‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 30 sur 169 · LIV HISTOIRE POSTHUME · texte numérisé non relu

LIV HISTOIRE POSTHUME

Graiulo Miideinoiselle (i) un exeinplnire à ses armes somptueusement habillé en maroquin rouge (2). La fille de Gaston d'Orléans avait le plaisir d'y retrouver son portrait gravé par liarmessin et d'y lire Tépître qui lui était destinée. Si en parcourant les feuillets préliminaires, elle s'est arrêtée un instant sur le sonnet de Claude Le Petit, il lui a rappelé peut-être le rimeur qui, cinq années auparavant, le 9.5 septembre iBaj, lui avait dédié le n" y.:") de la Muse delà Cour. Cette évocation du nom du condamné du 3i août 1662, à un moment si voisin de son bûcher, était de nature à causer une impression plutôt désagréable. Heureusement pour Hélie Le Cordier, Marie-Louise d'Orléans n'a pas fait ce rapprochement, nous avons de lui un liemerciement à Mademoiselle joint aux exemplaires ordinaires du Pont L'Evesque qui nous apprend que le but qu'il se proposait avait été atteint :

N'est-ce pas un noble avantage Dctre d'elle si bien receu ?

Elle fait cas de mon ouvrage, Et le trouve assez bien conceu ; Tant de beaux esprits auprès d'Elle Trouvaient mon entreprise belle ,' Je ne fus censuré d'aucun.

Si ce n'est de cette censure Dont le bruit n est pas importun Et qui ne me fait point injure.

Quelqu'un disait quil valoit mieux Embrasser l'art de médecine ; Mais Apollon, un de nos dieux.

M'apprend l'une et l'autre doctrine ; J ay bu des eaux de son bassin, Je suis et poëte, et médecin,

(i) Cet exemplaire, comme un second en veau aux armes de Mademoiselle, de la B. N, a un lilrc spécial qui ne porte pas le nom du libraire, il n'a ni le privilège, ni, bien entendu, le liemerciement à Mademoiselle. Le privih'ge du 22 août i66z, a été enregistré le 3o août à la communauté des libraires, l'achevé d'imprimer est daté du G sej)tembre 1662. L'enregistrement sur le registre des privilèges de la communauté des libraires, le sieur Du liray étant syndic, porte la mention habituelle ayant trait aux livres imprimés pour le i^omple des auteurs <- à la condition que la distribution en sera faite i)ar un libraire ».

lii Aujourd hui à la Bibliothèque de Dieppe.

Médecin, pour giicrir le monde, Mais je suis porte seulement Pour ma Princesse sans seconde, Que je chante éternellement...

Que le sort me fut favorable Et que ce jour me fut heureux.

Oh mon œuvre fut agréable A vôtre esprit si généreux ,* Mais plutôt que vous fûtes bonne D'avoir receu de ma personne Un livre sans introducteur, Et d'avoir prisé cet ouvrage.

Sans avoir jamais v/l Vautheur N'y le sujet que par image.

Peu de temps après la mise en vente du l^o/it L' Kve.sf/ue, le nom de Claude Le Petit reparaît sur une seconde édition de TJHeure du Beii^er, il n'y est plus (jucstion de l'épigramme de Fr. CoUetet et le quatrain du C. du T (chevalier du Tronchel ?) a été supprime. Enfin la « Préface telle qu'elle, et aussi ennuïeusequo lonj^ue l<)ut au moins >•, est amputée des douze dernières lignes :

(' ...Et pour me jiislilier de quelque infidélité qu'on me pourroit reprocher, que je ne lay fait que pour servir de Plan à un de mes Amis qui a dessein de s'y divertir plus à loisir. Voilà (pii va hieii, j'en suis f(uilte à meilleur marché que je ne croyois. Dieu soit loué dans tous les Siècles des Siècles. Il n'y a personne qui ne prenne cecy pour une Préface, ou je n'y entends rien, quand j'auray dh{Adieu Lecteur) ».

C'est « l'ami » qui, se dérobant comme François (".ollelet. a certainement demandé cette modification.

Le baron de Schildebek tint la prc^iesse qu'il avait faite ii Claude Le Petit, il fit imprimer vers i6(S,'i ii Leyde, en Hollande, ce qu'il put recouvrer du Bordel des Muses dont une partie importante avait été perdue ou plutôt dérobée {L'/'^spiri;/ie,d(ins Madrid ridicule, cl \'An:^U'lfrri',di/ns Londres ridicule, viv.'. Nous n'avons aujourd'hui qu'un fragment de cette édition de Leyde et dans ce fragment, l'épîtrc dédicatoire à M. Christien Wolfang, gentilhomme allemand et maistre d'hoslel de Son Altesse Mgr le prince dv Siil/bach, nous fournil d'intéressants détails sur la façon dont le baron de Schildebek comptait inlruduirc cent exemplaires du Horde! des Muses dans noire pays, à la barbe de « riii(|uisition fr;incoise ".

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