LA SAGESSE COMMODE
Non, non, je ne viens point sur les bords du Permesse,
Phœbus, le demander ta poétique- ivresse.
Sur d'autres vas tenter^ les savantes fureurs;
La \'érité n'a j)oint besoin de les faveurs.
11 me faut cet éclat, celte lumière pure,
Qui fait sentir le vrai; Ion feu le défigure.
Minerve, inspire-moi; j'oserai te chanter :
11 y va de ta gloire, et tu dois m'écouter.
Où suis-je? quels .Jardins! Va\ ces lieux la Nature
A-t-elle pris pour moi sa plus belle parure?
Jamais un Ciel si beau n'éclaira l'Univers :
Que ce Zéphire est doux! Que ces coteaux sont verds!
Où m'as-tu transporté séduisante Sagesse?
Ici la \'olupté règne avec la Paresse :
Que dis-je? C'est ici le tranquille séjour,
Où de Sages heureux lu composes ta Cour.
Tu m'avois donc trompé, ridicule Stoïque?
Charmé d'une vertu superbe cl chimérique,
1. Cette pièce a paru pour la première fois dans le Aouveau choix de pièces de poésie, 1715, I" p.