STANCES SUR LA \'AMTE DU MONDE
Daphnis qui suis en tout la plus haute sagesse, Contemple ce Tableau de l'humaine foiblesse Que le soin cle te plaire a tiré de mes mains. Tu pourras remarquer de combien de licences La Fortune et l'Amour, deux aveugles Puissances, Font régner le désordre en l'Estat des Humains.
Depuis que les Mortels aux Sceptres font hommage, Cette Reyne du Monde, insolente et volage, Des Princes les plus grands l'enverse les projets. Lasse de les flater, elle leur fait la guerre, Et sans distinction tous ces Dieux de la Terre Sont de mesme que nous au rang de ses Sujets.
Ils ont beau partager la conduite du Monde,
Et par une valeur en merveilles féconde,
Au Temple de l'Honneur des Palmes acquérir.
Ils éprouvent enfin la Fortune et l'Envie,
Et les Gardes commis pour défendre leur vie,
Ne peuvent rien pour eux dans l'heure de mourir.
Leurs superbes (irandeurs aux Astres parvenues. Par la suite des ans deviennent inconnues ; Leur Orgueil a sa Tombe aussi bien que leur corps, Et ces grands Monumens d'éternelle mémoire. Ne s'élèvent par tout pour maintenir leur gloire, Qu'afîn de déclarer aux autres qu'ils sont morts.
Tant de charmans Objets dont le monde se pique, Cette beauté d'Olympe, et ces yeux d'Angélique,