‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 116 sur 169 · II. Vieille retraite de Soudrilles · texte numérisé non relu

II. Vieille retraite de Soudrilles

Qui croupissent dans le loisir (i),

Objet indigne du plaisir

De la première des Golilles [■>) :

Madrid, Enfer (3) de puanteur!

Puisque je me trouve en humeur

D'esbaucher ton portrait d'une noire peinture :

Je veux si bien te dessiner,

Qu'à chaque trait de ta figure

Chacun te puisse deviner.

(i) Les espa^ols. et surtout ceux do .Madrid, sont les gens du monde les plus fainéants (de Bl.).

h) La Golille est une espèce de Ilausse-col noir couvert d'une Batiste. Philippe II en fut linvenleur. Ce Prince aimoit tant Madrid qu'il n'en sortoit que Ires rarement (de BL).

(3) L'on jette à Madrid toutes les ordures dans les rues (de 31. ).

III. Ain;is de barriiqiies fnrdées (i) Tu n'inspires que du chagrin ; Tes vieux Pulais, ny ton grand train N'adouciront point mes ^ées :

Tu n'es, selon les meilleurs goûts, Que lacs bourbeux, vilains égouts, Dont le seul souvenir peut salir la mémoire : Ne prétens pas m'en imposer.

Je veux mettre toute ma gloire A te savoir bien mépriser.

IV. Dans cet abyme d'immondice 2, Il faut marcher avec compas, Et s'assurer de chaque pas Sur la foy d'un caillou qui glisse :

Quelquefois un peu trop pressé, Un pied en l'air, l'autre avancé.

Aux dépens de son cîi l'on prend laide posture : Et tousjours le moindre malheur Est un pied de vilaine ordure D'une effroyable puanteur.

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