LU , AUTOGRAPHES DE DEHÉNAULT
titre : Etat d'une imposition levée concurremment avec le denier du quartier d'hiver des gens de guerre^ affectée au paiement du bureau. Parmi les pièces qui composent ce registre se trouve : L'état du bureau des tailles de l'élection de Saint-Etienne dressé par Jean d'Hénault.
11 reste fort peu de pièces libertines de Dehéaault; il a négligé de les conserver pendant sa vie ou il les a détruites avant sa mort. Les recueils manuscrits du temps ne paraissent pas en contenir de copies.
TRADUCTION DU GOiMMENCEMENT DU POÈME DE LUCRÈCE'
(l'invocation a venus)
Déesse dont îe sany a formé nos Ayeux,
Toy qui fais le plaisir des hommes cl des Dieux,
Qui par un doux pouvoir régnant sur tout le monde,
Rends et la Mer peuplée, et la Terre féconde :
Je t'invoque, ô \'énus! 6 Mère de l'Amour !
C'est par toy qu'est conceu tout ce qui voit le jour.
Un seul de tes regards écarte les nuages,
Chasse les aquilons, dissipe les orages,
Redonne un air riant à Neptune irrité,
Et répand dans les airs''' une vive clarté.
Dès le premhr beau jour ^ que ton astre rameine,
Les Zéphirs font sentir leur amoureuse haleine,
La Terre orne son sein de brillantes couleurs.
Et l'air est parfumé du doux esprit des Heurs.
On entend les oiseaux frapez de ta puissance,
Par mille tons lascifs célébrer ta présence.
]-*our la belle génisse on voit les fiei's taureaux,
Ou bondir dans la plaine, ou traverser les eaux :
\Lniin les habitans des bois et des montagnes,
Des fleuves et des mers, et des verles'" campagnes,
Rrûlant à ton aspect d'amour et de désir,
S'engagent à peupler par l'attrait du plaisir.
Tant on aime k te suivre, et ce charmant empire'-"
Qu'exerce la beauté sur tout ce qui respire.
Donc puisque la Nature est toute sous ta loy,
(v^ue rien dans l'Univers ne voit le jour sans loy,
Que sans toy rien n'est beau, rien n'aime, et nesl aimable,
Vénus, deviens ma Muse, et sois-moy favorable.
Je vais'' de l'Univers étaler les secrets :
J'écris pour un Héros comblé de tes bienfaits.
i. Ce rragmeiiL a paru pour la première fois dans le t. II du llecueil de pièces curieuses et nouvelles lanl en prose qu'en vers, lôQ-'i, dit de Moctjens, p. 330. Nous donnons ici le texte plus correct de La Monnoye, du Recueil de 1714.
-. 1694 : cieux.