‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 127 sur 202 · LA SAGESSE COMMODE · texte numérisé non relu

LA SAGESSE COMMODE

Non, non, je ne viens point sur les bords du Permesse,

Phœbus, le demander ta poétique- ivresse.

Sur d'autres vas tenter^ les savantes fureurs;

La \'érité n'a j)oint besoin de les faveurs.

11 me faut cet éclat, celte lumière pure,

Qui fait sentir le vrai; Ion feu le défigure.

Minerve, inspire-moi; j'oserai te chanter :

11 y va de ta gloire, et tu dois m'écouter.

Où suis-je? quels .Jardins! Va\ ces lieux la Nature

A-t-elle pris pour moi sa plus belle parure?

Jamais un Ciel si beau n'éclaira l'Univers :

Que ce Zéphire est doux! Que ces coteaux sont verds!

Où m'as-tu transporté séduisante Sagesse?

Ici la \'olupté règne avec la Paresse :

Que dis-je? C'est ici le tranquille séjour,

Où de Sages heureux lu composes ta Cour.

Tu m'avois donc trompé, ridicule Stoïque?

Charmé d'une vertu superbe cl chimérique,

1. Cette pièce a paru pour la première fois dans le Aouveau choix de pièces de poésie, 1715, I" p.

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