‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 2)Chapitre 24 sur 93 · XXVIII LA VIE DE DEIIÉNAULT · texte numérisé non relu

XXVIII LA VIE DE DEIIÉNAULT

Et l'homme meurt entier, comme entier il est né.

La mort, sans soulTrir de partage, Confond lame et le corps, et leur fait mesme outrage.

Tout ce qu'on nous dit des Enfers, Et du Tyran qui règne en ces Royaumes sombres. Ces cachots, ces feux, et ces fers, Où sont les criminelles Ombres;

Ce Monstre si prodigieux,

Et ce Portier si redoutable, Qui rend du noir Palais l'entrée épouvantable, Et qui fait fuir bien loin les mortels curieux;

Tout cela n'est, ou qu'un mensonge, Ou qu'un discours en l'air, ou que l'horreur d'un songe '

Disons, à sa décharge, que Dehénault avait simplement marché sur les traces de Cyrano de Bergerac, en prenant cependant plusde précautions pour se défendre, lecas échéant:

AGRirriNE

Mais as-tu de la mort contemplé le visage? Conçois-tu bien. Vhorreur de cet affreux passaqe? Connois-tu le désordre où tombent leurs accords, Quand rame se déprend des attaches du corps? L'image du tombeau qui nous tient compagnie, Qui trouble de nos sens la paisible harmonie, Et ces derniers sanglots dont avec tant de bruit La Nature épouvante un Homme qui s'enfuit? Voilà de ton Destin le terme épouvantable.

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