G2 CHANSONS DIVERSES
On séduiroit pour un sac de farine
La plus divine ;
Car les Amours
Qui sont enfans, veulent manger tousjours.
Chanson.
AIR XXVII
Or escoutez, pauvres françois, Les tristes accents de ma voix ; Mon infortune est sans exemple, Venez, gens de robe et de cour : C'est la pauvre eschelle du Temple (1) Qui vous appelle à son secours.
Je faisois trembler autrefois (2) Le courtisan et le bourgeois ; Tous ceux qui passoient par la rue.
Les fdoux et les garnemens (3), Devant moy faisoient pied de grue Far la crainte des chastimens.
Mais maintenant, à mon malheur.
Je suis sans force et sans vigueur :
Hélas 1 je n'ay plus de courage.
Et, dans le mal que je ressens, Tous les laquais et tous les pages Me font les cornes en passant.
Ce sont ces Messieurs du Marais Qui m'ont causé tant de regrets, l'^ontraillc, monsieur de Rouvillc, (Vandale, Brissac et Jarzé, Coulon et le marquis de Ville, Camus qui m'ont ainsy traité.
Pour assurer les combattans Kt les rendre des plus vaillans.
(1) Lors que Messieurs du Marais la brûlèrent. Cette « échelle » fait l'objet (le la stancc lx.\xix du fameux poème de Claude I.e Petit : Paris ridicule.
(2) Haute justice du Temple à Paris comme sont les fourches patibulaires.
(3) Var. Le Conseiller et le marchand |! 1! ... du chastiement.
Candale y desploya sa langue, Et, d'un ton qui n'a point d'esgal.
Leur fit une belle harangue En qualité de général.
« Messieurs, dit-il, si nostre Roy Ne vous a pas donné d'employ, Sans que vous sortiez de la France, Vous avez au devant des yeux Un sujet assez d'importance Pour rendre vos noms glorieux.».
Pour assurer ce coup d'estat, Ils en passèrent un contrat Dont Camus (1) fut le secrétaire, Par son zèle luy témoignant Qu'il est digne fils de son père Et comme luy fort obligeant.
Fut présent le grand général.
Le brave et généreux Candal, Rouville, sergent de bataille, Jarzé, son maréchal de camp ; Et lé malheureux de Fontraille Eut la qualité d'intendant.
Aussytost dit, aussytost fait, L'on joinct la parole à l'effet :
Nostre grand général d'armée, Sans peur de morts ny d'accidcns, Brusquement, la main à l'cspée.
Tout le premier donna dedans.
L'on vit après, de toutes parts.
Accourir tous les jeunes gars.
Qui, ayant la main à l'cspée.
Jeunes et vieux, petits et grands, Plus rudement qu'à La Bassée Choquèrent le monstre arrogant.
Pendant tout ce faseheux combat Le brave et généreux soldat
(1) Camus, fils de notaire (12 f)6())-
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Claquenelle (1), l'apothicaire, Qiioy qu'il ne fut du compromis, Accourut avec uu clystèrc Pour combattre les ennemis.
Cependant, on voyoit de loin Le pauvre Coulon, dans un coin, Qui, regardant cette entreprise A genoux, sous un petit toit, Joignoit les mains, comme Moyse, Lors que la troupe combattoit.
Epigramnw sur un grand seigneur.
Cy gist, n'en ayez point de peur, Le grand Damon qui nous apprit Qu'un homme peut vivre sans cœur.
Et mourir sans rendre Tesprit.
(1) r.laquenelle, maître chirurgien, bourgeois de Paris, figure comme témoin au contrat de mariage de Fr. Hlondel, docteur régent de la faculté de médecine de Paris, et de Marie Biaise, fille de Thomas Biaise, juré libraire, 30 juin 1641 (Arch. nat., Insinuations du Chaielet, Y 230, f. 332v).