels et même être promus aux ordres sacrés, pourvu qu'ils prêtent auparavant le serment de servir dans les missions durant tout le temps fixé par la loi militaire à l'effet d'obtenir l'exemption définitive du service, la conscience des Supérieurs étant onérée quant à l'accomplissement du serment (1 ).
170. Durant la période du service, le religieux, n'étant astreint à aucun vœu, peut librement abandonner l'Institut et rentrer dans le monde ; il est en ce point dans la même situation que le novice. S'il se décide à laisser l'Institut, il doit en faire déclaration par écrit ou par devant témoins aux Supérieurs, et cette déclaration doit être soigneusement conservée dans les archives (2). L'Institut de son côté peut, pour de justes et raisonnables motifs, le renvoyer. Si ni l'une ni l'autre hypothèse, n'existe, le religieux demeure sous l'autorité de ses Supérieurs.
171. Personne n'ignore les dangers que courent les vocations soit ecclésiastiques soit religieuses à la caserne. Aussi la S. C. des Religieux exhorte-t-elle vivement les religieux astreints au service militaire à se mettre en garde contre ces dangers et à se comporter en tout et partout en religieux. Far conséquent ils doivent éviter les lieux et les réunions suspectes, les théâtres, les bals, cafés-concerts, spectacles publics, les mauvaises compagnies, les conversations mal-
Ci) Dec), cit. de la S. C des Religieux ad 6.
(2) Si la déclaration est faite devant ténuiins t-Uf stT.-i mis,' par l'-crit et envoyée au Supérieur.
séantes, les lectures contraires à la foi et à la morale, ainsi que ceux qui seraient suspects de tenir de semblables doctrines. Au contraire qu'ils fréquentent les églises, les sacrements, autant que la chose leur sera possible, ainsi que les cercles catholiques ou autres lieux semblables, où ils peuvent se récréer et s'instruire.
172. Si dans l'endroit où ils sont en garnison, il y a une maison de l'Institut, ils doivent la fréquenter et demeurer sous la surveillance immédiate du Supérieur. S'il n'y en a pas, et ce sera probablement le cas ordinaire, ou bien s'ils ne peuvent la fréquenter aisément, qu'ils entretiennent du moins des relations intimes et fréquentes avec le prêtre désigné par l'Ordinaire du lieu pour veiller sur ces religieux, en sorte qu'en cas de changement de garnison, ce prêtre puisse donner témoignage de leur bonne conduite et de leur piété. Si aucun prêtre n'a été désigné à cette fin par l'Ordinaire, qu'ils en choisissent un et le fassent savoir à leurs Supérieurs, qui prendront auprès de l'Ordinaire des informations utiles sur les mœurs, la doctrine et la prudence de ce prêtre. En outre qu'ils demeurent en relations épistolaires soit avec leurs Supérieurs soit avec un confrère désigné par ceux-ci, auquel ils rendront compte de leur vie, de leur changement de garnison et surtout lui pourront donner le nom du prêtre qui les dirige.
De leur côté les Supérieurs soit généraux soit provinciaux, et même locaux, selon les usages propres à chaque Institut, soit par eux-mêmes soit par un membre de l'Institut, sont tenus en conscience de prendre des informations exactes sur la vie, les mœurs de leurs religieux astreints au service militaire. Il leur conscience de prendre des informations exactes sur la vie, les gnés pour veiller sur ces religieux ou bien que ceux-ci ,'ont choisis.
D'aucuns pourraient peut-être trouver ces prescriptions trop minutieuses ou trop sévères ; bien au contraire, on ne peut assez se prémunir contre les dangers que peuvent courir soit les religieux dans leur vocation soit l'Institut dans sa discipline, par suite de l'obligation où sont ces religieux d'être astreints au service militaire. L'expérience du reste a prouvé depuis longtemps non seulementj'utilité, mais aussi la nécessité de pareilles mesures.