‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 13 sur 169 · LA VIE DE CLAUDE LK PETIT XXI · texte numérisé non relu

LA VIE DE CLAUDE LK PETIT XXI

Parlement de Paris (i). En e/Fel, à partir de cette époque, sa production poétique n'a rien de spontané, aux sonnets à Philis :

Astres iiidépendans, qui roulez sur nos testes. Vous, de qui l'inconstance est l'unique ornemeni, Qui pour vous déguiser dedans le firmament Ti'ouvez à tous niomens des formes toutes prestes :

Vous qui réglez le calme, et faites les teinpestes, Dont le fJux et nllux varie incessamment; lît toy, qui sur la roiie instruite au changement. Confonds souvenl le sort des hommes et des bestes :

Ciel, Terre, Ond<;, J3eslins, je vois dans l'univers,

Vos résolutions et caprices divers.

Sans qu'aucun nie surprenne et qu'aucun m'intimide :

Allez, chers ennemis, courrez d'un pas léger,

Quelque fatalité qui vous retienne en bride,

Si Philis a changé, vous pouvez bien changer (aj.

(>laude lait succéder les rimes à )a douzaine et se crée des ressourcesen utilisant son incroyable facilité à versifier. Il saisit avec empressement Toccasion de chanter rembarquement pour l'Américpie d'une^.argaison de Manon Lescaut, le Lieutenant de police ayant opéré plusieurs rafles trop fructueuses dans la capitale. C'est le sujet de ^a stances de dix vers sous le titre : fJ Adieu des filles de joye à la Ville de Paris (3). Il les offrit, complétées par uu sonnet de son ami M. T. (.'), à Alexandre Lesselin. Ce libraireimprimeur qui publiait depuis le 0,8 août i(>56 une concurrence à la

(i) François (]ollelel :i dit daus une note de 1669, "î"^' ("liuide Le l'élit était avocat au Parlement, nous en doutons un pou. Qu'il ail pris ce titre, c'est certain, mais qu'il ait été reçu, c'est une autre affaire. En 1657. Claude avait à peine 18 ans et demi à 19 ans, et il a quitté la France de novembre lôS^ jusqu aux premiers mois de 1661.

(2) liccueil de ffueltfue.s pièces nouvelles et ^'alantrs tant en prose qu'en vers. A Cologne, chez Pierre du Marteau, t. II, 1667. p. i")6. (^e sonuel est non signr, mais il est bien de Claude Le Petit, c'est le second d'une série «le quatre dont le premier est signé C. P.

(;}) Cette pièce n'a aucun rapport, contrairement à lassertiou do la Hibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage du (J" d'J, avec la Déroute et l'Adieu des filles de joye, voir note x do la pn^o suivante.

Muse historif/ue de Lorct, la Muse de la Cuiir (i), accepta V Adieu des filles de j'oye et le donna en extraordinaire (2) le i^ juillet 1657 avec cet avis de Claude Le Petit placé à la fin :

« Au Lecteur. Je prétens vous faire part au preiuier jour (si vous voyez de bon œil ce petit effort de ma Muse) de tout ce qui s'est fait et passé à la prise et magnifique conduite de ces belles et joyeuses Daraes; leur Embarquement, les Réceptions qui leur seront faites aux Villes, Bourgs, et Villages deleurs routes, les Députez qui leur feront Harangues et Gomplimens à leurs Entrées, les Feux de joye, Bals, Comédies, et autres passe-temps pour les divertir. »

Si cette « Suite » a vu le jour, nous ne l'avons pas rencontrée. En tout cas, l'entrée en relations de notre libertin avec Lesselin décida ce dernier h faire appel au concours de Claude Le Petit quand son gazetier ordinaire lui fit défaut. La Muse de la Cour n'était pas, comme la Muse historique, dédiée à une seule personne (mademoiselle de Longueville) et l'œuvre d'un seul auteur. Suivant le privilège, Lesselin qui payait fort mal, en tout cas peu cher et

(i) La Muse de la Cour fait suite — après un inlcrvalle de huit mois — aux 32 numéros publiés en i655 qui ont été réunis avec une table sous le litre : Recueil des épitres en vers burlesques de M. Scarron et d'autres autheurs sur ce qui s'est passé de remarquable en l'année 1655. Paris, Alexandre Lesselin, 1655, in-4°. Les quinze premières épîtres seulement sont de Scarron.

(2) Voici uu extraordinaire de la Muse de la Cour qui porte à peu près le même titre, mais de la nouvelle série qui commence le 16 novembre i665 ; son auteur a traité à huit années de distance à peu près le même sujet que Claude Le Petit :

Premier Divertissement de la Muse de la Cour, contenant la déroute et

1 adieu des filles de joyes (sic), de la ville et fauxbourgs de Paris, qui s'en vont aux isles éloignées. Avec leurs noms, leur nombre, les particularilcz de leur prise et de leur emprisonnement : De plus, la réforme des habits de la basse bourgoisie,la Recherche générale des Voleurs, Filoux, Vagabonds, Receleurs, Receleuses et autres (iens de mauvaise vie. Le tout exactement observé suivant les Nouveaux Reglemens de Police. A Paris, chez Ale.randre Lesselin, Imprimeur- Libraire , au coin de la rue Dauphine, oii il se distribue aussi tous les leudis au matin, de chaque semaine, la Muse de la Cour, galante et divertissante. M. DC. LXVI (166Ô). Avec privilège du roy. In-zi" de ir pp. chiffr. à

2 colonnes (N., et Bibl. Carnavalet).

Cet « extraordinaiie » de 1666 a été réimprimé jdiisieius fois, notamment augmenté d<' la Rotiuestc à M. D.L.V. (mademoiselle de I>.tVaIIicr<-)sous le titre : La Déroute et i adieu des filles de joye de la ville et fauxbourgs de Paris, avec leur nom, leur nombre, les particularilcz de leur prise et de leur emprisonnement. Requeste à M. D. L. V. Jouxte la copie à Paris, 1667. Petit in-12 de n pp. (VVillems, 1765.)

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