DUCHESSE DE CH AULNE
Une fois à mon advantage.
J'en pourrois dire davantage, Mais j'en troublerois le plaisir Abusant de vostre loisir.
Il suffit, charmante personne, Quun moment ma lettre vous donne Un peu de souvenir pour moy; J'oublie bien, je ne sçay quoy.
Ah! c'est une jeune servante Qui est chez vous qui me tourmente, Qui boute mon cœur en amour Sur le ton de Suzanne un jour.
Faites-m'en s'il vous plaist justice, Qu'elle m'aime ou qu'on la bannisse Du royaume de ma raison Dont elle a bruslé la maison.
J'ai grand peur que cet incendie Ne se termine en tragédie, Fit qu'il ne me fiche au tombeau Ce qui ne seroit guère beau; Car maux font piteuse grimace Madame, accordez-moi la grâce D'oublier ce fol entretien Et s'il vous en souvient, du moins, n'en dites rien I
LA PRESIDENTE DE CliEVRIÈRES
Marie, fillo unique de Jacques de Sayve, président au Parlement de Dijon, et de Barbe Giroud, épousa le 29 avril 1642, Jean de La Croix, seig^neur de Chevrières, baron de Serves et de Glérieu, comte de Saint- V allier et de \'al8, marquis d'Ornaison.
Ce Jean de La Croix, ilocteur en droit, avocat au Parlement de Paris, conseiller au Parlement de Grenoble en 1(142, ambassadeur à Rome en i64i, conseiller d'Etat (1645-1648), et président au Parlement de Grenoble en 1650, mourut en 1680. De son mariag^e avec Marie de Sayve, il eut dix enfants.
Le Ms. de Chaulne contient la lettre suivante adressée à Marie de Sayve :