‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 29 sur 202 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Grands Sçavantas, nation incivile.

Dont Calepin est le seul ustencile, Plus on ne veut ici de votre affroc.

François langage est or; le vôtre argile, Bon seulement pour gens qui portent froc. Poursuis, Damon, ils n'ont plus d'autre asyle : Quand tu combats la victoire t'est hoc '.

La tournure d'esprit de madame Deshoulières la rapprochait beaucoup plus de Corneille que de Racine; elle professait la plus vive admiration pour le grand tragique. A ses yeux la volonté l'emportait sur la passion. Bien accueillie par la charmante duchesse Anne Mancini, nièce de Mazarin, et par son frère le duc de Nevers, elle voyait avec chagrin la renommée de Corneille l'aîné pâlir devant celle de son jeune rival. Nombre des hôtes de l'Hôtel de Bouillon et de l'Hôtel de Nevers partageaient ce sentiment. De là naquit — il y a des amis maladroits — le projet de nuire à une-'tragédie de Racine : Phèdre et Hippolyte-, annoncée depuis quelques mois, projet auquel s'associa madame Deshoulières. Parmi les habitués de sa maison elle avait distingué un jeune rouennais, Jacques Pradon, auteur de deux tragédies : Pyrame et Tisbé (1674), Tamerlan (1676;, elle lui suggéra la pensée de traiter le même sujet. A ce titre elle le présenta à l'Hôtel de Bouillon. Pradon — un auteur a-t-il jamais douté de son talent? — se sentant soutenu, accepta et bâtit en trois mois une pièce ^ qu'il crut, à tort, pouvoir l'emporter sur la tragédie de Racine. Ce dernier, informé de la machination tramée contre lui, fit ou fit faire des démarches tendant à obtenir l'interdiction* de la pièce de Pradon. Le duc de Nevers en appela au roi et l'interdiction fut levée. Cet

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