MÉLANGES : GEORGES ASCOLI
Cette gazette est du 12 mai 1655, et le 42 mai Scarron se déclare complètement guéri de son mal d'oreille, c'est lui-même qui l'affirme : on peut l'en croire sur parole. Dans les trois mois que sa maladie a duré, soit depuis le 42 février, il a publié cinq g-azettes au lieu de douze, soit un déchet de sept, et dans le mois qui suivra jusqu'au 22 juin, il en met cinq sous la presse, ce n'est pas là l'indice d'un état de santé fâcheux ou de « sa pure lassitude ». Jamais il n'a été plus en forme. Il est donc impossible d'admettre un seul instant que son mal d'oreille et l'intervention du chirurgien Gresset aient été pour quelque chose dans le mutisme persistant de Scarron à la lin du mois de juin !
Nous estimons n'avoir rien laissé subsister des dénégations et de la seule affirmation de M'' Magne. Reconnaissons cependant qu'elles nous ont rendu un service : celui de préciser la haute intervention qui a limité le champ de l'enquête ouverte sur la publication de LEscole des Filles, c'est-à-dire le rôle capital du Surintendant qui a couvert son protégé Scarron. Que serait-il advenu de la jeune Indienne si son mari avait été inculpé et frappé par la justice d'une peine même légère? Il est probable que Françoise d'Aubigné n'eût jamais été plus tard madame de Mainlenon et que les dernières années du règne de Louis XIV se seraient présentées tout autrement que Ihistoire nous les rapporte. La destinée des individus, comme celle des nations, tient vraiment à peu de chose!