LA VIE DE DEUÉNALLT XXVII
de l\hne'! C'est vraisemblable. L'aiileur de L'Ethique sourit de pitié eu présence des imaginations de Debénault qui rentra à Paris complètement désillusionné. Nous en avons la preuve dans la publication qu'il fait de ses OEuvres diverses, réunion de morceaux détachés, sans grande importance Mont le principal' s'égarera quelques années plus tard dans les OEuvres de Sain f-Evremond ) en excluant son adaptation de Lucrèce ou du moins la partie déjà composée. Peut-être a-t-il reculé devant les audaces quelle contenait, qui, ajoutées à celles de son imitalion du second chœur de La Troade de Senèque, celle-là en bonne place, auraient été capables de lui valoir la qualification d'atliée ; isolé, le tragique latin sauvait la face. Evidemment ce n'est pas sans intention que Dehénault avait choisi ce passage :
Comme au souffle des Aquilons, On voit bientôt é'v'nnouie
l'ne grosse nuée, ou de gresle, ou de pluye,
Qui d'un déluge affreux menaç'oit les vaHons : Ainsi s'épand cette âme vaine
Qui meut tous les ressorts de la Machine humaine.
Tout meurt en nous, quand nous mourons. La mort ne laisse rien, et n'est rien elle-mesme : Du peu de temps que nous durons, Ce n'est que le moment extrême.
Cesse de craindre ou d'espérer
Cet avenir qui la doit suivre.
Que la peur d'estre éteint, que l'espoir de revivre, Dans ce sombre avenir cessent de t'égarer ;
L'eslat dont la mort est suivie, Est semblable à Testât qui précède la vie.
Nous sommes dévorez du temps.
La Nature au chaos sans cesse nous rappelle, l'aile entretient à nos dépens Sa vicissitude éternelle.
Comme elle nous a tout donné, Elle aussi reprend tou^ notre Estre; Le malheur de mourir égale Theur de naistre,
\. De lu Comoliilioii. A Olympe. Cette pièce a été imprimée dans les Œuvres Mêlées de monsieur de Sainl-Evremond, T. IV. 169-2 ; elle a fait l'objet d'une critique assez vive de Cotolendi, sous le nom de Dumonl, insérée dans la Dissertation sur les OEuvres mêlées de .M. de Suint-Evremond, l'aris. Me. Le Clerc, I69S, in 12.