‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 120 sur 202 · Appareil de chirurgie qui scrl à coulcnir une hernie · texte numérisé non relu

Appareil de chirurgie qui scrl à coulcnir une hernie

tout à fait si modestement. J'acceptai le premier parti, et j'en sortis à six heures du soir quasy yvre mort. Si vous l'aimez, vous reviendrez incessamment voir s'il n"y a pas moyen d'y mettre quelqu'ordre ; entre vous et moi je le crois totalement perdu... ! »

Peu de temps après, La Fare tombait gravement malade et sa convalescence en fit un nouvel homme : madame de Maintenon écrivait le 16 novembre 1711 à la princesse des Ursins :

« M. le marquis de La Fare revient de l'agonie et montre autant de piété qu'il avait montré de libertinage ; il avoue qu'il a toujours cru, mais qu'il faisait semblant de ne rien croire pour faire le grand homme* .»

Six mois après, le 28 mai 1712, La F^are mourait, âgé de soixante-huit ans, d'une... indigestion de morue 1

Le plus bel éloge de La Fare est dû à Ghaulieu, son intime :

La Fare n'est donc plus! la Parque impitoyable A rai'i de mon cœur celte chère moitié.

Pourquoi, cruelle, par pitié,

A tous mes vœux inexorable, Me laisses-tu traîner ici de tristes jours ? Etranger dans le monde, il m'est insupportable.

J'y languis, privé de secours.

Et de ce charme inexplicable - Dont depuis quarante ans jouit mon amitié.

Je te perds pour jamais, ami tendre et fidelle, Toi, dont le cœur toujours conforme à mes désirs Goùtoit avec le mien la douceur mutuelle De partager nos maux ainsi que nos plaisirs : Flatté que ta bonté ne me fit point un crime

De mes vices, de mes défauts.

Je te les confiois, sans perdre ton estime Nique cela m'ôtàt rien de ce que je vaux.

La trame de nos jours ne fui point assortie Par raison d'intérêt, ou par réflexion : D'un aimant mutuel la douce sympathie

Forma seule notre union :

Dans le sein de la complaisance

Se nourrit cette affection Dont en très peu de temps l'aveugle confiance

Fit une forte passion.

i. Rcc. Bossangc. T. II, 241.

i. 17.33. Ces six vers se réduisent A deux : h'iran^cr dans le innnile. il m'e^l insiipporlahle, \ Je n'y fjoùterai plus ce cliannc inex/irinial}!!'.

214 LA FARi;

On te pleure an Parnasse, on te pleure à Cythère ', En longs habits de deuil, les Muses, les Amours, El ces Divinités qui donnent l'art de plaire, De ta pompe funèbre ont indiqué les jours :

Apollon veut quavec Catulle

Horace conduise le deuil, Ovide y jettera des fleurs sur ton cercueil, Comme il fit autrefois au bûcher de Tibulle.

Puisse la fidelle Histoire,

Cher La Fare, des honneurs

Que t'ont rendu les neuf Sœurs Aux siècles à venir faire passer ta gloire! J'espère, et cet espoir seul console mon cœur,

Qu'en éternisant ta mémoire

J'éterniserai ma douleur.

J'appelle à mon secours, Baison, Philosophie, Je n'en reçois, hélas! aucun soulagement. A leurs belles leçons Insensé qui se fie! Elles ne peuvent rien contre le Sentiment. J'entends que la Raison me dit que vainement Je m'afflige d'un mal qui n'a point de remède, Mais je verse des pleurs dans le même moment, El sens qu'à ma douleur toute ma vertu cède. '

0 Mort! faut-il en vain que je vous sollicite?

L'ordre que la Nature a mis, Veut que faille bientôt rejoindre mes amis : Tout ce qui me fut cher a passé le Cocyle. En vain je cherche encore ici quelque agrément ^; Mes jours sont un tissu de douleur et de peine : Chaque heure, chaque instant m'apporte un changement. Me dérobe un plaisir, ou me fait un tourment^. Pourquoi n'osai-je rompre une fatale chaîne Qui m'attache à la vie, et m'éloigne du Port?

H faudroit au moins que le Sage,

Quand il le veut, eût l'avantage

D'être le Maître de son sort.

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