‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 2)Chapitre 41 sur 93 · Id. : l'enlever. — Ms. (ex mcis) fcslevcr · texte numérisé non relu

Id. : l'enlever. — Ms. (ex mcis) fcslevcr

Qui dégradent^ des Dieux l'immorlelle nature,

El les foui- Ouvriers de chaque créature.

Si ces Dieux ne vivoient dans la tranquillité, .

A quoy leur serviroit leur immortalité?

A rien qu'à les livrer à d'éternelles peines,

C'est trop les intriguer dans les choses humaines :

Ils sont toujours puissans, toujours heureux sans nous,

Et ne sentent jamais ni pitié ni courroux.

On a vu les Mortels traîner long-tems leur vie

Sous la Religion durement asservie;

Long-tcms du haut du Ciel ce fantôme effrayant,

A lancé sur la Terre un regard foudroyant;

Mais un Grec^ le premier plein d'une sage audace

L'osa voir d'un œil fixe, et l'insulter en face :

Tout ce qu'on dit des Dieux ne put l'en détourner,

La Terre eut beau frémir, le Ciel eut beau tonner,

Il n'en fut que plus vif à percer l'imposture,

Et plus prompt à s'ouvrir le sein de la Nature;

Dans l'enceinte du Monde il se crut trop serré,

Le Ciel ne fut pas même assez vaste à son gré,

Rien ne luy fit obstacle, et ce puissant (xénie

Courut de l'Univers la cai'rière infinie.

Après avoir sçû tout, il nous a tout appris.

Nul être, nul pouvoir ne surprend nos esprits.

On sçait jusqu'où s'étend tout pouvoir et tout être,

Et ce qui le termine, et ce qu'il en peut'" naître.

Ainsi par la Raison il surmonta la peur,

Ainsi l'efreur mouranfe''^ aux pieds de son vainqueur,

El la Religion terrassée avec elle,

Attire à ce Mortel une gloire immortelle.

Peut-être, Memmius, peut-être croiras-tu

Que ma Philosophie attaque ta^ vertu.

Que de l'Impiété je fonde les maximes, ^

Et qu'enfin je ne veux'' qu'ouvrir la porte aux crimes^ ;

Mais regarde plutôt quels crimes odieux

A produit autrefois ce vain culte des Dieux.

On maltraite'^ en Aulide une jeune Princesse;

Et qui sont ses Bourreaux? tous les Chefs de la Grèce,

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