‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 157 sur 202 · Luth à deux manches · texte numérisé non relu

Luth à deux manches

3. Claude de l'rcleval, femme de Robert Aubry, sieur de Brévanncs, président à la Chambre des Comptes en 1620, morte veuve le 20 septembre 1657.

4. Michel Lambert, musicien, né en 1610, mort en 1696. Tallemant lui a consacré une Historiette.

i). De dédommaj^ement à celui qu il remplaçait.

que ce fut elle qui appela la rej'iie « Siresse ». Il en fui amoureux douze ans. Cette amour a furieusement nuy à de Niert ; car le feu Roy, qui haïssoit la Heyne, cl qui ne vouloit qu'il n'y eust aucune correspondance entre ses gens et ceux de sa femme, n'approuvoit nullement celte afTection, et il eust fait sans cela loulc autre chose pour noslre homme qu'il ne fist. Il luy disoit : (( Vous n'attendez que ma mort pour vous marier. »

» Quand le cardinal de Hiciielieu, qui vouloit que les oflicicrs (jui approchoient le Roy de fort près ne luy voulussent point de mal, fil faire compliment à de Niert sur cette charge, de Niert le dit au Roy, et luy demanda s'il ne Irouveroit pas bon (ju'il en remerciast le Cardinal; le Roy le luy permit. On ne sçauroit croire combien il estoit chatouilleux pour les charges de sa maison; il ne vouloit pas soulTrir que le Cardinal s'en meslast. Durant la grande faveur de Monsieur le Grand, tous les premiers valets de chambre et tous les premiers valets de garde-robbc estoient comme de petits favoris.

V) Le feu Roy mort, de Niert espousa cette femme. Elle est adroilte et mesme un peu escrocque, s'il faut ainsy dire, car elle n'a jamais rien perdu faute de demander, et elle a obligé parfois telles gens à luy donner qui n'en avoient nullement envie ; d'ailleuis elle est fort avare, luy est prodigue : elle l'appelle Panier percé, et le ragotte' sans cesse sur sa dépense. Il dit qu'une fois elle voulut avoir un carrosse : la nuicl elle entendoil du bruit dans l'escurie, elle resveille son mary. « Ce sont », luy dit-il, « les chevaux qui mangent. — Quoy? reprit-elle « nourrir dos animaux qui mangent la nuicl ! Dieu m'en garde ! » Elle les vendit dez le lendemain.

» Luy et sa femme se tourmentèrent tant qu'ils obtinrent pour leur filz, qui est le seul enfant qu'ils ayent, la survivance de cette charge de premier valet de garde-robbe. Le Roy lesmoigna assez de bonté en cette rencontre, car il se mit à genoux afin que cet enfant, qui n'avoit que cinq ans, luy pust donner sa chemise pour entrer en possession. Le pauvre de Niert pleuroit de joye quand il racontoit cela : depuis il fut fait premier valet de chambre, et, l'année passée, comme sa femme poursuivoil chaudement la survivance, le Roy luy dit : <■ Qui ledonneroil (juatrc doigts de parchemin te feroit bien aise ? — En vérilé, ouy, .Sire », dit-elle. « — Et bien ! » adjousta le Roy en riant, « ce sera d;>ns douze ans ». Le Cardinal la trouva ensuite à la messe, et luy dit : « Que demandes-lu encore à Dieu ? la chienne est retrouvée et ton filz a la survivance ». Elle luy saute au cou tout devant la Reyne, en luy disant : » Madame », excusez, s'il vous plaisl, mon transport ».

La femme de Pierre de Niert, demoiselle Jehane de Kalguerolles, était déjà au service d'Anne d'.\utriche en 4633, et elle s'était mariée avant

La présidente de Périgny qui était poète comme son mari'^, a composé contre de Niert, une parodie de la V^ scène de l'opéra de Thésée (de QuinauU). Cette parodie se lit dans les Mss. de Tallemantdes Kéaux qui sont à La Rochelle et dans nombre de manuscrits de chansons du xvii" siècle.

Claude de Chaulne aimait beaucoup de Niert et il le cite avec éloge

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