‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 25 sur 169 · LA VIK DE CLAUDE LE PKTIT XXXIX · texte numérisé non relu

LA VIK DE CLAUDE LE PKTIT XXXIX

rance de pouvoir être assez hem-eiix pour réussir au dfsseiu de sa conversion... (i) »

La confiance que témoignait (Maucle Le Petit à Jean lion — elle alla jusqn'ii lui confier sa traduction du Prince c/ireslien al polilique de Faxardo — s'explique autant par le bénéfice moral qu'il retirait d'une telle relation que par le contraste existant entre les deux hommes : Le premier aussi débauché ([ue le second était puritain. Le bien et le mal se disputaient le cœur de Claude, il se sentait tout autre au contact d'un homme qui le morigénait tout en lui témoignant de raiïection ; mais son naturel reprenait bientôt le dessus et il ne restait rien de ses excellentes dispositions d un instant.

Est-ce au lendemain d'une conversation avec Jean Rou, est-ce plutôt pour se prémunir contre les périls auxquels l'exposaient ses nombreuses poésies libertines répandues sous le manteau, est-ce a la suite d'une gageure dans le but de montrer la souplesse de son talent poéti({ue, qu'il s'exerça à versifier une suite de pièces religieuses : Les plus belles pensées de saint Aiii^iistin, prince et docteur de VEi^lise? (2) Nous ignorons, bien entendu, son intention véritable, mais nous nous refusons h croire, comme le bonhomme Du Pelletier, que « la grâce avoit ce jour-là combattu avec le libertinage dans le cœur inquiet du pécheur » et qu'elle avait été victorieuse. Nous sommes également sceptique sur les « pieux entretiens » que Du Pelletier aurait eus avec Claude Le Petit dans les allées du jardin de S. Victor (3). Du Pelletier et son jeune ami souffraient trop du mal d'impécuniosité pour permettre à leur esprit de planer longtemps dans des régions où le désintéressement est de rigueur.

Les effusions religieuses de Claude obtinrent l'approbation d un docteur en théologie de la Sorbonne nommé N. Pelilpied <4 ^^*

(i) Mémoires incdils de .Icaii lion, p. \^ï\.

[1) Les plus belles pensées de S'-Augnslin, primo et docteur df l J:glisv, mises en vers franrois, par Cl. Le Petit. Paris. Jean Paptise Loyson,. if>(>(>.

(i) Id. Lettre en l'orme de préface à Monsieur l'abbé de La S.

(4) 11 est question de ce Nicolas Petilpied (i03o-i7o5) dans les Mémoires de Jean Rou : « M. Petitpied étoit une personne également vénérable par sa vertu, par son savoir, cl pai- les postes distingués dont il se Irouvoit revêtu ; car il «•toit docteur do Sorbonne (it)")8), conseiller clore du (^hàtelet (1662), garde des sceaux de celte justice. <<! «-nré il iini> (lamisse de Paris (Saint-Martin)...»

Page 1