‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 106 sur 202 · Id. : ta fait, au lieu de : traça · texte numérisé non relu

Id. : ta fait, au lieu de : traça

Souffre, mon cher Damon, qu'à tes préventions

José opposer ici quelques réflexions,

Et que mon amitié, contraire ù ton système,

T'impose une espèce de loi, En te faisant sentir ce que doit à soi-même, Ce que doit à l'Etat un homme tel que toi '.

Dés-lors que né sous d'heureux temps ^

Où le mérite et les talens

Ont une sûre récompense,

Sans qu'il en coûte d'innocence,

De manège ni de détour.

Sans l'indigne métier d'aller faire sa cour;

Un doux regard de la Fortune,

Après un long aveuglement,

D'une condition commune

Vous appelle au Gouvernement :

On ne doit plus souffrir que la Raison réplique', Il faut pour son Pays un entier dévouement.

Et l'on doit rigoureusement Compte de ses talens à la Chose publique.

Adieu donc pour jamais*. Calme, Tranquillité, Enfans de mon indépendance.

Ne goûterai-je plus ma chère Liberté

Dans les bras de la Nonchalance?

Quitte, quitte, Damon, d'inutiles regrets^

Qui doivent au plus être faits Pour ces Esprits bornés qui ne font rien sans peine, Et qui sur leurs bureaux attachés à la chaîne,

Abymés dans un vil détail.

Mais privés des clartés que le Ciel leur dénie,

Croient que la peine cl le travail

Peuvent tenir lieu de génie*.

Pour toi de qui l'esprit dans sa vaste étendue Découvre tout d'un coup la fin et les moyens,

Et fertile en expédiens.

En voir cent d'une seule vue;

Chaque jour tes heureux talens

Aux Gens d'Etat si nécessaires.

1. Ces deux stances ont paru pour la prcmiore fois dans l'édition de 1774.

2. 1733 : A moins, mou clicr Damon, que né sous d'heureux temps.

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