‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 27 sur 169 · LA VIE DE CLAUDE LE PETIT XLIII · texte numérisé non relu

LA VIE DE CLAUDE LE PETIT XLIII

Envisager chacun d'un œil hagard et louche,

Et, mâchant dans ses dents quelque terme farouche.

Se ronger jusqu'au sang la corne de ses doigts;

Quand, dis-je, avec ces traits vous trouverez un homme.

Dites asseurément: c'est un poète francois !

Si quelqu'un vous dément, je Tirai dire à Rome.

notre libertin connut indirectement Ilélie Le Cordier (i). Ce jeune médecin âgé de 29 ii 3o ans, désirait se fixer définitivement a Paris pour y exercer sa profession. En bon normand qu'il était, il jugeait utile de n'aborder la capitale qu'en jouissant déjà d'une certaine notoriété. Il en prit le chemin ayant en poche un énorme manuscrit comprenant seize chants sur sa ville natale Pont Lévêque (2) ; Le Cordier entendait dédier ce poème à la grande Mademoiselle, en le faisant précéder d'appréciations flatteuses. Il est probable que Claude n'a jamais lu cette rapsodie ; le titre lui en disait assez pour inspirer sa Muse. Il a dû s'en rapporter ii Du Pelletier, ami complaisant et dévoué, chargé de grouper, pour le compte de l'auteur, un certain nombre de thuriféraires, rimeurs

(i) Le contrat de mariage d'Hélie Le Cordier avec Marguerite Le Melle, de Rouen, estdu 3i octobre i663 (Arch. nat. Insinuations du Chatelet, Y ao4, f. 38-2'). On le trouvera à V Appendice. — Le Cordier mourut le 18 févriLT 1684.

M. Henry Le Court, dans sa Généalogie de la famille Le Cordier^ seigneurs de Maloisel [Laon, 1909, p. 38) dit que Hélie Le Cordier « ne parait pas avoir contracté mariage w, l'acte ci-dessus montre qu'il s'est trompé. Il ajoute que sa mère Marguerite Menard (ou Mainard) peut-être fille de M* Robert Menard, tabellion à Pont-Levêque, née le 26 décembre 1592, était la seconde femme depuis 161 1 (?) de Jean Le Cordier, sieur de La Mossonnière, sergent de la sergenterie noble d'Aragon, branche <le celle de Saint- Julien-sur-Calonne, puis receveur des Quatrièmes en la Vicomte d'Auge, baptisé en septembre iSya et mort en i65i.

Quant à la date de naissance de Hélie Le Cordier, fixée par la Nouvelle biographie normande de madame Oursel au i-x octobre i6i5 à Saiut-Juliensur-Calonne, elle ne cadre guère avec la déclaration de Hélie qui se donne en i663, dans son contrat de mariage, Tàge de 3o ans environ.

(2) Le Pont-L'Evesque. Poème dédié à Mademoiselle, par le sieur If. Le Cordier M . {médecin) Paris, Charles de Tunes, 106'^, iii-i" (voir Bibliographie de Cl. Le Petit).

En dehors des pièces liminaires de Uu Pelletier et de François Colletel, il y en a de Riciielet, de N. Carré et de Courdes, une latine et une grecque de Cadot. Sur tous ces poètes voir la Bibliographie des recueils collectifs du XVII" siècle. Hélie Le Cordier a encore publié : L'illustre souffrant, ou Job. Poème. Dédié à Monseigneur de Lionne. Par... Paris, Jean Cochart, 1667. in- 12 de i3 fl"., 9o pp. chilF. et 2 iï. Kp. d. à Mgr. de Lionne, poés. lim. de ; Carneau, célestin ; Carré ; Du Pelletier ; Fr, CoUetet ; Courdes,

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