‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 51 sur 169 · C. Le Petit · texte numérisé non relu

C. Le Petit

PREFACK TELLE QUELLE, l-T AUSSI ENNUIEUSE QUE LONGUE TOUT AU MOINS.

J'avois fait mon Livie assez bien, je l'avois fait décrire assez mal; je Pavois donné au Libraire assez généreusement; dédié à un gros Milour assez avantageusement ; corrigé chez l'Imprimeur assez exactement, et prié mesme assez instamment quelques-uns de mes amis de faire des Vers à ma louange (plus par couslume que vaine gloire loutesfois) afin d'alonger le papier,, et de rendre le Volume plus considérable. Enfin javois fait sans reproche ponctuellement toutes les fonctions de ma nouvelle Charge d'Aulheur. Je croyois que ce fut une all'aire faite que cellelà; toutes les fois qu'on heurtoit à ma Porte, je m'imaginois que c'estoit Robiuot qui m'apportoit mes trois douzaines d'e.Kemplaires, etc. (comme il est plus amplement porté dans l'accord fait entré nous) et je nattendois plus qu'après luy et mon habit neuf pour aller faire en bonne conche mes presens à mon Meccm Généreux : Mais helas ! qu'ifesl bien vray que l'Homme propose et que Dieu dispose, cl qu'on n'est pas au bout de ses maux quand on achève de faire un troisième Livre, et qu'on n'a pas encoie commencé à faire la Préface du second. Ha Ciel! qu'un honneste homme a de mal en ce monde pour gaigner sa chienne de vie; que le mestier de l'Escritoii-e est un mestier incommode, et que c'en est un agréable de vivre de ses rentes. Mais j'ay beau pindariser; j'ay beau crier o Temps! o Siècle! à Mœurs! ou pluslost ô Libraire, t\ Typographe! ô Lecteur ! Point de nouvelles, c'est Philosophie perdui', c'est Morale inutile. Autant eu emporte le vent, ils ont des yeux et ne voyent goutte, ils oui des oreilles et ne m'entendent point; il faut avaler ce Calice, et, bon gré mal gré que j'en aye, faire une corvée, je veux dire une Préface. Mais quoy?n't a-t-il pas moyen de s'accommoder ensemble, suis-je jugé Prevotablemenl ? Ne puis-je appeller de cette Sen-

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