‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 2)Chapitre 7 sur 93 · LA VIE DE DEIIENAULT XI · texte numérisé non relu

LA VIE DE DEIIENAULT XI

Aiîglelerre et en Sicile et. par conséquent, Tépoquc à laquelle il rentra en France.

Dehénault avait vu en Hollande comme Théophile, et comme, plus tard, en Italie Claude Le Petit, la foi de son enfance soumise à une rude épreuve, à une épreuve telle qu'elle devait sommeiller chez lui presque jusqu'à sa mort. D'ailleurs son état d'esprit se rapprochait de celui de Des Barreaux qu'il ne semble pas cependant avoir fréquenté. Il aimait à disserter entre la poire et le fromage sur de grands sujets métaphysiques ; sa marotte n'était pas celle de Y Illustre dchnuché, VAme du inonde^ mais bien la mortalité de Vâme. C'était en somme un libertin aimant surlout à fronder les idées reçues beaucoup plus par snobisme que par conviction. Il savait revêtir quelques-unes de ses conceptions du manteau magnilîque de la poésie et c'est ainsi qu'en se faisant illusion à lui-même, il intéressait ses auditeurs.

Le premier soin de Dehénault h Paris fut de rechercher un protecteur, sinon un Mécène; il jeta les yeux sur les Condé. Comment l'obscur fils du boulanger pouvait-il aborder ces hauts et puissants princes si ce n'est en les flattant délicatement à seule fm d'attirer leur attention. A ce moment (vers 1048^) on s'étonnait que la postérité du duc d'Enghien fût, comme celle de son père, limilée à un unique rejeton mâle et le bruit courait partout que le futur vainqueur de Rocroy était moins que brillant sous la bannière de Vénus. Dehénault tourna la difficulté avec une grande habileté. Son sonnet est noble et digne des héros auxquels il le destinait :

A messeùjneurs le Prince de Condé et duc d'Anguien SUR LA NAISSANCE DE M'' DE BOURBON

Pi'inces, le plus pur sang n'est pas le plus fertile, Ne demandez jamais trop de fécondité.

On ne va point en foule à Fimmortalité. Alexandre et César n'eurent qu'un sang stérile.

1. Le père du Grand Condé est mort en 'lG4r>, et le duc d'Enghien a eu son fils unique en 1643. Il va de soi que le sonnet de Deliénaull est très postérieur à cette dernière date, puisqu'il a été motivé par le fait qu'on sétonnait qu'il ail arrêté sa postérité à un seul enfant.

Page 1